La lenteur du roman -- sa longueur (640 pages) -- donne le temps de faire connaissance ces personnages, de les jauger, de les juger puis de réviser le jugement parfois plusieurs fois. Le lenteur n'a pas partout la même allure, elle s'accélère en miroir de l'accélération du pouls et de l'anxiété du lecteur sans changer de vitesse, l'action plus dense mais le temps ne change pas. Au début Patrice, Marion et Ida, et Christine, puis Christophe, Bègue et Denis. Tout se met en place par étapes imprévisibles exactement comme la réalité qui n'est jamais ce qu'on imaginait qu'elle serait. J'ai lu régulièrement, comme d'habitude, puis une centaine de pages avant la fin je n'ai plus voulu interrompre la lecture. Je n'ai plus sauté un mot. Je n'ai pas voulu aller plus vite pour savoir, comme on retient son souffle ou détourne le regard sachant qu'il faudra bien... retenu jusqu'à la dernière ligne qui ne laisse aucune chance sans pour autant ne rien dire. La fin reste ouverte, elle est tragique. J'ai de la peine pour Ida, pas des larmes mais pourquoi pas... il faut un temps pour revenir dans le réel de la vie, la notre. Et si c'était vrai ?
Quatrième de couverture
Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques
hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille
Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis
des années.
On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion,
dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile,
des inconnus rôdent autour du hameau.
Critiques
Le Monde (un roman magistral, et exactement ce que j'en dirais) ; France Inter (tous n'ont pas aimé) ; France Culture (l'interview)
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