29 décembre 2019

Averroès ou le secrétaire du diable

Il est rare que je lise un livre en une nuit. C'est ce que j'ai fait pour celui-ci. A vrai dire, je ne l'ai pas lu au-delà de la page 40. Fatigue ou impatience, je l'ai parcouru. Le style m'a paru plat et le roman peu romancé, c'est-à-dire sans sollicitation de l'émotion. Quant à l'Histoire, elle est difficile à saisir sauf, peut-être, pour celui qui la connaît déjà. La pensée d'Averroès est évoquée plus qu'expliquée. Quoi qu'il en soit, ce livre me donne l'envie de la connaître. Je chercherai d'autres lecture. A moins que je ne me rende à la critique commune qui apprécie ce texte et adopte cet exemple :
"Une confidence: après avoir passé deux soirées à parcourir cet ouvrage sur le mode détente, j’ai dû tout relire et prendre des notes; par respect pour vous, je ne pouvais continuer ainsi ! Je ne le regrette pas : voici un livre magnifique, à recommander vivement, d’abord pour ce qu’il est, et ensuite pour l’effet miroir qu’il projette sur notre actualité." (Culture-Tops)
Peut-être relirai-je. J'ai en effet compris l'effet miroir mais si cousu de fil blanc que je l'ai pris pour un effet d'aubaine de la part de l'auteur et de l'éditeur.

Quatrième de couverture
Les Latins l’appelaient Averroès. Condamné par l’Eglise comme par les théologiens de l’Islam pour avoir aborder la foi avec les outils de la raison, il est mort en exil, haï de tous. Pourtant l’histoire reconnaîtra en lui l’un des plus grands penseurs du monde musulman. Il nous raconte sa vie…
Né en 1126 à Cordoue, il a connu la gloire puis la disgrâce, le respect des puissants puis l’exil et la clandestinité. Il a contribué à la légende de l’Andalousie musulmane, mais il a payé au prix fort les audaces de sa pensée.
Ses idées seront tout aussi violemment condamnées par l’Église que par les théologiens musulmans qui lui reprocheront – hérésie suprême – d’oser aborder la foi avec la raison, de refuser l’aveuglement dogmatique et l’usage des textes sacrés pour le seul bénéfice de quelques-uns. Traité en paria, menacé, c’est haï de tous qu’il mourra à Marrakech, à soixante-douze ans. Mais des siècles plus tard son œuvre demeure plus vivante que jamais.
Il s’appelait Averroès.
Critiques
Culture-Tops (j'ai dû passer à coté...)

28 décembre 2019

Iceberg

Contrairement à ses romans, cet essai en forme de suite de réflexions sur la littérature est difficile à lire. Les phrases sont inutilement complexes, alors que les idées déroulent un fil cohérent et pertinent. Ce style sert peut-être le projet : de la difficulté de passer de la pensée à l'écriture, l'impossibilité de l'écriture littéraire qui même abouti est un échec pour son auteur. Il y a toujours à reprendre, à ajouter ou enlever, à regretter. Le mot juste n'existe pas parce que la pensée précise est insaisissable lorsqu'elle ne se confond pas avec le signe -- essayez donc d'écrire une démonstration mathématique, pour voir que cela n'a rien à voir. Un essai donc ou des pages d'un journal intime qui pourtant n'existe pas, nous dit-il, sur l'écriture mais aussi la lecture. Toutes les écritures, le roman et le journal, l'intrigue et les cahiers. Peu académique ce texte rassérène celui ou celle qui écrit, publié ou non, géant ou nain de la littérature, du dimanche ou à plein temps. Un essai nécessaire.
"Peut-être est-il nécessaire que chacun tourmenté par son démon dans jeter un jour l’image sur le papier." [...] "Capturer cette sorte de vide qui travaillait en dessous de mon sol et l’ébranlait sans cesse." (p.13)
(banalité, mais il est utile de s'en souvenir) "Il y a une grande différence entre s’expliquer à soi-même certaines choses et les exposés aux autres." (p.14)
"C’est qu’à force de retourner le texte comme un gant, il est vrai qu’il risque à tout moment de n’être plus que ses propres coutures, discourant interminablement sur son phénomène, à ce point d’étourdissement ou il serait bien incapable d’embrasser une autre matière." (pp.58–59)
Citation de Borges : « Cette imminence d’une révélation qui ne se produit pas, est peut-être le fait esthétique. » (p.87)
"Combien de projets ont ainsi été étouffés dans l’œuf au seul récit précipité, forcément décevant, de cette idée aux allures gigantesque, venue éclater au contact du premier mot pour la dire ?" (p.91)
Quatrième de couverture
Icebergs est une série de promenades dans les allées d'une pensée qui tourne et vire, une pensée à vrai dire obsédée par les formes qu'elle peut prendre. Cette nature inquiète qui l'abrite se demande surtout comment les autres, tous les autres, ont fait avant elle. Alors elle enquête, elle arpente les rayons des bibliothèques, elle se promène sur internet, elle se renseigne sur la vie des écrivains, elle s'assied sur un banc – autant de manières pour elle de résoudre l'énigme de son expression rêvée, ici présentée en courts essais « arctiques », parties visibles et flottantes de la pensée.
Critiques
Le Monde (admiration) ; La Croix (entendu)

20 décembre 2019

Le dernier hiver du Cid

Un chagrin partagé au fil d'un texte pudique et intime qui devrait être, pour les admirateurs de Gérard Philippe, insupportable, pour les autres glaçant comme l'est le voisinage de la mort quand elle abat les promesses de vie en plein vol. La langue est parfaite, élégante ; il est même possible d'apprendre quelques mots nouveaux (j'aurais dû noter). Un récit probablement important à écrire pour Jérôme Garcin, émouvant pour les admirateurs de Gérard Philippe (dont j'aime le souvenir), mais le lecteur ordinaire éprouvera une gène à entrer ainsi dans l'intimité de l'acteur et des siens sans pouvoir transcender le récit -- disons, contraint à être spectateur, voyeur en quelque sorte.
"[...] rassembler en un seul personnage les trois grandes actions humaines, 'l'intériorité, la verbale et la corporelle' [...]" (p.194)
Quatrième de couverture
Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Il avait trente-six ans. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d’incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, l’Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C’est qu’il croyait avoir la vie devant lui. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l’acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d’un éternel jeune homme. 
Critiques
Le Monde (récit, voilà...) ;


