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7 août 2021

L'homme aux trois lettres

Plusieurs passages à retenir, à suivre

Quatrième de couverture

« Le tome VIII, Vie secrète, se consacrait à la question  "Qu'est-ce que l'amour ?" Le tome IX, Mourir de penser, était consacré à la question "Qu'est-ce que penser ?" Le tome X, L'Enfant d'Ingolstadt, posait la question "Qu'est-ce que la peinture ?"
Le tome XI de Dernier royaume, L'homme aux trois lettres, c'est mon "Qu'est-ce que la littérature ?"
 
C’est ainsi que Pascal Quignard présente ce nouveau tome de Dernier Royaume. Il se pose la question de l’art auquel il a consacré toute sa vie.
Dans la forme « océanique » qui caractérise ces volumes, il explique le bonheur qu’il a retiré de cette passion qui ne s’est jamais démentie.
«  Jaime les livres. J’aime leur monde. J’aime être dans la nuée que chacun d’eux forme, qui s’élève, qui s’étire. J’éprouve de l’excitation à en retrouver le poids léger et le volume à l’intérieur de la paume. J’aime vieillir dans le silence, dans la longue phrase qui passe sous les yeux ».
Cette déclaration ouvre le nouveau merveilleux opus de Pascal Quignard, sans doute le plus autobiographique.

Critiques

 Ouest-France (Mais si, j'aime Quignard) ; 

21 février 2021

Abîmes

2005

Trop de textes dans le texte, Trop de trous dans la mémoire, alors des jalons.

"Les égophores dans leurs dialogues sont à la limite du face-à-face prédateur qu'ils imitent. Ils se situent à la frontière de l’opposition envieuse et de l’hostilité meurtrière qu’ils inventent en parlant, en écoutant, en obéissant. Leur monde est au bord d’une ligne d’abîme." (p. 26)

"Par exemple en URSS, au cœur du siècle dernier, le passé était complètement imprévisible. Durant cinquante ans ce qui avait eu lieu autre fois changeait du jour au lendemain." (p. 28)

"Le langage transforma les différences en les opposants terme à terme selon sa folie systématique, agressive, duelle, binaire." (p. 146)

"La méthode est le chemin après qu’on l'a parcouru." (p. 161)

"Le rire fait sortir de la caverne du corps une espèce de soleil ou de force qui éclate." (p. 164)

"La mort chez les hommes consiste à transformer les défunts en ancêtres. À modifier les cadavres en habitants d’un autre monde. À immobiliser ce qui peuvent revenir dans les rêves dans un endroit dont il ne puissent ressortir aisément ou qu’il n’aient ni besoin ni envie de quitter. À transformer le Perdu en Origine." (p. 168)

"En ce qui concerne la peinture de chevalet on date de 1449 la plus ancienne vanité. Un crâne posé près d’une brique ébréchée. La lumière est intense, presque lunaire, et semble magique. Le fond est noir. Nuit impénétrable à l’arrière du crâne. La tête de mort et bien ce que les anciens Romains appelaient image. Cette peinture est due à Rogier Van der Weyden. Le noir dit la nuit / Le crâne dit la mort / La brique ébréchée dit le temps" (p. 202)

"Pourquoi le passé sera-t-il toujours plus grand que l’avenir ? La symétrie de l’autre monde s’ajoute à la chaîne dynamique des actes et y joint encore les anneaux mythiques mais spontané du préoriginaire. Le monde (qui n’a que l’enfant pourra venir) installe l’autre monde (le généalogique, le social, le naturel, l’animal, l’originaire, le stellaire, le mythique) en amont de la naissance.
La naissance est la seule dimension archaïque du temps. La seule date par laquelle l’après coup déchirant du temps surgit, opposant au sein du langage le passé invisible (le mort) et l’avenir sans langage (l’enfant). Il n’est d’avenir que retirer naissance." (p. 234)

239
Il n’y a pas que le savoir qui se soit accru : l’ignoré à proportion.
Toute lumière entoure l’espace qu’elle éclaire de l’ombre qu'elle produit." (p. 239)

Quatrième de couverture

« Il y a vingt ans j'ai composé les huit tomes des Petits Traités. Ils sont parus aux éditions Maeght. Dernier royaume est un ensemble de volumes beaucoup plus étendu et étrange. Ni argumentation philosophique, ni petits essais érudits et épars, ni narration romanesque, en moi, peu à peu, tous les genres sont tombés. Enfant, durant toute mon enfance, chaque nuit, je tournais la tête du crépuscule jusqu'à l'aube. Cela me paraissait beaucoup plus intéressant que dormir. C'était peut-être un signe de carence mais cela m'excitait. C'est vraiment une tête qui tourne à toute allure que ces volumes. Un éclair de tête. Ce n'est pas un jugement sur le temps ou le monde ou la société ou l'évolution humaine : c'est le petit effort d'une pensée de tout. Une petite vision toute moderne du monde. Une vision toute laïque du monde. Une vision toute anormale du monde. » 

