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15 septembre 2019

Soumission

Écrit au présent parce que c'est d'aujourd'hui dont il s'agit.Un roman aux allures de récit d'actualité dont on fait toute une histoire. Étonnant ce récit où finalement il ne se passe rien n'était le nom du parti qui parvient au pouvoir et les bouleversements qui suivent notés comme des anecdotes rapidement balayées par des rêves de grandeur qui portent le nom d'Eurabia. Le texte et l'histoire avancent sans relief mais sans ennui, et ils se terminent sans véritable surprise ; on n'a même pas peur ! alors qu'au fond il s'agit de donner une réalité à la grande peur du moment.

Quatrième de couverture
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.
Critiques
Télérama (désanchanté) ; Libération (polémique)





14 septembre 2019

Un pas de chat sauvage

Pas d'avertissement sur la couverture ni sur la première, alors je n'ai pas su ce que je lisais : un témoignage, une récit autobiographique, une idée nourrie d'un évènement dont Marie NDiaye aurait imaginé le développement. Je n'ai pas compris non plus l'intérêt, hors le témoignage de ce que fut le regard du XIX° sur les noirs, sur les femmes noires en particulier. Ou peut-être ce récit dit que ce regard, au fond, n'a pas changé ou plutôt que sa possibilité est latente. Je crois en effet  que nous ne sommes pas parvenus à éradiquer le risque de réaction compulsive face à la différence qu'elle soit physique, intellectuelle ou culturelle ; une réaction violente de rejet.

Quatrième de couverture
Maria «l'Antillaise » pose, le regard lointain, pour le photographe Nadar dans les années 1860. Maria Martinez, «la Malibran noire », artiste originaire de La Havane, connaît le succès sur la scène parisienne dans les années 1850 avec le soutien inconditionnel de Théophile Gautier. Malgré les nombreux points communs qui les rapprochent, on ne peut affirmer qu'il s'agit d'une seule et même «Maria ». La narratrice en est néanmoins persuadée.
Critiques
Le point (c'est une nouvelle)

10 mars 2019

Sérotonine

J'aurais pu ne lire que les cent dernières pages, voire même le dernier paragraphe. Quoique le genèse permette de comprendre l'apocalypse, enfin... le dernier paragraphe, sujet de Bac. Mais pas de regrets, tout cela est fichtrement bien écrit.

Quatrième de couverture
 «Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq.
Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.
Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.
Critiques
Télérama (une admiration sans épaisseur) ; Causeur (ce n'est pas seulement un roman décadent) ; Le Parisien (un roman d'amour)

23 mai 2018

La carte et le territoire

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Quatrième de couverture
 «Rendre compte du monde, simplement rendre compte du monde» : voilà ce que répond l'artiste Jed Martin lorsqu'on l'interroge sur le sens de son œuvre. Ce projet, qui lui apportera la fortune et une renommée internationale, l'amènera à croiser des personnages très divers : Olga, une jolie Russe, mais aussi le commissaire de police Jasselin, le présentateur de télévision Jean-Pierre Pernaut, et même l'écrivain Michel Houellebecq, dont Jed réalisera le portrait...
Roman réaliste qui tend vers l'anticipation, roman d'artiste qui flirte avec l'autofiction et s'achève en roman policier, La Carte et le Territoire brouille les pistes et estompe la frontière entre fiction et réalité. Dans cette œuvre à la construction virtuose, récompensée par le prix Goncourt en 2010, Michel Houellebecq mène une profonde réflexion sur notre monde contemporain et le rapport que nous pouvons encore avoir - ou non - avec la vérité.
Critiques

25 janvier 2018

Eloge de l'amour

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Quatrième de couverture
" La conviction est aujourd'hui largement répandue que chacun ne suit que son intérêt.
Alors l'amour est une contre-épreuve. L'amour est cette confiance faite au hasard. "
Critiques

