Un chagrin partagé au fil d'un texte pudique et intime qui devrait être, pour les admirateurs de Gérard Philippe, insupportable, pour les autres glaçant comme l'est le voisinage de la mort quand elle abat les promesses de vie en plein vol. La langue est parfaite, élégante ; il est même possible d'apprendre quelques mots nouveaux (j'aurais dû noter). Un récit probablement important à écrire pour Jérôme Garcin, émouvant pour les admirateurs de Gérard Philippe (dont j'aime le souvenir), mais le lecteur ordinaire éprouvera une gène à entrer ainsi dans l'intimité de l'acteur et des siens sans pouvoir transcender le récit -- disons, contraint à être spectateur, voyeur en quelque sorte.
"[...] rassembler en un seul personnage les trois grandes actions humaines, 'l'intériorité, la verbale et la corporelle' [...]" (p.194)Quatrième de couverture
Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Il avait trente-six ans. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d’incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, l’Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C’est qu’il croyait avoir la vie devant lui. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l’acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d’un éternel jeune homme.Critiques
Le Monde (récit, voilà...) ;