Cinq méditations sur la beauté

Je termine cette lecture dubitatif. La pensée de François Cheng me parait se heurter à une confiance et une foi qui ne permet pas la distance sur le monde que les méditations qu'il partage exigeraient. La beauté et le bon, la beauté et le vrai ont si peu à voir dès que l'une est rapportée à une émotion et l'autre à des valeurs. Mais la cohérence d'une pensée peut les associer intimement et cette association tient que l'on reste dans le champ de cette pensée. François Cheng a une foi et une culture, cette dernière est multiple et pourtant les méditations se referme sur une seule conviction. Conviction partagée de Platon à Proust, mais conviction intime parce que la beauté même partagée par les mots qui en témoigne reste une émotion d'un être singulier.  
"La vraie beauté est conscience de la beauté et élan vers la beauté, elle suscite l’amour et enrichit notre conception de l’amour." (p.64)
D’après Platon : "La beauté est la lumière des idées La beauté est la splendeur du vrai." (p.86)
D’après Proust : "La beauté ne doit pas être aimée pour elle-même : car elle est le fruit de la collaboration entre l’amour des choses et la pensée religieuse." (p.74)
Quatrième de couverture
« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais à cause de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Nous sommes donc convaincus qu'au contraire nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal, et de l'autre, la beauté ... Ce qui est en jeu, nous n'en doutons pas, n'est rien moins que l'avenir de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de la liberté humaine. »Confronté très jeune à ces deux « mystères » par la fréquentation de l'époustouflant site du mont Lu dans sa province natale d'une part, et par le terrible massacre de Nankin perpétré par l'armée japonaise de l'autre, François Cheng livre ses réflexions sur les questions existentielles les plus radicales. Ce faisant, il nous fait revisiter les moments phares de la culture d'Orient et d'Occident.
Critiques
en panne...

7 décembre 2019

La Mer à l'envers

Histoire qui ne peut être séparée du style. La lecture avance avec les deux, entre intrigue et ravissement. Ce n'est pas, comme on le lit souvent, un livre sur "les" migrants, mais sur l'irruption du fait migratoire dans la vie d'une femme ; pourrait-elle être un homme, d'ailleurs ? Probablement pas. Le migrant, un adolescent peut-être, crée une urgence, une injonction à l'action dans une vie qui hésitait, qui s'interrogeait dans le contexte banal du doute à quarante ans. Elle va se sauver, elle, en le sauvant lui. Elle se retrouve, ou plutôt se recrée, en s'ouvrant à lui, à l'autre. Le migrant force le trait du rapport à l'autre, à l'humanité, à soi. Le migrant fragile, la femme fragile, se construisent mutuellement au fil des pages. On n'est pas surpris de leur retrouvaille à la fin du roman, deux êtres dont l'histoire a effacé ce qui sépare. Un texte humaniste. Une écriture au plus près des personnages par son rythme, son souffle et sa capacité à impliquer le lecteur.

Quatrième de couverture
Rien ne destinait Rose, parisienne qui prépare son déménagement pour le pays Basque, à rencontrer Younès qui a fui le Niger pour tenter de gagner l’Angleterre. Tout part d’une croisière un peu absurde en Méditerranée. Rose et ses deux enfants, Emma et Gabriel, profitent du voyage qu’on leur a offert. Une nuit, entre l’Italie et la Libye, le bateau d’agrément croise la route d’une embarcation de fortune qui appelle à l’aide. Une centaine de migrants qui manquent de se noyer et que le bateau de croisière recueille en attendant les garde-côtes italiens. Cette nuit-là, poussée par la curiosité et l’émotion, Rose descend sur le pont inférieur où sont installés ces exilés. Un jeune homme retient son attention, Younès. Il lui réclame un téléphone et Rose se surprend à obtempérer. Elle lui offre celui de son fils Gabriel. Les garde-côtes italiens emportent les migrants sur le continent. Gabriel, désespéré, cherche alors son téléphone partout, et verra en tentant de le géolocaliser qu’il s’éloigne du bateau. Younès l’a emporté avec lui, dans son périple au-delà des frontières. Rose et les enfants rentrent à Paris.

Le fil désormais invisible des téléphones réunit Rose, Younès, ses enfants, son mari, avec les coupures qui vont avec, et quelques fantômes qui chuchotent sur la ligne… Rose, psychologue et thérapeute, a aussi des pouvoirs mystérieux. Ce n’est qu’une fois installée dans la ville de Clèves, au pays basque, qu’elle aura le courage ou la folie d’aller chercher Younès, jusqu’à Calais où il l’attend, très affaibli. Toute la petite famille apprend alors à vivre avec lui. Younès finira par réaliser son rêve : rejoindre l’Angleterre. Mais qui parviendra à faire de sa vie chaotique une aventure voulue et accomplie ?
Critiques 
Le Monde (c'est de cela qu'il s'agit)

28 novembre 2019

L'amour les yeux fermés

Un roman publié en 1976, prix Renaudot (mis au pilon en 2011), donc la lecture m'a été recommandée par Ph. J. Ce roman est inspiré par les grèves et occupations de locaux de l'université de Montpellier, au début des années 1970, il dit la détresse de l'auteur -- le fait que ce soit lui qui s'exprime à travers le héro est évident -- et une critique féroce de ce qu'il perçoit des bouleversements post soixante huit et gauchistes présentés jusqu'à la caricature. Il n'est d'ailleurs point besoin d'être gauchiste pour entrer dans cette catégorie, disons seulement déviant par rapport au référent culturels et moraux de l'auteur. Tout cela aurait pu tenir en moins de page et être plus simple à lire, et aller plus loin dans la critique qui ici reste simpliste voire grotesque. Le texte est pénible à force de clichés et de l'excès dans le relevé de la langue.
Ph. J. m'expliquera peut-être pourquoi il me suggérait cette lecture.