5 mai 2011

L'hiver de la culture

Acheté gare de Lyon, je crois. Un pamphlet dit-on, le mot est juste, je le cherchais. Le réactionnaire, l'élitiste, le vindicatif, le rageur enragé, je le pardonne. Le mépris, je ne le pardonne pas. Car il est méprisant, cet homme. Il regarde de haut la populace qui, en short et en marcel, va au Louvre. Pourtant sur cette lave atrabilaire flotte parfois des idées ou des remarques pertinentes et intéressantes, c'est peut-être pour cela que je le lis. Pour le défi de prélever dans le flot la phrase que je garderai précieusement pour y penser encore. Cette fois, cette remarque : on ne voit pas se signer devant un Christ en croix une belle âme qui ne manquerait pas de le faire dans la moindre petite chapelle ou devant le premier calvaire venu (je l'écris mieux que lui, mais avec plus de mots).
"Les musées ne ressemblent plus à rien. La silhouette du nouveau musée d’art contemporain de Metz rappelle à la fois les Buffalo grill qu’on voit le long des autoroutes, un chapeau chinois et la maison des Schtroumpfs. Dans l’élévation d’un musée nouveau musée, on retrouvera souvent, in nuce, dans son mélange de modernité fade et d’emprunts hasardeux, le kitsch qu’on verra envahir l’architecture des mégalopoles, de Las Vegas à Dubaï." (p.18)
"À l’inverse des mots, toujours soupçonnés d’imposer un ordre et de réclamer un sens, l’œuvre d’art, plutôt qu’un savoir à acquérir, posséderait le privilège, le pouvoir, la magie de se livrer sans peine, dans une profusion de significations possibles et contradictoires qui répond au goût contemporain d’abolir les distinction, les hiérarchie et les frontières." (p.54-55)
"Le crâne rasé, les bras tatoué de l’épaule au poignet, un anneau passé aux oreilles, vêtu d’un short court laissant dépasser la couture du slip est d’un marcel découvrant une poitrine poilue et sentant la sueur, c’est homme, la bedaine en avant, attend, avec un millier d’autres, de pénétrer dans les galeries du Louvre. Il semble descendu des planches d’un atlas criminologique du XIXe siècle. Par quel détour a-t-il fini, comme si le siècle écoulé n’avait servi à rien, par ce glisser parmi les néophyte ?" (p.56-57)
"[...] un certain Jeff Koons, dadaïste attardé, qui se plaisait à façonner  de petits cochons roses en porcelaine." (p.65)
"En revanche, l’espèce d’adoration perpétuelle à laquelle se livrent les visiteurs du musée devant les images innombrables mais supposées tirer leur valeur d’être des images uniques et réalisées par une main sans pareil (on prend « main » ici comme métaphore de tout organe du corps susceptible de « produire » un objet)–cette vénération poussés jusqu’à la convoitise de ses propres déchets –signe le retour à une idolâtrie, qui n’est plus qu’un culte mortifère des reliques." (p.119)
"Si l’œuvre, une fois reproduite, se voit privée de son aura, l’œuvre déplacée  au musée perd son sens. Les musées fonctionnent comme des machines à transformer en faux les œuvres vraies qui y sont admises. Les musées sont des entrepôts de faux où l’on voit sur les cimaises, décolorées et sans destination autre qu’une vague satisfaction esthétique, des œuvres qui avaient jadis la capacité de signifier quelque chose et, en outre, qui nous proposaient le bonheur de servir." (p.121)
"En Occident, le musée désacralise par le seul fait qu’il est amusé. Malraux s’en émerveiller. Point." (p.130)
Quatrième de couverture
Promenade d’un amateur solitaire à travers l’art d’aujourd’hui, ses manifestations, ses expressions. Constat d’un paysage saccagé, festif et funèbre, vénal et mortifiant.
Critique 
Le Figaro (mise en perspective, pour et contre) 

25 décembre 1988

Une brève histoire du temps

Un livre que j'ai lu lors de sa sortie. Je l'ai relu lorsque Quentin s'est passionné pour ces thèmes. J'ai la plus grande difficulté à comprendre, contrairement à des collègues qui à l'époque l'avaient lu le temps d'un aller-retour Lyon-Paris. La langue est simple mais précise, pas vraiment une vulgarisation plutôt un exposé scientifique à hauteur de lecteur "cultivé". Eh bien, je dois reconnaitre la minceur de ma culture. Par exemple, je comprends le concept mathématique de surface sans bord, pas en physique. L'idée de trou noir sans bord m'échappe, comme l'essentiel de la physique quantique. Moins une chose me reste, à la seconde lecture, la structure de la constante de Planck. Probablement mon professeur en MGP n'avaient-il pas pris la peine d'autre chose que d'affirmer son existence. Cela ne m'a pas empêché d'utiliser l'équation de Schrödinger et de rêver le monde quantique.

Quatrième de couverture

Premier livre de Stephen Hawking écrit à l’intention du non-spécialiste, succès incontournable dès sa parution, Une brève histoire du temps présente dans un langage simple et accessible les développements contemporains de l’astrophysique.
Retraçant les grandes théories du cosmos, de Galilée et Newton à Einstein et Poincaré, racontant les avancées prodigieuses de la recherche sur l’espace et le temps, expliquant la nature des trous noirs, il propose de relever le plus grand défi de la science moderne : la quête d’une théorie unitaire unifiant la relativité générale et la mécanique quantique.

Critiques 

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