8 mai 2015

Le bon gouvernement

Un livre dense et léger pour un sujet complexe et fondamental puisqu'il s'agit de rien moins que d'interroger ce que nous désignons sans vraiment y penser par démocratie ; le mot valise du café de la gare. Je n'ai rien noté au fil de la lecture, il faut étudier l'ouvrage. Mais j'ai retenu l'essentiel, je crois : la démocratie réduite à un clergé, des rites et une arithmétique est un mot vide de sens, ou plutôt une éponge qui peut prendre des sens différents et incomparables en allant jusqu'à l'oxymore de la démocratie autoritaire. Que faire : équilibrer le pouvoir non par des contre-pouvoir mais par des entités indépendantes, par nature apolitiques, qui contrôlent et évaluent. Nous avons déjà la cour des comptes, la CNIL ou le conseil constitutionnel. Mais il faut aller plus loin et que les comptes rendus de ces évaluations obligent non directement mais par la reprise par les entités représentatives (je ne sais plus si Rosanvallon a énoncé ce dernier principe, mais il vient naturellement de l'idée de ne pas créer de contre-pouvoir au sens ou il impliquerait une guerre). Il faudrait par ailleurs que le peuple, les citoyens électeurs, puisse avoir accès à une information sincère et véritable, et agir sur les choix et décisions par une voie délibérative ou consultative complémentaire des formes figées par les votes récurrents ; une majorité ce n'est que la moitié au moins des citoyens, et de fait beaucoup moins avec les abstentions. Les procédures démocratiques actuelles installent des souverains, la suite dépend de leur personnalité plus ou moins démocratique, ou plus ou moins autoritaire.

Quatrième de couverture
Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l’action des gouvernements n’obéit pas à des règles de transparence, d’exercice de la responsabilité, de réactivité ou d’écoute des citoyens clairement établies. D’où la spécificité du désarroi et de la colère de nos contemporains.
À l’âge d’une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif, Pierre Rosanvallon montre que le problème n’est plus seulement celui de la « crise de la représentation ». Il est devenu celui du mal-gouvernement. Or la théorie de la démocratie a jusqu’à présent fait l’impasse sur cette question des rapports entre gouvernés et gouvernants en se limitant à penser la représentation et l’élection. Il est donc urgent d’aller aujourd’hui plus loin pour comprendre les mécanismes de ce mal-gouvernement et déterminer les conditions d’une nouvelle révolution démocratique à accomplir.
Ce livre propose d’ordonner les aspirations et les réflexions qui s’expriment aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d’une démocratie d’exercice comme bon gouvernement.
Critiques
Le Monde (le désenchantement démocratique)

https://www.lairedu.fr/media/video/conference/le-bon-gouvernement/


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.