Quatrième de couverture
 La ville d'Aliahova qui a porté à son comble les raffinements de la civilisation est atteinte par un mal insidieux qui la détache de sa propre histoire et des croyances qui avaient fait sa splendeur, comme si la vie, parvenue au point extrême de son accomplissement, se tournait contre soi. L'amour les yeux fermés, c'est celui du narrateur envoûté par cette ville et qui va en partager le destin, c'est aussi sa passion pour la mystérieuse Deborah qui a juré de ne pas abandonner Aliahova jusqu'à la catastrophe finale, dont ils réussiront tous deux à s'échapper pour en porter le témoignage.
Critiques
Le Monde (maniérisme pompier, lapalissades moralistes, anxiété de l'auteur) ; La Croix (su l'auteur mort dans la foi en 2002)

La clé USB

Un texte que j'ai lu jusqu'au bout, mais ce n'est pas difficile. L'intrigue émerge doucement dans un univers qui, s'il ne m'est pas familier, ne m'est pas non plus étranger. Cette proximité m'a fait espérer. Le tutoiement de la technique donne une couleur réaliste un peu décalée: la prise du risque de Jean Detrez est effarante, mais pourquoi pas... c'est un roman. Mais le fil se perd. La raison est prise à contre-pied jusqu'à l'invraisemblance, l'intrigue peine ; l'auteur l'abandonne d'ailleurs pour un autre texte, celui qui brosse une image impressionniste de la relation du personnage avec son père -- mais peut-être s'agit-il pour cette fin d'un récit autobiographique. L'auteur a perdu le fil.

Quatrième de couverture
Lorsqu’on travaille à la Commission européenne dans une unité de prospective qui s’intéresse aux technologies du futur et aux questions de cybersécurité, que ressent-on quand on est approché par des lobbyistes ? Que se passe-t-il quand, dans une clé USB qui ne nous est pas destinée, on découvre des documents qui nous font soupçonner l’existence d’une porte dérobée dans une machine produite par une société chinoise basée à Dalian ? N’est-on pas tenté de quitter son bureau à Bruxelles et d’aller voir soi-même, en Chine, sur le terrain ?
Critiques
La croix (ce dont il est question) ; Le Monde (l'auteur s'explique--un peu) ; Slate (d'accord, le roman se termine ne queue de poisson)

27 octobre 2019

Giacometti, la rue d'un seul

Tahar Ben Jelloun
lu en 2010

La première rencontre avec Giacometti, un chien qui passe indifférent, efflanqué, vif, il trotte le nez collé au sol, il s'éloigne et s'imprime dans la mémoire ; moins une sculpture qu'un dessin au trait très juste. C'était à la fin des années 60, à Bâle. J'ai bien croisé l'homme en marche à la fondation Maeght quelques temps auparavant, mais sans être saisi par cette évidence qui déterminera dorénavant mon regard sur ces sculptures. Il y a peu, une exposition rétrospective m'a fait prendre conscience d'une autre raison de mon attachement : plus les sculptures de Giacometti sont petites plus elles sont évidentes et parfaites. Giacometti sculpte avec les doigts, comme l'aveugle ; sa perception est beaucoup plus fine et proche que celle du regard.
« Il a copié la tasse. Il a copié l’objet qui s’est donné à sa respiration. Il l’a enveloppé de silence puis l'a déposé sous la table, dans un coin destiné à l’oubli : il ne sait ce qu’il voit du monde extérieur qu’en  le copiant. Ainsi toute l’œuvre ne serait qu’une redécouverte du monde ramené aux dimensions d’une vision intime. » (p.52 - mes italiques)
« Les jours passent et je me fais l’illusion d’avoir saisi ce qui est fugitif » (p.54)
À propos de l’atelier : « tout ici et si exigu qu’on se demande comment il faisait, comment il s’arrangeait. Il devait sûrement ne pas trop bouger, se concentrer sur le travail et ne pas relever la tête. » (p.78)

Quatrième de couverture
« Il existe dans la médina de Fès une rue si étroite qu'on l'appelle "la rue d'un seul". Elle est la ligne d'entrée du labyrinthe, longue et sombre. Les murs des maisons ont l'air de se toucher vers le haut. On peut passer d'une terrasse à l'autre sans effort. Les fenêtres aussi se regardent et s'ouvrent mutuellement sur des intimités. Si une seule personne peut passer à la fois, il est bien sûr exclu que les ânes, surtout chargés, puissent y trouver passage. [...]
En observant les statues de Giacometti, j'ai su qu'elles ont été faites, minces et longues, pour traverser cette rue et même s'y croiser sans peine. Il me semble même les avoir rencontrées, alors enfant. Le chien en bronze, si long, si maigre, rasait les murs, comme on dit, avec son horizontalité rigide et interminable, pendant qu'un homme filiforme marchait, la tête dépassant les terrasses, éclairées par une lumière forte.
"La rue d'un seul" est devenue, grâce à Giacometti, la rue pour plusieurs et les animaux pouvaient, paresseusement, la longer comme un fil entre deux points inconnus. » 
Critiques
Le Point (lever le mystère du titre)

Les attaques de la boulangerie

Haruki Murakami
lu en 2012 

Achat compulsif d'un beau petit livre d'un auteur dont j'avais apprécié ailleurs la qualité du récit. Cette fois le texte est court et l'histoire va au plus juste, étonnant effet de surprise. Il faut dire qu'il ne se passe rien, mais on lit jusqu'au dernier mot.

Quatrième de couverture
Un homme et une femme dans un appartement de Tokyo. Ils ont faim. Pas une faim ordinaire. Une faim qui tenaille, qui prend aux tripes, qui obsède. Une faim comme le souvenir d'une faim antérieure. Une faim tellement forte, tellement impérieuse qu'elle va les pousser à commettre la plus absurde des attaques.
Critiques
La cause littéraire (un explication, mais faut-il ?)

Delirium, autoportrait

lu en 2014

Un livre brûlant, une mémoire à vif dont je retiens la fidélité à la sincérité. Au fond, la sincérité ou le silence. Cette autobiographie rompt les silence, un peu seulement, probablement. Je retiens de Druillet le formidable Salammbô qui m'a introduit à l'autre celui de Flaubert ; puis Carthage, et Delirius, déjà. La première autobiographie de Druillet est en fait "La Nuit", un requiem, hommage et chagrin au décès de sa femme. Ils avaient la trentaine. La maladie, encore le malheur. Delirium révèle qu'il a tout fait pour se détruire mais quand la vie veut, même quant elle parait ne laisser aucune chance. La vie est un délire.

