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19 février 2020

L'oeil de la nuit

Au cinéma ce serait un biopic, mélange romanesque et biographique. Le livre de Pierre Péju peut passer pour le roman biographique d'Horace W. Frink, psychanalyste américain qui participera à l'introduction de la psychanalyse aux Etats-Unis. L'entrée dans l'ouvrage est lente et un peu pesante, rien qui laisse imaginer une intérêt quelconque. L'ordinaire extraordinaire d'une vie particulière. Mais ne le sont-elles pas toutes ? Le texte commence à attacher son lecteur quand Freud entre en scène et le jeune psychanalyste laisser apparaitre se faiblesse, son irrépressible autodestruction à la hauteur de son enthousiasme généreux. Un égoïsme foncier en est l'instrument, il manifeste toute son ampleur dans la façon dont Frink se comporte à l'égard de Doris et, plus tard à l'égard d'Angelica. Par là il est un cas parfait pour Freud dont Péju dessine un portrait--finalement--sévère. Freud ambitieux et manipulateur. Vrai ? Je ne sais pas, mais au fond c'est intéressant, la statut descend de son piédestal, on peut commencer à discuter. La fin du roman est un naufrage pour Frink, Doris et Angelica. Pour Freud, la vie--l'aventure--continue !

Quatrième de couverture
Tout au long de sa vie, Horace W. Frink fut un Américain intranquille.
Enfant abandonné, étudiant tourmenté, il se fait psychanalyste, à New York, et pionnier de cette troublante méthode, au moment du voyage de Sigmund Freud dans le Nouveau Monde, en 1909, en compagnie de Jung et Ferenczi.
Thérapeute perplexe, mari et père immature, Frink devient bientôt l’amant d’une de ses patientes, la milliardaire et fantasque Angelica Bijur, qui lui fait découvrir la vie des «heureux du monde», au début des années folles. S’ensuivent tourments, déchirures et voyages à travers l’Amérique et l’Europe. Frink traversera deux fois l’Atlantique pour aller à Vienne, s’allonger sur le divan de Freud. De drames amoureux en aventures intellectuelles, «incapable de fermer l’œil de la nuit», il ne trouvera jamais la clef de l’énigme qu’il est pour lui-même.
Car l’œil de la nuit n’est pas l’inconscient mais la vision nocturne, l’effroyable lucidité des insomniaques, la conscience des fêlures. Ce roman est très librement inspiré de ce qu’on peut aujourd’hui savoir de Horace Frink, né en 1883 et mort en 1936 dans un oubli complet.  
Critiques
Libération (complet, parfait)

25 janvier 2018

La diagonale du vide

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Quatrième de couverture
 Persuadé d’être «passé à côté de sa propre histoire» Marc Travenne décide de quitter sa vie agitée de designer et homme d'affaires pour s'en aller au hasard des routes. Il se retire dans un gîte perdu sur un plateau de l’Ardèche battu par les vents. Bientôt, une étrange randonneuse vient troubler sa solitude. Elle marche depuis des jours le long de ce que les géographes appellent la «Diagonale du vide», cette étroite bande de territoire partageant la France des Landes aux Ardennes, à la densité de population faible et aux zones sauvages nombreuses.
Travenne va se lancer à la poursuite de cette femme qui aura le temps de lui livrer une part de ses secrets avant d'être enlevée sous ses yeux. De rencontres en révélations, il va voir sa vie s'emballer en découvrant que la diagonale des solitudes passe aussi par New York, Paris, et l'Afghanistan.
Critiques

6 août 2010

Marée basse

Date de lecture fictive, mais l'année est la bonne

Sous titre : méditation sur le rivage, sur ce qu'on y trouve, et sur le temps sans emploi.

J'apprends que les grecs n'avaient pas de mots pour "paysage", l'invention remonte au 15ème siècle. C'est curieusement assez tard. Pourtant, les grecs et d'autres avant eux avaient surement cette émotion devant... le mot me manque.

Quatrième de couverture

Bribes de mémoire. Fragments de passé. Images de voyages déchirées en petits morceaux. Mais aussi regrets amers, boules de vieille angoisse hérissées de piquants, chevelures trempées de tristesse. Voilà ce qu’on glane, en soi, autour de soi, quand l’écriture est à marée basse.

Alors, on finit par désirer le retour des grandes marées. Rêver de la mer qui non seulement submerge tout, mais se précipite avec violence sur ces choses à moitié mortes qui, hors de l’eau, seraient vouées à la pourriture nostalgique.

Critiques

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