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4 février 2023

Le lien

C'est incroyable, le lien, juste le lien, l'attachement.

"E - Cette fatalité dont tu parles, c'était..., c'était une certitude qui ne concernait que toi. Ce que tu as trouvé dans mon visage, c'est toi qui l'y as mis. Moi, je n'avais rien à dire ni à donner, j'avais juste à attendre et à prendre.
L - Mais, quelle certitude ?
E - Peut-être qu'il y avait cette peur et ce désir de nous être... trouvés ? Écoute-les, tous, qui racontent sur tous les tons comment ils cherchent l'amour... Mais c'est faux, bien sûr que c'est faux. On cherche des compagnons, une main à laquelle se tenir pour traverser la vie, parce que tout seul on se dit qu'on n'y arrivera pas... Mais l'amour... Ce serait une rencontre terrible, ça, l'amour." (16)

"E. - Des quelques hommes que j'ai connus, aucun n'a pris mon corps pour satisfaire autre chose que le besoin de posséder un corps. Certains pouvaient être très doux avec moi, très attentionnés... Mais je ne crois pas me souvenir qu'aucun d'eux... non... jamais... n'a comme toi cherché en moi à perdre jusqu'à la possibilité de revenir, de refaire surface vers... Je ne sais pas.
L. - L'abandon ?... Cet élan qu'il faut ?... Parfois, il faut rester des heures pour se faire oublier; puis s'oublier à tel point que c'est l'image elle-même qui vient vous chercher... Elle apparaît, vous appuyez...
E. - Et moi j'étais là, avec toi..
L. - Et vous retombez dans le monde qui vous entoure... C'était pareil avec toi. [...]" (47)

Quatrième de couverture

Elle croit qu'il est parti par goût de la liberté. Il pense qu'il revient parce qu'elle est malade.
Les voilà de nouveau ensemble, avec, devant eux, le temps de s'avouer ce qui les réunit et d'affronter ce qui les sépare.

Critiques

.../...

26 décembre 2020

Histoires de la nuit


La lenteur du roman -- sa longueur (640 pages) -- donne le temps de faire connaissance ces personnages, de les jauger, de les juger puis de réviser le jugement parfois plusieurs fois. Le lenteur n'a pas partout la même allure, elle s'accélère en miroir de l'accélération du pouls et de l'anxiété du lecteur sans changer de vitesse, l'action plus dense mais le temps ne change pas. Au début Patrice, Marion et Ida, et Christine, puis  Christophe, Bègue et Denis. Tout se met en place par étapes imprévisibles exactement comme la réalité qui n'est jamais ce qu'on imaginait qu'elle serait. J'ai lu régulièrement, comme d'habitude, puis une centaine de pages avant la fin je n'ai plus voulu interrompre la lecture. Je n'ai plus sauté un mot. Je n'ai pas voulu aller plus vite pour savoir, comme on retient son souffle ou détourne le regard sachant qu'il faudra bien... retenu jusqu'à la dernière ligne qui ne laisse aucune chance sans pour autant ne rien dire. La fin reste ouverte, elle est tragique. J'ai de la peine pour Ida, pas des larmes mais pourquoi pas... il faut un temps pour revenir dans le réel de la vie, la notre. Et si c'était vrai ?

Quatrième de couverture

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années.
On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.

Critiques

 Le Monde (un roman magistral, et exactement ce que j'en dirais) ; France Inter (tous n'ont pas aimé) ; France Culture (l'interview)