Quatrième de couverture
Philippe Druillet a attendu soixante-dix ans pour faire face à son histoire et délivrer ses Mémoires hurlantes. Enfant, pour fuir son milieu familial, il s’inventait des mondes futuristes. Il est le génial créateur de la série de BD de science-fiction Lone Sloane.
Delirium raconte cette famille qui le hante, la jeunesse et les amours d’un artiste sous les toits de Paris, les temps héroïques de la BD et de Pilote, sous le patronage fidèle de René Goscinny. Un récit biographique écrit à l’eau-forte, dans lequel on découvre une personnalité exceptionnelle, généreuse et sans concession.
Critiques
L'express ("Le dessin, c'est un combat entre la main et le cerveau")

Beckett et Genet, un thé à Tanger

lu en 2010, note à rédiger -- théâtre

Quatrième de couverture
Jean Genet invite Samuel Beckett, qu'il n'a jamais rencontré, à partager avec lui un thé au café Hafa, à Tanger – un lieu populaire où se croisent amoureux, touristes et intellectuels. Ils bavardent, règlent des comptes imaginaires, rient, dansent, se fâchent, en attendant la visite improbable de Giacometti, leur ami commun...
Critiques
L'Express (TBJ et Genet se sont bien connus, quant à la pièce...)

17 octobre 2019

Écorces

La dénonciation de l'horreur, l'horreur de la cruauté résiste au récit qui laisse la vérité en suspend entre les lignes ; non la vérité du texte mais celle que l'émotion saisit et soumet à la raison, l'inverse est vain. Les mots ne suffisent pas mais les phrases nécessaires ne suffisent pas non plus. Le petit livrede Didi-Huberman parce qu'il fait penser l'impossibilité de réduire la distance sur le terrain de l'émotion mène aux confins de cette réalité et la vérité s'ouvre. Est-ce pour que cela que ce petit livre que j'ai lu il y a bien longtemps a résisté à rejoindre les étagères de ma bibliothèque,
"Mais que dire quand Auschwitz doit être oublié dans son lieu même pour se constituer comme un lieu fictif destiné à se souvenir d’Auschwitz ?" (p.25)
"On ne dit pas la vérité avec des mots (chaque mot peut mentir, chaque mot peut signifier tout et son contraire), mais avec des phrases. Mais un même mot ne prend sens qu’à être utilisé dans des contextes qu’il faut savoir faire varier, éprouver : des contextes différents, des phrases, des montages différents." (p.41)
"Faut-il donc simplifier pour transmettre ? Faut-il enjoliver pour éduquer ? On pourrait dire, en radicalisant : faut-il mentir pour dire la vérité ?" (p.47)
"Les philosophes de l’idée pur, les mystiques du Saint des Saints ne pensent la surface que comme un maquillage, un mensonge : ce qui cache l’essence vraie des choses. Apparence contre essence ou semblance contre substance, en somme. On peut penser, au contraire, que la substance décrétée au-delà des surfaces n’est qu’un leurre métaphysique. On peut penser que la surface est ce qui tombe des choses : ce qui en vient directement, ce qui s'en détache, ce qui en procède donc. Et qui s'en détache pour venir traîner à notre rencontre, sous notre regard, comme les lambeaux d’une écorce d’arbre. Pour peu que nous acceptions de nous baisser pour en ramasser quelques bouts." (p.68)
"Or, là précisément où elle adhère au tronc –le derme, en quelque sorte–, les latins ont inventé un second mot qui donne l’autre face, exactement, du premier : c’est le mot liber, qui désigne la partie d'écorce qui sert plus facilement que le cortex lui-même de matériaux pour l’écriture. Il a donc naturellement donné son nom à ces choses si nécessaires pour inscrire les lambeaux de nos mémoires : c’est chose faites de surfaces, de bouts de cellulose découpés, extraits des arbres, et où viennent se réunir les mots et les images. Ces choses qui tombent de notre pensée, et que l’on nomme des livres. Ces choses qui tombent de nos écorchements, ces écorces d’images et de texte montés, phrasés ensemble" (p.71)
Quatrième de couverture
C'est le simple « récit-photo » d'une déambulation à Auschwitz-Birkenau en juin 2011. C’est la tentative d’interroger quelques lambeaux du présent qu’il fallait photographier pour voir ce qui se trouvait sous les yeux, ce qui survit dans la mémoire, mais aussi quelque chose que met en œuvre le désir, le désir de n’en pas rester au deuil accablé du lieu. C’est un moment d’archéologie personnelle, une archéologie du présent pour faire lever la nécessité interne de cette déambulation. C’est un geste pour retourner sur les lieux du crématoire V où furent prises, par les membres du Sonderkommando en août 1944, quatre photographies encore discutées aujourd’hui. C’est la nécessité d’écrire - donc de réinterroger encore – chacune de ces fragiles décisions de regard.
Critiques
Le Monde (chercher, partout...) ; Le Devoir (que faut-il transmettre ?)

<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/kmq_PC0Xe3k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>

13 octobre 2019

Harraga

Lu en 2015

" Harraga. Le terme harraga (pluriel de harrag) désigne en arabe littéraire « ceux qui brûlent », autrement dit, de manière figurée, « ceux qui brûlent les frontières ». Ainsi au Maghreb, son usage est entré dans le langage courant depuis une quinzaine d’années pour identifier les migrants qui empruntent des voies illégales et voyagent à bord de fluca (embarcations en bois, remplacées peu à peu par des zodiacs) afin de rejoindre l’Europe" (in Julie Lemoux 2015). J'ai retenu de ce livre l'image en surplomb de Sofiane, celui qui a choisi l'exil au risque de tout perdre, et deux femmes incarnant un passé -- Lamia -- et le futur -- Chérifa, les deux qui ne quitteront pas l'Algérie mais ont le regard tourné par le frère parti. Lamia veut savoir ce qu'il est advenu de son frère Sofiane, Chérifa fait irruption dans sa vie et lui donne l'énergie pour cette quête qui se heurte au pouvoir et à son administration. Mais Chérifa abandonnera. Elle portait en elle un héritage du passé, enceinte d'un notable, elle mourra. Le futur dans ce livre de Boualem Sansal n'a pas d'avenir.
Deux notes de lecture, sans rapport précis avec le texte, mais peut-être avec ce qui m'occupe :
"Je me posais la question de savoir si notre vie nous appartenait en propre ou si elle appartient aux autres, ceux qui nous la donne ou ceux qui nous la prennent. Je ne sais pas, j’ai une réponse a contrario : lorsque nous sommes seuls maîtres de nos vies, c’est que nous sommes vraiment bien seuls. Ou alors, nous sommes morts." (pp.184-185)

"Juger est comme respirer, on ne doit jamais se départir de ce pouvoir, nous le tenons de Dieu, il est toute notre humanité, il ne faut ni le sous-traiter ni l’accorder à je ne sais quel vent, levé on ne sait comment par on ne sait qui. Au diable la tolérance quand elle rime avec lâcheté !" (p.261)
Cette dernière citation est à rebours de la thèse de Pascal Quignard : juger empêche de penser ; il faut la comprendre dans le contexte de l'ouvrage.

