14 novembre 2015

Je cherche l'Italie

Retour vers le passé, j'écris cette note en février 2022, j'ai largement oublié ce livre ou, sur le moment même, je n'ai pas remarqué l'essentiel, sauf... Fra Angelico et cette touchante Annonce faite à Marie au sommet d'un escalier avant d'aller vers les cellules. Un lumière oblique et douce caressait la fresque. Émouvant, à cet instant j'étais très proche de Yannick Haenel. Ce souvenir m'est précieux.

Quatrième de couverture 

« Ce livre est le récit d'une expérience. J'ai vécu quatre ans à Florence, entre 2011 et 2014. Découverte éblouie d'une ville d'art, entièrement tournée vers ses fresques, ses sculptures, ses églises. Choc simultané de la crise, qui frappe avec violence les Italiens et dévaste leur culture.
En me consacrant à l'Annonciation de Fra Angelico ou au Déluge de Paolo Uccello, je redécouvre la passion politique.
Comment trouver une voie libre, un intervalle dans un monde ruiné?
Éclairage sur les naufrages de migrants à Lampedusa, hommage à saint François d'Assise, journal de lecture de Georges Bataille, ce livre est un récit initiatique : une aventure en temps de crise. » (Yannick Haenel)

Critiques 

Les Inrockuptibles (J'ai oublié que ce livre est politique)

 



8 mai 2015

Le bon gouvernement

Un livre dense et léger pour un sujet complexe et fondamental puisqu'il s'agit de rien moins que d'interroger ce que nous désignons sans vraiment y penser par démocratie ; le mot valise du café de la gare. Je n'ai rien noté au fil de la lecture, il faut étudier l'ouvrage. Mais j'ai retenu l'essentiel, je crois : la démocratie réduite à un clergé, des rites et une arithmétique est un mot vide de sens, ou plutôt une éponge qui peut prendre des sens différents et incomparables en allant jusqu'à l'oxymore de la démocratie autoritaire. Que faire : équilibrer le pouvoir non par des contre-pouvoir mais par des entités indépendantes, par nature apolitiques, qui contrôlent et évaluent. Nous avons déjà la cour des comptes, la CNIL ou le conseil constitutionnel. Mais il faut aller plus loin et que les comptes rendus de ces évaluations obligent non directement mais par la reprise par les entités représentatives (je ne sais plus si Rosanvallon a énoncé ce dernier principe, mais il vient naturellement de l'idée de ne pas créer de contre-pouvoir au sens ou il impliquerait une guerre). Il faudrait par ailleurs que le peuple, les citoyens électeurs, puisse avoir accès à une information sincère et véritable, et agir sur les choix et décisions par une voie délibérative ou consultative complémentaire des formes figées par les votes récurrents ; une majorité ce n'est que la moitié au moins des citoyens, et de fait beaucoup moins avec les abstentions. Les procédures démocratiques actuelles installent des souverains, la suite dépend de leur personnalité plus ou moins démocratique, ou plus ou moins autoritaire.

Quatrième de couverture
Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l’action des gouvernements n’obéit pas à des règles de transparence, d’exercice de la responsabilité, de réactivité ou d’écoute des citoyens clairement établies. D’où la spécificité du désarroi et de la colère de nos contemporains.
À l’âge d’une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif, Pierre Rosanvallon montre que le problème n’est plus seulement celui de la « crise de la représentation ». Il est devenu celui du mal-gouvernement. Or la théorie de la démocratie a jusqu’à présent fait l’impasse sur cette question des rapports entre gouvernés et gouvernants en se limitant à penser la représentation et l’élection. Il est donc urgent d’aller aujourd’hui plus loin pour comprendre les mécanismes de ce mal-gouvernement et déterminer les conditions d’une nouvelle révolution démocratique à accomplir.
Ce livre propose d’ordonner les aspirations et les réflexions qui s’expriment aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d’une démocratie d’exercice comme bon gouvernement.
Critiques
Le Monde (le désenchantement démocratique)

https://www.lairedu.fr/media/video/conference/le-bon-gouvernement/


29 juin 2014

Mourir de penser

Reprendre les notes, ouvrage foisonnant.

Quatrième de couverture

Le neuvième tome de Dernier Royaume est consacré à la pensée. Ainsi Pascal Quignard arrive au cœur de sa quête. Livre après livre, Dernier Royaume cherche à éprouver une autre façon de penser. Un mode de penser qui n’a rien à voir avec la philosophie. Une façon de s’attacher à la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Ce livre explore trois choses. Comment la pensée et la mort se touchent. Comment la pensée est proche de la mélancolie. Comment la pensée s’abrite auprès du traumatisme. Celui qui pense « compense » un très vieil abandon. Ce qui fait le fond de la pensée c’est la mère manquante.

De même que le rêve est un sens dont les images désordonnées, condensées, paradoxales, intuitionnent quelque chose qui a précédé le sommeil et qui fait retour en elles, de même la pensée est un sens qui use de mots écrits, retranscrits, retraduits, épluchés, étymologisés, néologisés, lesquels projettent des liens entre des silhouettes éparses, où on s’est jadis perdu.

Critiques

L'Humanité (ne pas se décourager)

15 mai 2014

L'art contemporain au-delà des idées reçues

A garder comme référence rapide, des réponses concrètes et simples sur l'art et les artistes contemporains, le fric (Koons bien sûr), le vide (mon gamin pourrait le faire), la galère (en vivre), le sens (est-ce une question), les musées et les ministères.

