9 août 2018

Un si beau diplôme

C'est un récit dont elle aurait pu faire un roman. C'est un récit plus que de la littérature, il en vient un sentiment d'approximation du texte, de maladresse qui rapproche ; une forme assumée de familiarité. Encore une fois on ne trouvera pas les mots pour répondre, lui dire à quel point le colonialisme fait horreur jusque dans sa suffisance vis à vis de ceux qui migrent vers le pays du colon. C'est aussi l'histoire d'un volonté et d'une dignité qui ne se résout pas, protégée par la candeur et la force de l'indignation.

Quatrième de couverture
Comment sauver son enfant d’une mort certaine ? Faut-il, comme le croit le père de l’auteur, faire confiance à l’école afin qu’elle obtienne un «beau diplôme»? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le statut inviolable des «évolués».
C’est justement pour obtenir ce certificat que l’auteur sera obligée de prendre le chemin de l’exil. Elle passera de pays en pays, au Burundi, à Djibouti puis en France. Tantôt les chances que lui promettait ce précieux papier apparaissent comme une certitude, tantôt elles se volatilisent tel un mirage. Comme le lui avait dit son père, ce «beau diplôme» sera le talisman, toujours source d’énergie, qui lui permettra de surmonter désespérance, désillusions et déconvenues.
L’auteur revient ici à la veine autobiographique, avec ce style fluide, plein d’humour et de fantaisie qui rend passionnant le récit de ses souvenirs, si douloureux soient-ils parfois. 
Critiques
Télérama (maladroit et attachant) ; Jeune Afrique (biographie et témoignage)

La Punition

Un texte simple, dont la simplicité même et le dépouillement de l'écriture disent la vérité. Je ne peux m’empêcher de penser au témoignage de Primo Levi, bien sûr toute proportion gardée mais le fond est là, dangereux, tragique, aux confins de l'enfer dans lequel Primo Levi fut emporté.

Quatrième de couverture
La punition raconte le calvaire, celui de dix-neuf mois de détention, sous le règne de Hassan II, de quatre-vingt-quatorze étudiants punis pour avoir manifesté pacifiquement dans les rues des grandes villes du Maroc en mars 1965. Sous couvert de service militaire, ces jeunes gens se retrouvèrent quelques mois plus tard enfermés dans des casernes et prisonniers de gradés dévoués au général Oufkir qui leur firent subir vexations, humiliations, mauvais traitements, manœuvres militaires dangereuses sous les prétextes les plus absurdes. Jusqu’à ce que la préparation d’un coup d’État (celui de Skhirat le 10 juillet 1971) ne précipite leur libération sans explication.
Le narrateur de La punition est l’un d’eux. Il raconte au plus près ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses vingt ans, nourrirent sa conscience et le firent secrètement naître écrivain. 
Critiques
L'Express (bien sûr) ; Huffington post - Magreb (interview) ;