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29 juin 2018

Poésie et photographie

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Quatrième de couverture

 C’est directement et parfois profondément que l’activité du photographe influe sur ce que la poésie cherche à être. Et, en retour, les poètes se doivent de comprendre en quoi cette activité consiste et même ne pas hésiter à exprimer des réserves, des inquiétudes ou d’ailleurs aussi leur approbation en présence des formes diverses et peut-être contradictoires que l’acte et les visées du photographe ont prises depuis le daguerréotype, puis Nadar préservant pour nous le regard de Nerval, de Marceline Desbordes-Valmore, de Baudelaire.
Ce petit essai s’attache à un des effets troublants de la première photographie, son introduction d’une pensée du non-être, si ce n’est pas du néant, dans l’univers des images. Mais aussi à un récit qui, de façon figurale, me semble avoir perçu cet effet et visité avec épouvante ses risques, l’extraordinaire La Nuit de Maupassant, une des œuvres hallucinées de ses dernières saisons conscientes.

Critiques

Trop tard...

17 mai 2010

Le lieu d'herbes

"Le 'lieu d'herbes' est la préservation , à l'époque du conceptuel , du regard  auquel celui-ci a mis fin dans la pratique du monde. Il est donc une part de la mémoire de cette présence qui est la cause en nous de la sensibilité poétique, du projet de la poésie" 
 
Quatrième de couverture
Dans un livre ancien, L’Arrière-Pays, Yves Bonnefoy avait évoqué un fantasme, de nature métaphysique, qu’il croit présent dans beaucoup d’imaginations : existerait aux confins de notre monde un pays qui n’en différerait pas par ses aspects simplement terrestres, « là-bas » les mêmes qu’« ici », mais par la façon dont ses habitants seraient établis dans cette réalité : bénéficiant, par essence ou par accident, d’une aptitude à comprendre, à ressentir, disons à être, supérieure à ce qui nous est accessible, dans nos régions.

   Mais ce fantasme, qu’on peut apprendre à renoncer, n’est pas le seul à occuper dans l’esprit la frange incertaine entre invisible et visible. Et ces deux nouveaux essais sont pour explorer des situations, dans l’espace mental, où à nos pensées ordinaires se mêlent des images, des impressions, qui ne semblent pas avoir place dans leur expérience du monde, aussi bien passée que présente. Où est, par exemple, dans la réalité, ce « lieu d’herbes » ? Que signifie ce « lac au loin » qui hante certaines rêveries ? Pourquoi l’auteur de ces pages a-t-il, au vu de quelques images, le sentiment qu’il fut présent, une fois, dans certains lieux d’Arménie qu’il sait bien qu’il n’a jamais visité ?

   Qu’est-ce qui trouble nos yeux, en ces occasions où ils se portent pourtant sur l’ici et le maintenant fondamental de nos vies ? Qu’est-ce qui, les troublant, peut aussi en aviver le regard ?
Critiques
Nouvelle quinzaine littéraire (aperçu) ; La croix (Yves Bonnefoy, la poésie)