Eric Pessan
Ce que j'en pense
Ce que j'en pense
"Mon monde gagnerait en densité à mesure que je le saisirais. Un monde pour se consoler du monde, un paysage de questions, de choses étranges qui nient farouchement l'apparente normalité du réel. Des beautés, des mystères. Des énigmes qui ne sont pas faites pour être résolues. Des questions et d'autres choses que je ne sais pas expliquer" (p.30)Quatrième de couverture
"On joue à un jeu : observer. Il écrit ce qu'il voit et je photographie ce que je vois." (p.34)
J’ai aimé des hommes pour une fossette au menton. J’ai aimé des hommes pour une ride au coin de l’œil. J’ai aimé des hommes pour leurs mains fatiguées à la peau accablée de cal. J’ai aimé des hommes pour les livres qu’ils ont lus et les films qu’ils ont vus. J’ai aimé des hommes pour l’éclat d’un rire. J’ai aimé des hommes parce qu’ils aimaient se tenir face au vent l’hiver sur une plage désertée. J’ai aimé des hommes pour éviter un soir de basculer dans la tristesse.Critiques
Face caméra, une femme adresse un témoignage à tous ceux qu’elle a aimés (au seul qu’elle ait jamais aimé). Elle se livre sans limites, laissant cette confession, intense, brutale et bouleversante, comme ultime trace de son passage dans la vie.
Dans ce texte, intense et intimiste, Éric Pessan tisse les fils d’une vie brulée à la poursuite d’un amour idéal, usée à courser un bonheur qui s’échappe à mesure qu’on croit le tenir.
Sylvie Sauvageon scrute inlassablement les temps multiples d’un même visage. À force d’ajouts, d’effacement, de repentirs, jouant des blancs comme d’une lumière trop forte , elle poursuit la quête d’une simple présence.