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15 septembre 2019

Soumission

Écrit au présent parce que c'est d'aujourd'hui dont il s'agit.Un roman aux allures de récit d'actualité dont on fait toute une histoire. Étonnant ce récit où finalement il ne se passe rien n'était le nom du parti qui parvient au pouvoir et les bouleversements qui suivent notés comme des anecdotes rapidement balayées par des rêves de grandeur qui portent le nom d'Eurabia. Le texte et l'histoire avancent sans relief mais sans ennui, et ils se terminent sans véritable surprise ; on n'a même pas peur ! alors qu'au fond il s'agit de donner une réalité à la grande peur du moment.

Quatrième de couverture
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.
Critiques
Télérama (désanchanté) ; Libération (polémique)





10 mars 2019

Sérotonine

J'aurais pu ne lire que les cent dernières pages, voire même le dernier paragraphe. Quoique le genèse permette de comprendre l'apocalypse, enfin... le dernier paragraphe, sujet de Bac. Mais pas de regrets, tout cela est fichtrement bien écrit.

Quatrième de couverture
 «Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq.
Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.
Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.
Critiques
Télérama (une admiration sans épaisseur) ; Causeur (ce n'est pas seulement un roman décadent) ; Le Parisien (un roman d'amour)

23 mai 2018

La carte et le territoire

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Quatrième de couverture
 «Rendre compte du monde, simplement rendre compte du monde» : voilà ce que répond l'artiste Jed Martin lorsqu'on l'interroge sur le sens de son œuvre. Ce projet, qui lui apportera la fortune et une renommée internationale, l'amènera à croiser des personnages très divers : Olga, une jolie Russe, mais aussi le commissaire de police Jasselin, le présentateur de télévision Jean-Pierre Pernaut, et même l'écrivain Michel Houellebecq, dont Jed réalisera le portrait...
Roman réaliste qui tend vers l'anticipation, roman d'artiste qui flirte avec l'autofiction et s'achève en roman policier, La Carte et le Territoire brouille les pistes et estompe la frontière entre fiction et réalité. Dans cette œuvre à la construction virtuose, récompensée par le prix Goncourt en 2010, Michel Houellebecq mène une profonde réflexion sur notre monde contemporain et le rapport que nous pouvons encore avoir - ou non - avec la vérité.
Critiques