Quatrième de couverture
Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.
Critiques 
Persée (l'Algérie) ; e-migrinter (pour mieux comprendre) ; 

22 septembre 2019

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Mathias Enard

Notes à rédiger

Quatrième de couverture
"En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard."
Critiques

20 septembre 2019

La traversée des catastrophes

Pierre Zaoui

Note à rédiger

Quatrième de couverture
"Une traversée des catastrophes est d'abord une traversée des apparences. On y apprend à se défaire des clichés sur soi-même et sur les autres qui volent en éclats sous le choc des catastrophes : la maladie, la mort, la perte, les fêlures, même l'amour et le bonheur changent radicalement de sens et de valeur. Mais une traversée des catastrophes exhibe aussi, sous toutes les vanités de l'immédiat, le noyau dur de la vie. Ce qui apprend, non à nous détourner de la mort pour méditer la vie seule, mais à dire encore la vie face à la mort. La vérité des catastrophes n'est pas que l'abîme et le néant, c'est aussi bien un vitalisme renouvelé, qui ne recule plus devant le plus bas, le plus douloureux ou le plus commun puisqu'il comprend enfin que ce n'est là rien d'autre que la vie même - pas la vie éperdue, pas la vraie vie, mais la vie tout court. Finalement, c'est admettre que rien en ces affaires ne se traverse, ni ne se comprend complètement. C'est reconnaître qu'il y a toujours encore un pas à faire, parfois rapide parfois lent, par-delà toute joie et toute tristesse. Quand on est croyant, ce pourrait être une somptueuse dialectique de la dureté et de l'espérance. Quand on est athée, il ne peut s'agir que d'un manuel de  surivie. Ici, il s'agit plutôt d'un manuel de survie."
Critiques

Sortir du noir

Note sur un livre lu il y a très longtemps, je le reprends au moment de ranger ma bibliothèque.

Quatrième de couverture
« … il crée de toutes pièces, à contre –courant du monde et de sa cruauté, une situation dans laquelle un enfant existe, fût-il déjà mort. Pour que nous-mêmes sortions du noir de cette atroce histoire, de ce “ trou noir ” de l’histoire. »

Ce texte de Georges Didi-Huberman est une longue lettre au réalisateur László Nemes dont le film, Le Fils de Saul, grand prix du Festival de Cannes, sortira en salle le 4 novembre. [2015]
Critiques 
Critique d'art (il faudrait voir le film) ; Télérama ()

Tehila

Le texte est court, abscons pour qui n'a pas de culture ou de connaissance de la religiosité juive et des textes. Un peu long sur une bonne moitié, puis les choses changent lorsque Tili devient Tehila. Je ne comprends pas mieux mais je perçois quelque chose : l'histoire tragique et misérable de ce mensonge oublié, enseveli par la vie qui resurgit alors que la mort approche. Il faut se nettoyer, s'en débarrasser, ce n'est pas une question de morale ni de religion, juste le besoin de paix avec soi-même. Drame ou tristesse, culpabilité vive ou légère tel n'est pas la question, culpabilité simplement dont il faut se libérer pour être libre, vraiment, avant de finir. En arrière plan la guerre avec l'autre qui n'est autre que soi-même. Persécutés, des juifs peuvent persécuter d'autres juif, les honnir, les bannir.
L'autre moitié du volume est consacré à une étude du texte trop sérieuse et académique, tant qu'elle me parait ne pas éclairer le lecteur, en tout cas pas le lecteur non académique ou orthodoxe.
Ce texte touche à l'universel.
Mais Le Livre aussi, n'est-ce pas, et Tehila renvoie aux psaumes de David.

Quatrième de couverture
«Il y avait une vieille à Jérusalem. Une magnifique vieille comme vous n’en avez pas vue de toute votre vie. Elle était vertueuse et elle était sage, elle était gracieuse, et modeste aussi. Ses yeux n’étaient que bonté et compassion, et les rides de son visage, toutes de bénédiction et de paix.»
Tehila est âgée de 104 ans lorsque le narrateur, lui-même écrivain, fait sa connaissance au cœur de la vieille ville de Jérusalem. Immédiatement ébloui, il nous raconte la bienveillance de cette femme, son extrême générosité ainsi que son passé tragique. Un jour, alors que Tehila lui demande de rédiger une lettre à l’attention d’un certain Shraga, elle lui conte son enfance en Europe et ses fiançailles rompues par son père. Elle décrit les années de malédiction qui s’ensuivirent et qui menèrent ses deux fils à la mort avant de faire sombrer sa fille dans la folie. Depuis, Tehila consacre sa vie à l’étude des psaumes et aux autres, mais elle ne peut se résigner à s’éteindre avant d’avoir adressé quelques mots d’excuse à celui qui aurait dû être son mari, Shraga.
Ce court roman est l’un des textes les plus émouvants de S. J. Agnon, un texte fondateur aux innombrables perspectives. Tehila est un livre sur les différents courants du judaïsme autant qu’un poème dédié à Jérusalem, c’est un texte sur le malheur et un récit sur la sagesse à la fois. Tehila est enfin un merveilleux hymne à la beauté des femmes qui, par-delà-même la mort, rayonne dans l’œuvre du grand écrivain israélien. 
Critiques
pas d'archives, des thèses peut-être, y revenir ?

La fête enchantée

Une lecture ancienne (1999), maintenant que je connais un peu le Mexique j'y reviendrai peut-être.

