"Nos ciels gris ressemblaient à de la neige sale. C’était comme si le jour, découragé à l’avance de se lever, y avait renoncé. Et le soleil avec lui. Dehors, l’air sentait la bougie soufflée." (p.106)
Le ciel de l'auteur était gris, pour se repérer pourquoi pas suivre l'odeur d'une bougie soufflée. Au bout de la quête, une lumière ou un doigt brulé. Je n'ai eu d'yeux que pour Marina, pas vu Paul Gachet. Transparent, il fallait juste passer quelques pages pour s'en tenir à l'essentiel : A. Ci-contre, le portrait de P. G. par van Gogh. Le regard perdu.
Quatrième de couverture
À l’approche de Noël 2018, le docteur Paul Gachet emmène sa femme et sa
fille à la découverte de Florence. Alors qu’il brûle de leur faire
découvrir les Botticelli, les charmes de la vieille ville et du fleuve
Arno, leur séjour est perturbé par l’apparition d’une performeuse serbe,
Marina Abramovic, à travers les rues de la cité jusqu’aux salles du
Palazzo Strozzi. Qui est cette femme soudain omniprésente qui bouleverse
tous les repères de Paul Gachet et des siens, malmenant son propre
corps pour parler à une humanité sourde et défaillante ?
Chirurgien-orthopédiste,
Paul Gachet répugne aux mutilations de l’artiste. Mais il est malgré
lui envoûté par son univers qui, s’éloignant peu à peu d’une violence
gratuite en apparence, exprime une recherche d’harmonie avec l’autre, en
particulier avec son compagnon Ulay qu’elle enlace à l’étouffer avant
de nouer sa chevelure à la sienne ou d’exposer son cœur à la flèche de
son arc.
Deux ans après cette apparition florentine, Paul Gachet tombe par hasard sur une photo ancienne de Marina A et d’Ulay intitulée L’impossible rapprochement.
Prise en 1983 à Bangkok, elle montre deux êtres qui voudraient se
toucher mais en sont mystérieusement empêchés et doivent rester à
distance l’un de l’autre. Alors qu’éclate la pandémie planétaire, Paul
Gachet comprend que les manifestations de cet art étaient une forme
d’alerte dont il saisit enfin toute l’importance. Une incitation à
protéger l’autre, à refonder nos sociétés sur ces deux petits mots :
« après vous ».
Critiques
France inter (très juste, il y a deux sujets, l'autre échappe)