Critiques

Le temps (citation fulgurantes, citations troublantes) ;

11 octobre 2020

L'homme aux trois lettres

Notés au passage : 16, 53-54, 69, 109, 114, 124, 137, 154, 169, 171

Quatrième de couverture

 « Le tome VIII, Vie secrète, se consacrait à la question  "Qu'est-ce que l'amour ?" Le tome IX, Mourir de penser, était consacré à la question "Qu'est-ce que penser ?" Le tome X, L'Enfant d'Ingolstadt, posait la question "Qu'est-ce que la peinture ?"
Le tome XI de Dernier royaume, L'homme aux trois lettres, c'est mon "Qu'est-ce que la littérature ?"
 
C’est ainsi que Pascal Quignard présente ce nouveau tome de Dernier Royaume. Il se pose la question de l’art auquel il a consacré toute sa vie.
Dans la forme « océanique » qui caractérise ces volumes, il explique le bonheur qu’il a retiré de cette passion qui ne s’est jamais démentie.
«  Jaime les livres. J’aime leur monde. J’aime être dans la nuée que chacun d’eux forme, qui s’élève, qui s’étire. J’éprouve de l’excitation à en retrouver le poids léger et le volume à l’intérieur de la paume. J’aime vieillir dans le silence, dans la longue phrase qui passe sous les yeux ».
Cette déclaration ouvre le nouveau merveilleux opus de Pascal Quignard, sans doute le plus autobiographique.

Critiques 

Le Monde (pour le comprendre)


19 février 2020

La réponse à Lord Chandos

La lecture de Pascal Quignard est toujours une épreuve, celle du texte, et une délectation, celle des idées. Il faut y revenir, relire, méditer. Pour comprendre "pleinement", il faudra que je lise le texte de Lord Chandos. Je vais... pour l'instant je me contente de collectionner quelques passages :
"Seule la langue écrite avec soin à le pouvoir de se déplacer plus loin que la mort qui, elle, pour l’instant, cloue sur place sur ce corps dans la sidération et le langage devenu un signifiant." (p.37)
"L’écrit se tient alors face a l’enfance comme l’adieu, au moment de la mort, se tient devant la vie." (p.38)
"Ceux qui écrivent on tout le temps pour eux, on tout le temps pour reprendre leurs phrases, ont tout le temps pour ouvrir leurs lexiques, leurs atlas, leurs chronologies, leurs dictionnaires, on tout le temps pour recourir à leur ancien manuel de grammaire tout dépareillé, qui date de la fin de leur enfance, on tout le temps pour revisiter, pour redonner vie, pour reétymologiser, remanier, corriger, surprendre." (p.40)
"La subjectivité n’est qu’une mélancolie, une aire nue qui n’apparaît si terriblement quand le flot de la sève et du sang se retire, et non dans le langage déserté. Alors travailler toutes ces impuissance à dire et efforcez, presses, cultivez toutes les détresses qui en découlent. La langue dont vous disposez a la capacité de votre émotion puisqu’elle en est le lit." (pp.42 et 43)
"La langue, elle, elle est l’avec de notre âme." (p.43)
"De là le travail sans fin puisqu’elle a été acquise au cours d’un travail qui a duré six ou sept ans, et qu’elle n’est jamais tout à fait possédée par celui qui a suffoqué en elle à l’issue du silence et de l’ombre et de l’eau et de la solitude et de la détresse natale. De cette détresse jamais vous ne serez exempt. Jamais aucun homme qui a appris à parler ne sera intact de cette emprise où il s’est subordonné de toute son âme." (p.45)
"Le plus grave, le moins ennuyeux, le plus profond, le plus insatiable de tous les jeux humains est l’étude." (p.47)
Quatrième de couverture
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s’agit de la clé qui déverrouillerait l’origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Critiques 
.../...

22 août 2019

L'enfant d'Ingolstadt

Une lecture difficile qui exige de l'attention et une culture (que je n'ai pas), mais dont je ne sais me détacher. Faute de comprendre, j'apprends et je note...

