Une émotion qui nous porte au plus près de Victor Klemperer, courage de l'esprit au centre de ce livre.
Revoir pages : 76, 102, 116, 118, 151.
Quatrième de couverture
Être témoin : être sensible. En quel sens faut-il l’entendre ?
Dans
un procès, on ne demande au témoin que d’être précis, puisque ce sont
des faits qu'il s'agit de rendre compte. Mais celui qui décide de
témoigner contre vents et marées, sans que personne ne lui ait rien
demandé, se tient dans une position différente : il porte aussi en lui
l’exigence d’un partage de la sensibilité. Il considère implicitement
que ses émotions constituent en elles-mêmes des faits d’histoire, voire des gestes politiques.
C’est ce que montre une lecture du Journal de
Victor Klemperer tenu clandestinement entre 1933 et 1945 depuis la
ville de Dresde où il aura subi, comme Juif, tout l’enchaînement de
l’oppression nazie. Témoignage extraordinaire par sa précision, en
particulier dans l’analyse qu’y mena Klemperer — qui était philologue —
du fonctionnement totalitaire de la langue. Mais aussi par sa
sensibilité. Par son ouverture littéraire à la complexité des affects,
avec la position éthique — celle du partage — que cette sensibilité
supposait.
Entre la langue totalitaire, qui ne se prive jamais d’en appeler aux émotions sans partage, et l’écriture de ce Journal, ce sont donc deux positions que l’on voit ici s’affronter autour des faits d’affects. Combat politique lisible dans chaque repli, dans chaque inflexion de ce chef-d’œuvre d’écriture et de témoignage.
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