Quatrième de couverture
La fête chantée est un important recueil de textes écrits par Le Clézio autour de sa fascination pour les peuples indiens. Les textes historiques, les récits de mythes s'y mêlent au reportage et aux fragments autobiographiques ; ces écrits ont pour point commun l'admiration et l'amour que l'auteur n'a cessé de ressentir, depuis la première rencontre, pour les anciennes sociétés amérindiennes et leurs survivants contemporains, rescapés du génocide : leur sens de l'harmonie, leur respect des lois naturelles, leur puissance dans l'imaginaire et leur modestie dans le savoir.
Le texte qui donne son titre au recueil raconte en particulier, dans une prose superbe, la découverte initiatique par Le Clézio de la culture indienne et du bouleversement qui s'ensuivit dans son existence.
«Alors je vivais dans des maisons belles comme des palais, maisons vastes, arrondies, construites à l'orée des fleuves sur des pilotis, selon le plan simple et génial du parapluie, un tronc d'arbre central, pas de murs extérieurs, et un immense toit de feuilles qui abrite de la pluie, du brouillard du matin et du soleil violent de midi. Les sols étaient particulièrement beaux, faits d'une variété de bambou noir, brillant et élastique, frais dans le jour, doux la nuit.» 
Critiques
Google n'en retrouve pas la trace...

15 septembre 2019

Soumission

Écrit au présent parce que c'est d'aujourd'hui dont il s'agit.Un roman aux allures de récit d'actualité dont on fait toute une histoire. Étonnant ce récit où finalement il ne se passe rien n'était le nom du parti qui parvient au pouvoir et les bouleversements qui suivent notés comme des anecdotes rapidement balayées par des rêves de grandeur qui portent le nom d'Eurabia. Le texte et l'histoire avancent sans relief mais sans ennui, et ils se terminent sans véritable surprise ; on n'a même pas peur ! alors qu'au fond il s'agit de donner une réalité à la grande peur du moment.

Quatrième de couverture
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.
Critiques
Télérama (désanchanté) ; Libération (polémique)





14 septembre 2019

Un pas de chat sauvage

Pas d'avertissement sur la couverture ni sur la première, alors je n'ai pas su ce que je lisais : un témoignage, une récit autobiographique, une idée nourrie d'un évènement dont Marie NDiaye aurait imaginé le développement. Je n'ai pas compris non plus l'intérêt, hors le témoignage de ce que fut le regard du XIX° sur les noirs, sur les femmes noires en particulier. Ou peut-être ce récit dit que ce regard, au fond, n'a pas changé ou plutôt que sa possibilité est latente. Je crois en effet  que nous ne sommes pas parvenus à éradiquer le risque de réaction compulsive face à la différence qu'elle soit physique, intellectuelle ou culturelle ; une réaction violente de rejet.

Quatrième de couverture
Maria «l'Antillaise » pose, le regard lointain, pour le photographe Nadar dans les années 1860. Maria Martinez, «la Malibran noire », artiste originaire de La Havane, connaît le succès sur la scène parisienne dans les années 1850 avec le soutien inconditionnel de Théophile Gautier. Malgré les nombreux points communs qui les rapprochent, on ne peut affirmer qu'il s'agit d'une seule et même «Maria ». La narratrice en est néanmoins persuadée.
Critiques
Le point (c'est une nouvelle)

12 septembre 2019

Nocturnes

Kazuo Ishiguro

Note à rédiger

Quatrième de couverture
Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d’un appartement londonien à l’étage feutré d’un hôtel de Hollywood, voici des musiciens de rue, des stars déchues, tous en quête d’un nouveau mouvement à jouer. Si la musique demande des sacrifices, un saxophoniste doit-il accepter la chirurgie esthétique pour réussir? Faut-il qu’un crooner change d’existence pour retrouver le succès?

Kazuo Ishiguro alterne humour et mélancolie pour nous conter le destin de passionnés. Les thèmes évoqués sont éternels : l’amour, la musique, le combat de chacun pour conserver intact le charme de la vie quand les espoirs s’émoussent. 
Critiques

28 août 2019

Brève attaque du vif

François Meyronnis

Note à rédiger

Quatrième de couverture
Cela commence devant la statue de Balzac, au carrefour Vavin. Une étrange expérience ébranle le narrateur, Simon Malve. Une force le saisit, réduisant en miettes tous les cadres. De là une initiation à la liberté la plus absolue, qui comporte à un moment une visite au pays des ombres. Séjour chez les spectres, dans les profondeurs de Paris. La visée de ce voyage : traverser sa propre mort pour rejoindre ce qu'il y a de plus vif en soi. Cette expérience dantesque, chacun peut la faire. «Il faut que tu saches que cela se déroule maintenant. Rien ne te sépare de ce qui arrive», dit le texte. Pourquoi lire, en effet, sinon pour se confronter simultanément à une capture et à une délivrance? 
Critiques

27 août 2019

Petite poucette

Le verbe s'est fait chair, puis l'écriture, puis le libre, maintenant Internet... formidable confiance de Michel Serres. Le Monde de demain sera aussi différent que le fut celui d'hier sans le livre, sans l'écriture. Déplacement des compétences, déplacement des pouvoirs, évolution cognitive et politique. Nous n'en voyons que les premiers signes, ténus, hiératiques. Nous ne savons pas, nous ne pouvons imaginer. Étonnement, imaginer une révolution épistémologique qui substitue la procédure et l'algorithme au concept... qui modifie le rapport du particulier au général en les associant comme les deux faces d'une même réalité, en même temps universelles et singulières (l'image radio du genou remplaçant la planche d'anatomie, genou générique et singulier).

Quatrième de couverture
Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer.
Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions: le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi décisive, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né: Michel Serres le baptise «Petite Poucette» - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra la victoire de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
Ce livre propose à Petite Poucette une collaboration entre générations pour mettre en oeuvre cette utopie, seule réalité possible.
Critiques
Libération (un interview de 2011) ; skhole.fr (fable douteuse) ; Zone critique (à étudier)

23 août 2019

Ça raconte Sarah

Cela arrive parfois, une confidence fleuve que l'on ne parvient pas à endiguer, à interrompre. Une longue confidence qui vous lasse, mais on ne peut se dégager parce que l'on comprend que c'est grave et que ce qui importe est moins ce qui est dit que la possibilité donnée de le dire. Et puis, parfois c'est bien dit, avec sincérité et confiance, avec une belle façon de dire aussi. Alors on patiente, puis quand à faire, on écoute. On écoute puis on entend. On entend et on comprend l'exigence impérieuse de se confier, et l'on s'attache au texte jusqu'à cet instant de solitude. La confidence s'interrompt, ce n'est pas véritablement une fin, mais on reste dessus. Sur sa faim. Cela valait la peine d'être lu. Traversée de la tristesse après l'amour.

