Je termine cette lecture dubitatif. La pensée de François Cheng me parait se heurter à une confiance et une foi qui ne permet pas la distance sur le monde que les méditations qu'il partage exigeraient. La beauté et le bon, la beauté et le vrai ont si peu à voir dès que l'une est rapportée à une émotion et l'autre à des valeurs. Mais la cohérence d'une pensée peut les associer intimement et cette association tient que l'on reste dans le champ de cette pensée. François Cheng a une foi et une culture, cette dernière est multiple et pourtant les méditations se referme sur une seule conviction. Conviction partagée de Platon à Proust, mais conviction intime parce que la beauté même partagée par les mots qui en témoigne reste une émotion d'un être singulier.
"La vraie beauté est conscience de la beauté et élan vers la beauté, elle suscite l’amour et enrichit notre conception de l’amour." (p.64)Quatrième de couverture
D’après Platon : "La beauté est la lumière des idées La beauté est la splendeur du vrai." (p.86)
D’après Proust : "La beauté ne doit pas être aimée pour elle-même : car elle est le fruit de la collaboration entre l’amour des choses et la pensée religieuse." (p.74)
« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais à cause de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Nous sommes donc convaincus qu'au contraire nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal, et de l'autre, la beauté ... Ce qui est en jeu, nous n'en doutons pas, n'est rien moins que l'avenir de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de la liberté humaine. »Confronté très jeune à ces deux « mystères » par la fréquentation de l'époustouflant site du mont Lu dans sa province natale d'une part, et par le terrible massacre de Nankin perpétré par l'armée japonaise de l'autre, François Cheng livre ses réflexions sur les questions existentielles les plus radicales. Ce faisant, il nous fait revisiter les moments phares de la culture d'Orient et d'Occident.Critiques
en panne...
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