Quatrième de couverture
Critiques
France info (présentation détaillée)
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France info (présentation détaillée)
Dur, dur, une humour qui -- pour une fois -- m'a largement échappé. Le sens aussi, perdu dans des méandres déments.
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Études littéraires (dissertons et nous verrons)
"Les codes du manifeste ne ressortent pas d’emblée dans Le Caoutchouc décidément, qui se présente comme un roman. La couverture, sur laquelle est indiquée l’appartenance générique du livre, ne se distingue en rien de celles des autres textes que l’auteur a publiés aux Éditions de minuit. Quant au titre, il s’apparente à un constat concluant avec fermeté un raisonnement, sans pour autant être une proclamation. Ce n’est donc pas par sa forme que Le Caoutchouc décidément évoque le manifeste, mais par son contenu, puisqu’au centre du récit se trouve l’écriture d’un texte intitulé « manifeste pour une réforme radicale du système en vigueur », par lequel le personnage principal, Furne, voudrait reprendre et remodeler chaque domaine du monde actuel, qu’il juge insatisfaisant et sans fantaisie. À travers un flot de paroles, entraînant le lecteur d’un sujet à l’autre, Furne avance une critique ardente contre tout type de fatalisme restreignant, selon lui, la liberté d’existence des êtres humains : « [l]’exiguïté du crâne, le poids du pied, l’éloignement des étoiles [...], l’irréversibilité du temps, la permanence désespérante de la pierre » (ibid. p. 18), etc. tous les domaines de la société soumis au « système en vigueur » , que ce soit la politique ou le monde des arts, sont pris en compte dans ce manifeste en cours d’élaboration. Une mesure clef pour remédier à l’imperfection de l’ordre établi et arriver à la liberté recherchée serait, selon Furne, l’invention de nouveaux mots, une proposition qui accorde au travail sur le langage une place d’élection dans son projet manifestaire :
nous serions omnipotents, en vérité, et maîtres de nos destins si nous étions simplement capables de saisir, en les formulant, toutes les idées vagues qui traversent notre esprit [...]. il conviendra de multiplier par douze le nombre des mots qui constituent notre langue lacunaire, alors les émotions se couleront dans de longues phrases souples et musicales [...]. (ibid. p. 112-113)"
Une émotion qui nous porte au plus près de Victor Klemperer, courage de l'esprit au centre de ce livre.
Revoir pages : 76, 102, 116, 118, 151.
Quatrième de couverture
Être témoin : être sensible. En quel sens faut-il l’entendre ?
Dans
un procès, on ne demande au témoin que d’être précis, puisque ce sont
des faits qu'il s'agit de rendre compte. Mais celui qui décide de
témoigner contre vents et marées, sans que personne ne lui ait rien
demandé, se tient dans une position différente : il porte aussi en lui
l’exigence d’un partage de la sensibilité. Il considère implicitement
que ses émotions constituent en elles-mêmes des faits d’histoire, voire des gestes politiques.
C’est ce que montre une lecture du Journal de
Victor Klemperer tenu clandestinement entre 1933 et 1945 depuis la
ville de Dresde où il aura subi, comme Juif, tout l’enchaînement de
l’oppression nazie. Témoignage extraordinaire par sa précision, en
particulier dans l’analyse qu’y mena Klemperer — qui était philologue —
du fonctionnement totalitaire de la langue. Mais aussi par sa
sensibilité. Par son ouverture littéraire à la complexité des affects,
avec la position éthique — celle du partage — que cette sensibilité
supposait.
Entre la langue totalitaire, qui ne se prive jamais d’en appeler aux émotions sans partage, et l’écriture de ce Journal, ce sont donc deux positions que l’on voit ici s’affronter autour des faits d’affects. Combat politique lisible dans chaque repli, dans chaque inflexion de ce chef-d’œuvre d’écriture et de témoignage.
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C'est incroyable, le lien, juste le lien, l'attachement.
"E - Cette fatalité dont tu parles, c'était..., c'était une certitude qui ne concernait que toi. Ce que tu as trouvé dans mon visage, c'est toi qui l'y as mis. Moi, je n'avais rien à dire ni à donner, j'avais juste à attendre et à prendre.
L - Mais, quelle certitude ?
E - Peut-être qu'il y avait cette peur et ce désir de nous être... trouvés ? Écoute-les, tous, qui racontent sur tous les tons comment ils cherchent l'amour... Mais c'est faux, bien sûr que c'est faux. On cherche des compagnons, une main à laquelle se tenir pour traverser la vie, parce que tout seul on se dit qu'on n'y arrivera pas... Mais l'amour... Ce serait une rencontre terrible, ça, l'amour." (16)
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Elle croit qu'il est parti par goût de la liberté. Il pense qu'il revient parce qu'elle est malade.
Les voilà de nouveau ensemble, avec, devant eux, le temps de s'avouer ce qui les réunit et d'affronter ce qui les sépare.
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.../...
où l'on découvre l'homme, binational franco-espagnol par volonté de mémoire, l'homme émerveillé par l'état poétique, le regard sans concession mais bienveillant sur l'histoire : "raison ouverte et bienveillance aimante" (142)
Noter pages 55, 60, 62 ; relire 101 et suivantes
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« Qu’il soit entendu que je ne donne de leçons à personne. J’essaie de
tirer les leçons d’une expérience séculaire et séculière de vie, et je
souhaite qu’elles soient utiles à chacun, non seulement pour
s’interroger sur sa propre vie, mais aussi pour trouver sa propre
Voie. »
E.M.
À 100 ans, Edgar Morin demeure préoccupé par les
tourments de notre temps. Ce penseur humaniste a été témoin et acteur
des errances et espoirs, crises et dérèglements de son siècle. Il nous
transmet dans ce livre les enseignements tirés de son expérience
centenaire de la complexité humaine.
Leçons d’un siècle de vie est une invitation à la lucidité et à la vigilance.
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Réservées aux abonnés
L'essentiel de ce livre se trouve dans l'épilogue dont le texte est à l'épreuve du temps et des mémoires : le processus de francisation qui est au-delà des individus pour atteindre le cœur de ce qui fait nation dans notre pays (Edgard Morin) et l'appel à un examen (prise) de conscience de que ce qui a fait la France et donc la constitue est la part prise dans le roman national par les peuples des colonies (pour certains, des départements) (Patrick Singaïny).
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« Nous avons tous été surpris, tous soudainement en extinction de voie, tous statufiés dans nos expressions de stupeur, tous figés dans le silence assourdissant de la déflagration causée par les attentats de janvier 2015. Tous, y compris nous, les intellectuels. Nous ne pouvons plus continuer à développer les mêmes idées-forces et nous ne pouvons plus écrire de la même façon après un si grand désarroi. Nos mots ne peuvent plus se draper dans le linceul de la seule certitude. Ceux que voici – les nôtres –, armes défensives et offensives comme l’aurait dit Picasso, sont avant tout un éloge à toutes les nuances et placent la complexité au cœur du cyclone d’où l’intellectuel est sommé de parler. C’est à partir d’elle – la nuance complexe – que vous y trouverez vos propres pistes de réflexion. Il ne suffit plus d’être indigné. » Edgar Morin et Patrick Singaïny, 11 février 2015.
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Libération (urgence : agir au-delà et malgré l'émotion) ; France Culture (entretien Hors champ, 16 novembre 2015)
De belles pages sur la violence scolaire et la lecture :
Ça fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire (p. 160)
Les deux derniers chapitres résument en une formule le problème fondamental de l'école : la collision entre le savoir et l'ignorance (p. 296)
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Wikipédia (informations)