Quatrième de couverture
Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.
Critiques
Télérama (histoire d'un amour fou) ; Libération (tornade et non lieu)

22 août 2019

L'enfant d'Ingolstadt

Une lecture difficile qui exige de l'attention et une culture (que je n'ai pas), mais dont je ne sais me détacher. Faute de comprendre, j'apprends et je note...

"C’est ainsi que, comme le désir, le rêve, le fantasme, le fantôme, l’art est à  jamais figuratif. Tout le reste n’est que décoratif. Ornement, garniture, ameublement, habillage, séduction, joliesse, confort." (p.40)

"Il est vrai que des suites d’images ont précédé pendant des millénaires les langues dans les crânes des hommes de jadis." (p.50)

"Il est vrai que les rêves et la conscience se sont opposés progressivement comme l’avers et le revers d’une pièce métallique chez les hommes plus récents" (p.51)

"Dès sa naissance la peinture est un culte du perdu." (p.67)

"Comme tous les systèmes de signes, les arts sont plus assujettis à l’opposition linguistique qu’à l’évolution biologique, les formes artistiques n’évoluent pas. Elles se transforment en se défiant. Et plus encore  - en s’opposant - elles opposent leur opposition, haïssant le visage qui se reflète dans celui qui le précède. C’est sans fin. Mais ce « sans fin » est désorienté et non pas historique. Il est aoristique. L’art ne chemine nulle part et vert rien. Il se déchire sans fin." (p.67)

"Parce qu’on peut résumer le contenu du mot vérité comme un désir qui s’est convenu à l’intérieur d’une phratrie ou d’un gang, que sa production est un sacrifice, sa naissance un meurtre, son dessin pouvoir. Le signe de son ère une crucifixion. Ou encore une décapitation." (p.83)

Sans cesse, en croyant à la vérité, nous laissons passer et grandir la cruauté d’un Dieu. (p.109)

"On conserve dans la langue ce prénom de Renard et désormais « goupil » s’effaça comme une brume." (p.115)
pp. 122-3 … Deux pages à relire …
pp. 142–3 ... Idem
pp. 160–1 ... Idem

"Il écrivit que la lumière qui rayonnait dans le monde était l’ombre que faisait Dieu." (p.164)

p. 182 ... Idem, mais une seule...

"Ni collectif ni individuel ni biographique ni religieux ni culturel ni historique est le projet de l’art." (p.186)

"Voici mon théorème. Je pense que c’est le désir sexuel qui retient leur à l’intérieur de la figuration." (p.195)

"Quand la présence fascinante c’est exercée sur toute la surface de la toile, la toile est fascinée ; elle est transie, engourdie, achevée ; celui qui la voit n’en sort plus. Son silence est à couper au couteau." (p.215)

"Les formes qui précèdent réservent à chaque forme neuve accueil épouvantée." (p.219)

"Désirez une forme qui passe à l’état informe, ne pas être effarouché par la mort, quitter le groupe, accepter une vision neuve sont liés." (p.222)

"J’ai en vue, dans la genèse de l’image involontaire qui habite la perception, qui meut le voir, à mi-chemin du fantasme et du rêve, que je cherche à méditer, une espèce de point antéoriginaire." (p.228)
Quatrième de couverture
"Qu’est-ce que je cherche, tome après tome, dans Dernier Royaume ? Une autre façon de penser à la limite du rêve. Une façon de s’attacher au plus près de la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Quelle étrange falsification a lieu dans le rêve ? Dans le dessin qui naît sous les doigts ? Dans le langage qui gémit ? Dans la pensée qui hallucine ? Dans la musique même ? Quel est ce mystérieux fantôme ou appelant ?
Ce dixième tome de Dernier royaume n’a qu’un sujet : le faux qui fait le fond de l’âme. Le fond de l'âme hallucine. Le langage dédouble ses fantômes. Tous les arts élèvent des mondes faux. Même la dépression est un rêve.
L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu'il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l'éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d'aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent."
Critiques
Télérama (le faux dans l'art) ; La Croix (l'art et le faux, le coq et l'âne) ; Le Monde (la langue, leçon d'ignorance)

8 août 2019

Les solidarités mystérieuses

Pascal Quignard

Note à compléter

Quatrième de couverture
«Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé ainsi.» 
Critiques

21 juin 2019

Pas dupe

Un roman policier... ou peut-être autre chose. Le texte ne paie pas de mine, la lecture file sans effort. Il s'est passé quelque chose, il se passe des choses. Les indices s'accumulent sans donner de direction ferme. Puis, alors que l'on s'approche de la fin, on imagine l'impassable. Peut-être l'avait-on imaginé mais sans véritable conviction. Ainsi donc, c'est lui... excellent roman qui vaut une série noire -- une obscure clarté se substitue efficacement à la noirceur du roman policier.

Quatrième de couverture
On retrouve le corps de Tippi, la femme de monsieur Meyer parmi les débris de sa voiture au fond d'un ravin. L'inspecteur Costa enquête sur ce drame : accident ou piste criminelle ? Monsieur Meyer se plie aux interrogatoires de l'inspecteur, ce qui n'est pas de tout repos, d'autant qu'il n'est pas dupe.
Critiques
Le Monde (un faux air de Columbo) ; La Croix (il faudra que j'en lise d'autres)

7 avril 2019

Le tour de l'oie

Une autobiographie qui n'a rien de l’hagiographie ni de procès, pas de complaisance ni d'autoflagellation. Le fils est là pour y veiller. Fils de fiction, réalité virtuelle mais pas tant que cela par ce que « Les mots, mon fils, n’inventent pas la réalité, qui existe de toute façon. Ils donnent à la réalité la lucidité soudaine qui lui retire son opacité naturelle et ainsi la révèle. Les mots sont les instruments des révélations. » À ne pas vouloir donner de leçons, Erri de Luca en donne une magistrale à tout parent, et au fond à chaque lecteur en l'autorisant à penser sans modèle parce que la vie c'est difficile, qu'il n'y a pas de bonne vie, qu'il ne faut pas s'expliquer mais ce prendre pour ce que l'on est et offrir cette réalité comme preuve d'utilité et de fécondité de la sincérité. Ceux ou celles qui ont un enfant seront émus par les derniers mots, et trouveront le moyen de les reformuler pour dire comment se passe le relai lorsque l'enfant n'est pas une fiction, lorsqu'on le quitte mais que l'on veut rester sans s'imposer c'est à dire accepter ce qu'il sera alors que sa vie nous échappe, alors que la vie s'échappe.
« Que se passe-t-il, mon fils ? Tu sors ?
Je t’accompagne à la porte et où vas-tu cette nuit ?
Je ne sors pas, je rentre. Je retourne dans ton espace, dont je suis sorti parce que tu m’as fait de la place.
Je rentre dans ton corps.
Regarde ma main, elle s’approche de la tienne. Je te touche et, tu vois ? Ma main disparaît dans la tienne.
Voilà mon bras et le reste de moi-même qui se résorbe en toi. J’y suis presque, il n’y a plus que les yeux.
Ferme les yeux, s’il te plaît.
»
Quatrième de couverture
« Une fois interrompue la série des naissances, j’étais un rameau sans bourgeon ou, comme dit un de mes amis pêcheurs : un rocher qui ne fait pas de patelles.
Je te parle à toi ce soir qui n’est même pas celui-ci. C’est un soir.
Toi, tu es là, plus vrai, plus proche et consistant que le plafond. Je te parle à toi et non à moi-même.
Je le sais parce qu’avec moi je parle napolitain. »