Quatrième de couverture
Gare Saint-Pancras à Londres, des nuages flottent au-dessus des trains… Et si c’était de l’art ? Chaque époque a connu son « art contemporain » que le public comprenait rarement. L’art des artistes vivants échappe en effet aux catégories admises, fait disparaître les repères et suscite interrogations et idées reçues : « Aujourd’hui, les artistes n’ont plus de savoir-faire », « C’est la mort de l’art ! », « Le marché de l’art surestime l’art contemporain », « L’art est réservé à une élite », « Il est impossible de prédire quels sont les artistes qui resteront »… Puisque, par nature, l’art contemporain est en train de se faire et ne peut se limiter à un état défini, ce livre donne au lecteur les clés pour apprécier et se forger sa propre opinion sur la création artistique d’aujourd’hui.
Critiques
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14 mai 2014

Le septième jour

Une histoire attachante, étrange et sensible. Je l'ai lue au première degré, fiction poétique, fantastique. Une lecture que j'ai aimée sans me douter à aucun instant de son sens voulu, celui d'une évocation de la vie du peuple chinois dans la Chine contemporaine.

Quatrième de couverture
Inspiré du mythe biblique de la création du monde, ce roman se déploie sur sept jours pendant lesquels dérive la mémoire du narrateur avant de lui offrir le repos des réponses espérées.
Yang Fei vient de mourir dans une explosion. Seul, extrêmement pauvre du temps de son vivant, il arrive sur l’autre rive sans pouvoir prétendre à la moindre sépulture.
Ainsi est-il condamné à errer là où certains semblent attendre, quand d’autres savent depuis toujours que misère et solitude les consignent à jamais dans ce paisible entre-deux. Déambulant en toute quiétude, Yang Fei croise des êtres depuis longtemps perdus, parvient à donner un sens aux incomplétudes de son existence sans jamais renoncer à l’idée de retrouver son père, ce cher vieillard qui une nuit s’échappa de leur logis en espérant ainsi adoucir leur si triste avenir.

Un roman d’une beauté prégnante où les êtres cheminent vers la douceur en convoquant pour mieux s’en déprendre leur vie de souffrances et d’offenses, dans une Chine d’aujourd’hui au pouvoir arrogant et brutal.
Critiques
La cause littéraire (exactement cela) ; Libération (interview, où l'on apprend le sens du roman)

13 mai 2014

L'innovation destructrice

Pas grand chose à retenir de cet "essai" que je trouve plutôt avoir le goût du pamphlet. Un ouvrage réactionnaire, arbitraire et de droite évidemment puisque d'elle il ne dit rien alors qu'il est tout contre de son opposé diamétral. J'ai prise quelques notes... sur l'art contemporain, il distingue les artistes authentiques et les autres. Passons, il n'y a rien à garder, ce livre est superficiel nourri par la seule colère.

Quatrième de couverture
" Il est temps de se faire une idée claire des raisons pour lesquelles le capitalisme, comme l'avait déjà compris l'un des plus grands économistes du xxe siècle, Joseph Schumpeter, nous voue de manière inéluctable à la logique perpétuelle de l'innovation pour l'innovation et, par là même, c'est tout un, à celle de la rupture, elle aussi incessante, avec toutes les formes d'héritage, de patrimoine et de tradition. Que mon lecteur accepte de me suivre un instant dans cette analyse et il comprendra vite combien elle est irremplaçable pour la compréhension du temps présent. " 
Critiques
Le Monde (où il n'est pas question de Luc Ferry) ; Les Échos (critique mise en sourdine mais perceptible)

11 mai 2014

Sentir le grisou

Je retouve quelques notes, en vrac :
- Qu'énonce celui qui affirme le beau sinon le témoignage de sa propre émotion. Fut-elle partagée, elle ne s’impose ni comme vérité ni comme évidence mais comme la réalisation d’une possibilité. Il n’en est pas autrement pour celui qui dénonce le laid. La question de la vérité, du juste, de la morale et toute autre ; elle ne doit pas se confondre.
- Le beau, le laid sont des catégories de l’affirmation de soi. Entre les deux la création ouvre des océans d’insignifiant, dresse des montagnes d’indifférence.
- Le beau et le laid sont des exceptions, lorsque l'un surgit l’autre n’est pas loin comme la face cachée de l’objet source des émotions.
- Éprouvé, prouvé, mettre à l’épreuve. L'émotion et la raison, il y a quelque chose à comprendre dans ce qui nous touche.
Il question, dans ce livre, de cinéma, de Pasolini. Je ne connais rien au cinéma et je ne connais pas Pasolini ; ou plutôt si, je connais ce mot comme valeur d'échange crâne dans les conversations d'une époque. Il fallait aimer Pasolini, je veux dire l'admirer. Le livre de Didi-Huberman est tout autre chose. Le beau, le laid, la mort et quelque chose de plus. L'horreur, peut-être, la vraie la tragique, pas celle qui fait peur, celle qui fait peine. Le cinéma poésie. Alors ce soir de sortie du confinement, je suis allé voir La rabbia.

Quatrième de couverture
L’artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu’alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques.
En ce sens pourrait-on dire qu’il « sent le grisou » de l’histoire. Mais comment sentir le grisou, ce gaz incolore et inodore ? Comment voir venir le temps ? Les mineurs, autrefois, utilisaient des oisillons en cage comme « devins » pour les coups de grisou : mauvais augure quand le plumage frémissait. Le frémissement des images ne pourrait-il pas, lui aussi, remplir cet office mystérieux ? C’est ce qu’on tente ici de suggérer à travers un libre commentaire de quelques images « remontées du fond de la mine » mais, surtout, de La rabbia, l’admirable film d’archives politico-poétique de Pier Paolo Pasolini.
Critiques
Cahier critique de poésie (apprécié)