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23 septembre 2020

Kibogo est monté au ciel

Les premières pages sont lourdes, je m'embourbe dans la langue dont je sais pourquoi elles choisie. Lecture laborieuse. Puis le ciel s'éclaircit, peut-être ai-je appris cette langue que je pensais connaitre. Alors pointe le sujet qui me met mal à l'aise, mais c'est autre chose. Le regard en surplomb des padri, la violence théologique,  l'éradication de la culture à grand coup de mépris. Désir de soumission, mais la culture courbe l'échine pour mieux survivre. Et puis, et puis... il reste les conteuses. Les dernières pages ont nourri ma révolte, comment a-t-on pu, et aujourd'hui encore.

Quatrième de couverture

De Kibogo, le fils du roi, ou du Yézu des missionnaires, lequel des deux est monté au ciel? Qui a fait revenir la pluie, sauvant ainsi son peuple de la sécheresse et de la famine? Est-ce Maria de la chapelle ou la prêtresse de Kibogo qui a dansé sur la crête de la montagne au-dessus du gouffre?
Au Rwanda, colonisation et évangélisation avaient partie liée. En 1931, la destitution du roi Musinga qui refusait le baptême entraîna la conversion massive de la population. Souvent, ces baptêmes à la chaîne, pour beaucoup opportunistes, aboutirent à un syncrétisme qui constituait une forme de résistance.
Est-ce qu’il fallait croire aux contes que prêchent les pères blancs à longue barbe ou à ceux que raconte votre mère, chaque soir, à la veillée, jusqu’à ce que le foyer ne soit plus que braises rougeoyantes?
Dans ces histoires miraculeuses, la satire se mêle d’humour et de merveilleux : un immense plaisir de lecture.

Critiques 

La Croix (aperçu sur le seuil)

9 août 2018

Un si beau diplôme

C'est un récit dont elle aurait pu faire un roman. C'est un récit plus que de la littérature, il en vient un sentiment d'approximation du texte, de maladresse qui rapproche ; une forme assumée de familiarité. Encore une fois on ne trouvera pas les mots pour répondre, lui dire à quel point le colonialisme fait horreur jusque dans sa suffisance vis à vis de ceux qui migrent vers le pays du colon. C'est aussi l'histoire d'un volonté et d'une dignité qui ne se résout pas, protégée par la candeur et la force de l'indignation.

Quatrième de couverture
Comment sauver son enfant d’une mort certaine ? Faut-il, comme le croit le père de l’auteur, faire confiance à l’école afin qu’elle obtienne un «beau diplôme»? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le statut inviolable des «évolués».
C’est justement pour obtenir ce certificat que l’auteur sera obligée de prendre le chemin de l’exil. Elle passera de pays en pays, au Burundi, à Djibouti puis en France. Tantôt les chances que lui promettait ce précieux papier apparaissent comme une certitude, tantôt elles se volatilisent tel un mirage. Comme le lui avait dit son père, ce «beau diplôme» sera le talisman, toujours source d’énergie, qui lui permettra de surmonter désespérance, désillusions et déconvenues.
L’auteur revient ici à la veine autobiographique, avec ce style fluide, plein d’humour et de fantaisie qui rend passionnant le récit de ses souvenirs, si douloureux soient-ils parfois. 
Critiques
Télérama (maladroit et attachant) ; Jeune Afrique (biographie et témoignage)