"C’est ainsi que, comme le désir, le rêve, le fantasme, le fantôme, l’art est à  jamais figuratif. Tout le reste n’est que décoratif. Ornement, garniture, ameublement, habillage, séduction, joliesse, confort." (p.40)

"Il est vrai que des suites d’images ont précédé pendant des millénaires les langues dans les crânes des hommes de jadis." (p.50)

"Il est vrai que les rêves et la conscience se sont opposés progressivement comme l’avers et le revers d’une pièce métallique chez les hommes plus récents" (p.51)

"Dès sa naissance la peinture est un culte du perdu." (p.67)

"Comme tous les systèmes de signes, les arts sont plus assujettis à l’opposition linguistique qu’à l’évolution biologique, les formes artistiques n’évoluent pas. Elles se transforment en se défiant. Et plus encore  - en s’opposant - elles opposent leur opposition, haïssant le visage qui se reflète dans celui qui le précède. C’est sans fin. Mais ce « sans fin » est désorienté et non pas historique. Il est aoristique. L’art ne chemine nulle part et vert rien. Il se déchire sans fin." (p.67)

"Parce qu’on peut résumer le contenu du mot vérité comme un désir qui s’est convenu à l’intérieur d’une phratrie ou d’un gang, que sa production est un sacrifice, sa naissance un meurtre, son dessin pouvoir. Le signe de son ère une crucifixion. Ou encore une décapitation." (p.83)

Sans cesse, en croyant à la vérité, nous laissons passer et grandir la cruauté d’un Dieu. (p.109)

"On conserve dans la langue ce prénom de Renard et désormais « goupil » s’effaça comme une brume." (p.115)
pp. 122-3 … Deux pages à relire …
pp. 142–3 ... Idem
pp. 160–1 ... Idem

"Il écrivit que la lumière qui rayonnait dans le monde était l’ombre que faisait Dieu." (p.164)

p. 182 ... Idem, mais une seule...

"Ni collectif ni individuel ni biographique ni religieux ni culturel ni historique est le projet de l’art." (p.186)

"Voici mon théorème. Je pense que c’est le désir sexuel qui retient leur à l’intérieur de la figuration." (p.195)

"Quand la présence fascinante c’est exercée sur toute la surface de la toile, la toile est fascinée ; elle est transie, engourdie, achevée ; celui qui la voit n’en sort plus. Son silence est à couper au couteau." (p.215)

"Les formes qui précèdent réservent à chaque forme neuve accueil épouvantée." (p.219)

"Désirez une forme qui passe à l’état informe, ne pas être effarouché par la mort, quitter le groupe, accepter une vision neuve sont liés." (p.222)

"J’ai en vue, dans la genèse de l’image involontaire qui habite la perception, qui meut le voir, à mi-chemin du fantasme et du rêve, que je cherche à méditer, une espèce de point antéoriginaire." (p.228)
Quatrième de couverture
"Qu’est-ce que je cherche, tome après tome, dans Dernier Royaume ? Une autre façon de penser à la limite du rêve. Une façon de s’attacher au plus près de la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Quelle étrange falsification a lieu dans le rêve ? Dans le dessin qui naît sous les doigts ? Dans le langage qui gémit ? Dans la pensée qui hallucine ? Dans la musique même ? Quel est ce mystérieux fantôme ou appelant ?
Ce dixième tome de Dernier royaume n’a qu’un sujet : le faux qui fait le fond de l’âme. Le fond de l'âme hallucine. Le langage dédouble ses fantômes. Tous les arts élèvent des mondes faux. Même la dépression est un rêve.
L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu'il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l'éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d'aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent."
Critiques
Télérama (le faux dans l'art) ; La Croix (l'art et le faux, le coq et l'âne) ; Le Monde (la langue, leçon d'ignorance)

8 août 2019

Les solidarités mystérieuses

Pascal Quignard

Note à compléter

Quatrième de couverture
«Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé ainsi.» 
Critiques

4 novembre 2018

Critique du jugement

Lecture importante, nombreuses notes à reprendre

Quatrième de couverture
 Kant publie Kritik der Urteilskraft en pleine Terreur. Le « pouvoir d’évaluation » – la Beurteilung – plonge ses racines dans la « crainte du regard de l’autre ». Je ne juge plus rien. J’ai jugé pendant vingt-cinq ans (de 1969 à 1994). Puis je me suis désengagé de tous les gages que je recevais des institutions qui m’avaient jusque-là engagé. Alors je n’ai plus eu d’autres ressources que la vente de mes livres. Aussitôt j’ai perdu toute hiérarchie (de nature artisanale) à l’intérieur de ce que j’écrivais et j’ai égaré toute anticipation (plus thématique que technique) dans les lectures que je faisais. Tout à coup, je commençai une étrange vie qui avait totalement renoncé au jugement. On ne trouvera pas ici une critique de la presse, de la télévision, des jurys, des comités de lecture, des cours, des tribunaux, des enfers. On trouvera une critique du jugement.
Critiques
Le Monde (en peu de mots, exactement ce dont il est question, mais en jugeant un peu) ;

29 juin 2014

Mourir de penser

Reprendre les notes, ouvrage foisonnant.