Un soir d’orage, un homme – qui ressemble beaucoup à l’auteur – est assis à une table, chez lui. Éclairé par le feu de la cheminée, il est en train de lire un livre pour enfants, Pinocchio. Dans la pénombre, une présence évanescente apparaît à ses côtés, qui évoque le profil du fils qu’il n’a jamais eu. L’homme imagine lui raconter sa vie : Naples, la nostalgie de la famille, la nécessité de partir, l’engagement politique. À travers cette voix paternelle, ce fils spectral assume progressivement une consistance corporelle. La confession devient confrontation, la curiosité se transforme en introspection, le monologue évolue en dialogue, au cours duquel un père et un fils se livrent sans merci.
Critiques
Atlantico (très juste)

25 mars 2019

La guerre des pauvres

Une retour sur le passé à l'ère des gilets jaunes. Fortuit, probablement pas, le dépôt légal est daté de janvier 2019. L'écriture est au plus près du récit, les phrases portent la révolte ancienne, éternelle et vaine peut-être parce que toujours recommencée. Un texte fort, rapide mais qui ne se lit pas comme une dévoration.
"Thomas Müntzer lisait la bible", alors traduite en allemand. Il y a là une différence essentielle avec les Gilets jaunes, il n'y a plus de texte, il n'y a plus de pensée qui transcende l'action, ou de penseur qui la transcende pour créer l'espoir d'un horizon. La satisfaction des revendications sous-jacentes à  l'action ne suffit pas à épuiser les raisons qui les font s'imposer.

Quatrième de couverture
1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée.
Les exaspérés sont ainsi, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs.
Critiques
Télérama (résumé) ; France culture (des mots de Vuillard qui se laisse embarqué) ; Le Figaro (livre pour comprendre les gilets jaunes)

24 mars 2019

L'explosion de la tortue

Pensée et langage, bien plus qu'une histoire, une écriture. Un truc surréaliste qui laisse baba, la perfection technique, l'intelligence des mots et de leur vie propre qui joue avec le narrateur et l'envoie explorer des chemins improbables, tortueux parfois. Et pourtant ce ne peut être que très travaillé, très construit, c'est donc autre chose. Le texte c'est aussi la mise en page, le co-texte, Chevillard en joue encore.

Quatrième de couverture
Les tortues de Floride élevées en aquarium ne sont pas tout à fait des cailloux. Elles ont donc besoin d’eau et de nourriture pour vivre. C’est ce que découvre le narrateur de cette histoire, de retour chez lui après un mois d’absence. Il croyait la sienne plus endurante, mais la carapace décalcifiée de la petite Phoebe se fend sous son pouce. Par ailleurs, alors qu’il s’employait à réhabiliter en la signant de son nom l’œuvre de Louis-Constantin Novat, écrivain ignoré du XIXe siècle, cette généreuse initiative se trouve soudain menacée. Or la forêt des mystères n’abrite pas que des crimes : les deux mésaventures pourraient bien être liées.
Critiques
Télérama (le narrateur dans son délire) ; Le échos (un modèle de style et d'humour absurde)

10 mars 2019

Sérotonine

J'aurais pu ne lire que les cent dernières pages, voire même le dernier paragraphe. Quoique le genèse permette de comprendre l'apocalypse, enfin... le dernier paragraphe, sujet de Bac. Mais pas de regrets, tout cela est fichtrement bien écrit.

Quatrième de couverture
 «Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq.
Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.
Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.
Critiques
Télérama (une admiration sans épaisseur) ; Causeur (ce n'est pas seulement un roman décadent) ; Le Parisien (un roman d'amour)

26 février 2019

Réunion 2029

Il n'y a pas si longtemps, j'ignorais la signification de "dystopie". Eh bien, en voici un exemple. Un livre assez mal écrit (l'éditeur n'a pas lu), dont la mise en page est lourde (probablement de l'auteur). Un texte qui passe à coté de son sujet par ses excès de narration et de noirceur. Pourtant... je l'ai lu jusqu'au bout (mais en sautant quelques lignes vers la fin). Il n'est pas clair qu'il y ait des leçons à tirer, sinon qu'une fois les fauves lâchés il est difficile de les contenir, même si ce ne sont que des personnages de fiction. J'avais décidé d'acheter ce livre avant d'aller à La Réunion, je ne l'ai trouvé qu'après l'avoir bien cherché... au-début des émeutes, une phrase assez juste fait penser aux gilets jaunes. Je n'ai pas noté la page, dommage, c'était bien tourné.

Quatrième de couverture
La Réunion, une île inconditionnelle plantée au milieu de l'océan Indien. Imaginez que, pour une raison X ou Y – et elles ne manquent pas en ce moment (conflit mondial généralisé, effondrement boursier d'une ampleur sans précédent, pandémie fulgurante et incontrôlable...) – ce bout de France austral se retrouve soudainement coupé du monde et livré à lui-même. La situation n'a rien d'improbable, elle a déjà eu lieu durant la seconde guerre mondiale et la situation sanitaire et sociale était catastrophique, la famine s'était installée. Qu'en serait-il demain alors que nous serons un million et que nous avons perdu les traditions liées à la terre ? C'est cette question ainsi que bien d'autres que pose ce livre d'anticipation sociale. Un livre parfois trash et polémique pour un public averti. 
Critiques
Clicanoo.re (plutôt un résumé);