reprendre p. 220, les chapitres Israël et Edgard
Quatrième de couverture
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs
familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis
entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents
dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… »
Etre rabbin,
c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais
c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui
restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à
celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites
pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés
d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont
besoin de récits. »
A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur
superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le
récit, la réflexion et la confession. Le récit d’ une vie interrompue
(célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers
telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure
intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a
réveillé le souvenir enseveli.
Nous vivons tous avec des fantômes :
« Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux
des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des
histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que
nous parlons. » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants
et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour
s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la
paix avec ses fantômes…
Critiques
Le Monde (être rabbin ? la divinité ? La mort, ce n'est pas le sujet)
"Je crois en un transcendant qui a quelque chose à voir avec de l’indicible, qui échappe radicalement, y compris au langage. Le problème, lorsqu’on parle de Dieu, est qu’on se trouve toujours au bord de l’idolâtrie, du blasphème. Les mots le réduisent : à partir du moment où vous dites qu’il est quelque chose, vous sous-entendez qu’il n’est pas autre chose."
"Pourquoi faudrait-il être cohérent dans la vie ? Il faut simplement laisser les différentes voix parler en soi."