Un livre rapide que j'aborde en pensant à un autre, à La parole contraire, mais il ne s'agit pas de cela. Ce livre est tout autre, il faut du temps pour le comprendre, c'est-à-dire se détacher de l'idée d'une autobiographie. Alors on touche peut-être à l'essentiel : l'intelligence, celle du juge et celle de l'accusé. Une joute, la question de la vérité est seconde lorsque chacun se prend au duel. Si on sait que le juge avance masqué, il nous le dit, on ne saura jamais ce qu'il en est de l'accusé. Il y a un plan de symétrie, mais de multiples singularité qui forge le portrait de l'accusé. Un portrait paradoxalement aristocratique, celui d'Erri de Luca finalement. Portrait en contre-plongé ou en trompe l’œil, mais on ne peut s'y tromper. C'est lui, c'est tout lui;
Quatrième de couverture
On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule
face à l’immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent
se présenter, d’une rencontre avec un cerf au franchissement d’une forêt
déracinée par le vent.
Sur un sentier escarpé des Dolomites, un
homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte.
Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe
révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second
et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable,
impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l’affaire,
qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.
Dans un
roman d’une grande tension, Erri De Luca reconstitue l’échange entre un
jeune juge et un accusé, vieil homme «de la génération la plus
poursuivie en justice de l’histoire d’Italie». Mais l’interrogatoire se
mue lentement en un dialogue et se dessine alors une riche réflexion sur
l’engagement, la justice, l’amitié et la trahison.
Critiques
Le Monde (exactement) ; Les échos (portrait, le livre importe peu)