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6 août 2022

De langue à langue

 Le sous-titre résume bien le livre : l'hospitalité de la traduction

Quatrième de couverture

Fort de sa triple culture – africaine, française et américaine –, Souleymane Bachir Diagne s’interroge sur la traduction dans ce texte engagé et humaniste, porteur d’une éthique.  

Si la traduction manifeste le plus souvent une relation de profonde inégalité entre langues dominantes et langues dominées, elle peut aussi être source de dialogue, d’échanges, de métissage, y compris dans des situations d’asymétrie, propres notamment à l’espace colonial, où l’interprète, de simple auxiliaire, devient un véritable médiateur culturel.

Faire l’éloge de la traduction, « la langue des langues », c’est célébrer le pluriel de celles-ci et leur égalité ; car traduire, c’est donner dans une langue hospitalité à ce qui a été pensé dans une autre, c’est créer de la réciprocité, de la rencontre, c’est faire humanité ensemble, c’est en quelque sorte imaginer une Babel heureuse.

Critiques

Nouvel obs (retient deux expressions)

France culture - podcast

22 octobre 2020

Soif


Trop proche des Monty Phyton quoi qu'avec quelques coups d’œil sur l'abîme de la pensée, le christ aperçu en surplomb depuis le zinc du bistrot. Amélie écrit comme elle parle et cède trop souvent à la facilité ("potacheries", écrit un critique -- d'accord). Je ne peux cependant m’empêcher de retenir quelques bonnes formules, preuves d'un esprit sain ? Ce texte est bourré de contrepieds, elle écrit comme elle parle et elle parle vite. Ce n'est pas un bon livre, mais il va me coller au cerveau. C'est peut-être le génie de Nothomb.

« Cette crucifixion est une bévue. Le projet de mon père consistait à montrer jusqu’où on pouvait aller par amour. (…) Pourquoi fais-tu cela ? Je te critique. Ai-je dit que je ne t’aimais pas ? Je t’en veux, je suis fâché contre toi. L’amour autorise de tels sentiments. Que sais-tu de l’amour ? C’est bien là le problème. Tu ne connais pas l’amour. L’amour est une histoire, il faut un corps pour la raconter. »

Quatrième de couverture

 « Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

Critiques

La Croix (c'est la moindre des choses, et ils ont apprécié) ; France Inter (C'est un livre écrit sur courant alternatif : tantôt c'est fort, tantôt c'est faible, tantôt c'est très fort, tantôt c'est très faible  -- oui, oui)

20 décembre 2019

Cinq méditations sur la beauté

Je termine cette lecture dubitatif. La pensée de François Cheng me parait se heurter à une confiance et une foi qui ne permet pas la distance sur le monde que les méditations qu'il partage exigeraient. La beauté et le bon, la beauté et le vrai ont si peu à voir dès que l'une est rapportée à une émotion et l'autre à des valeurs. Mais la cohérence d'une pensée peut les associer intimement et cette association tient que l'on reste dans le champ de cette pensée. François Cheng a une foi et une culture, cette dernière est multiple et pourtant les méditations se referme sur une seule conviction. Conviction partagée de Platon à Proust, mais conviction intime parce que la beauté même partagée par les mots qui en témoigne reste une émotion d'un être singulier.  
"La vraie beauté est conscience de la beauté et élan vers la beauté, elle suscite l’amour et enrichit notre conception de l’amour." (p.64)
D’après Platon : "La beauté est la lumière des idées La beauté est la splendeur du vrai." (p.86)
D’après Proust : "La beauté ne doit pas être aimée pour elle-même : car elle est le fruit de la collaboration entre l’amour des choses et la pensée religieuse." (p.74)
Quatrième de couverture
« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais à cause de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Nous sommes donc convaincus qu'au contraire nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal, et de l'autre, la beauté ... Ce qui est en jeu, nous n'en doutons pas, n'est rien moins que l'avenir de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de la liberté humaine. »Confronté très jeune à ces deux « mystères » par la fréquentation de l'époustouflant site du mont Lu dans sa province natale d'une part, et par le terrible massacre de Nankin perpétré par l'armée japonaise de l'autre, François Cheng livre ses réflexions sur les questions existentielles les plus radicales. Ce faisant, il nous fait revisiter les moments phares de la culture d'Orient et d'Occident.
Critiques
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