Quatrième de couverture

Le neuvième tome de Dernier Royaume est consacré à la pensée. Ainsi Pascal Quignard arrive au cœur de sa quête. Livre après livre, Dernier Royaume cherche à éprouver une autre façon de penser. Un mode de penser qui n’a rien à voir avec la philosophie. Une façon de s’attacher à la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Ce livre explore trois choses. Comment la pensée et la mort se touchent. Comment la pensée est proche de la mélancolie. Comment la pensée s’abrite auprès du traumatisme. Celui qui pense « compense » un très vieil abandon. Ce qui fait le fond de la pensée c’est la mère manquante.

De même que le rêve est un sens dont les images désordonnées, condensées, paradoxales, intuitionnent quelque chose qui a précédé le sommeil et qui fait retour en elles, de même la pensée est un sens qui use de mots écrits, retranscrits, retraduits, épluchés, étymologisés, néologisés, lesquels projettent des liens entre des silhouettes éparses, où on s’est jadis perdu.

Critiques

L'Humanité (ne pas se décourager)

18 mai 2007

Le lecteur

Des notes pour poursuivre la réflexion, que penser de la lecture... du besoin de lecture...
"Ce qui n’écrivent pas, qui pourtant auront passé leur existence dans les livres, qui connurent pour toute passion, pour profession aussi, cette sorte de stupeur que la lecture provoque, que le néant, les chimères rétribuent, qui intime au silence, sont peut-être seuls parmi nous dont la mention doive faire défaut. Que l’oublie les préserve !" (p.19)
"Néanmoins vos objection tombent si vous considérez plus simplement qu’un livre n’est autre qu’un lecteur ; que qui le lit le lit ; écrire un livre c’est écrire un lecteur ; que le premier auteur ne l’était qu’à la condition d’avoir lu ; qu’il avait tout lu et lu autant que nous et n’était pas plus rassasié ni innocent que nous ; qu'ainsi s’échangent sans cesse, sans arrêter, les 'lecteurs' en 'livres'." (p.48)
"Les premiers cris d’enfants lisent déjà en les criant des traces plus anciennes et terribles que les plus anciennes écritures attestées." (p.82)
"Puis le langage prenant le pas sur tous les êtres et les choses et les rêves que le monde contient, soulevant dans cet échange ruineux un sentiment plus apeurant que la peur, l’absence se substitua aux rencontres. L’absence que porte le langage envahit jusqu’aux emplois très matériels qu’il firent des phrases quotidiennes. Présent, il ne se supportèrent plus." (p.90)

"Entendez-vous ce rire ?
C’est plus que ne sait dire le dire. Le rire rompt le silence comme il rompt le langage." (p.96)

"Le livre tient en haleine, il noue la gorge, il fait battre excessivement le cœur, il pâlit ou enfièvre la face, il arrache les vains sanglots, il creuse les traits immobiles du visage, il tort le centre du ventre, il gonfle le sexe, et donnant cours à toutes émotions et à tous simulacres il fait que le corps se lézarde, cours à ruine. Il fait qu’il s’étiole et frémit. Tremble. Qu’il disparaît." (p.104)

"Ah lecteur. Comprendrez-vous que vous décidant pour de bon à arracher ces pages jusqu’à la dernière de ces pages, et coupant court à cette rhétorique de miroir ou nul reflet franchement ne s’inscrit ni de moi ni de vous pour user de métaphores encore–bref, une fois dépouillés de ces pages et soudain face-à-face–, nous nous tairions?
Nous nous tairions l'un et l’autre debout, sans rivaux, immobiles dans le froid et le sombre et l'étroit espace de la chambre ?
Nous nous tairions, sous l’emprise d’une joie comme intolérable et dépourvue d’images ou de désirs ; nous nous tairions, lecteur sans livres, en rupture de lecture, hors de nous, au sein d’une taciturnité forcément innommable." (p.132)
Quatrième de couverture
Un récit dont les protagonistes sont le narrateur et un personnage disparu, auxquels il faudra sans doute ajouter le lecteur de ce livre dont le sujet est le pouvoir destructeur de la lecture. Car lorsque le narrateur s'interroge sur la disparition mystérieuse de ce personnage, nous devons comprendre qu'il s'agit de la sienne propre, et aussi de la nôtre. En effet, en lisant un livre, nous nous abandonnons tous à une sorte de jeu mortel où la personnalité s'abandonne et se perd.
Tel est le point de départ original de cette haute méditation sur la lecture, et ses effets ambigus. Mais cette réflexion est menée à travers une œuvre qui finit par constituer elle-même une aventure poétique et romanesque, le roman du lecteur dévoreur et dévoré. 
Critiques
La Croix (le récit d'un lecteur, interview)