4 novembre 2018

Je suis Jeanne hébuterne

Après cela on déteste Modigliani et on se perd en conjecture sur ce que l'amour permet d'endurer.

Quatrième de couverture
Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste «  maudit  », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s’émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi. Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice - où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale –, ils bravent les bonnes mœurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie. 
Critiques
euh... rien trouvé...

Être ici est une splendeur

Lire une biographie de peintre, c'est lire comme un aveugle

Quatrième de couverture
Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907. 
Critiques
Télérama (la vérité du regard de la femme sur la femme qui peint la femme) ; Le Monde (chemin de l'écriture).

Critique du jugement

Lecture importante, nombreuses notes à reprendre

Quatrième de couverture
 Kant publie Kritik der Urteilskraft en pleine Terreur. Le « pouvoir d’évaluation » – la Beurteilung – plonge ses racines dans la « crainte du regard de l’autre ». Je ne juge plus rien. J’ai jugé pendant vingt-cinq ans (de 1969 à 1994). Puis je me suis désengagé de tous les gages que je recevais des institutions qui m’avaient jusque-là engagé. Alors je n’ai plus eu d’autres ressources que la vente de mes livres. Aussitôt j’ai perdu toute hiérarchie (de nature artisanale) à l’intérieur de ce que j’écrivais et j’ai égaré toute anticipation (plus thématique que technique) dans les lectures que je faisais. Tout à coup, je commençai une étrange vie qui avait totalement renoncé au jugement. On ne trouvera pas ici une critique de la presse, de la télévision, des jurys, des comités de lecture, des cours, des tribunaux, des enfers. On trouvera une critique du jugement.
Critiques
Le Monde (en peu de mots, exactement ce dont il est question, mais en jugeant un peu) ;

9 août 2018

Un si beau diplôme

C'est un récit dont elle aurait pu faire un roman. C'est un récit plus que de la littérature, il en vient un sentiment d'approximation du texte, de maladresse qui rapproche ; une forme assumée de familiarité. Encore une fois on ne trouvera pas les mots pour répondre, lui dire à quel point le colonialisme fait horreur jusque dans sa suffisance vis à vis de ceux qui migrent vers le pays du colon. C'est aussi l'histoire d'un volonté et d'une dignité qui ne se résout pas, protégée par la candeur et la force de l'indignation.

Quatrième de couverture
Comment sauver son enfant d’une mort certaine ? Faut-il, comme le croit le père de l’auteur, faire confiance à l’école afin qu’elle obtienne un «beau diplôme»? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le statut inviolable des «évolués».
C’est justement pour obtenir ce certificat que l’auteur sera obligée de prendre le chemin de l’exil. Elle passera de pays en pays, au Burundi, à Djibouti puis en France. Tantôt les chances que lui promettait ce précieux papier apparaissent comme une certitude, tantôt elles se volatilisent tel un mirage. Comme le lui avait dit son père, ce «beau diplôme» sera le talisman, toujours source d’énergie, qui lui permettra de surmonter désespérance, désillusions et déconvenues.
L’auteur revient ici à la veine autobiographique, avec ce style fluide, plein d’humour et de fantaisie qui rend passionnant le récit de ses souvenirs, si douloureux soient-ils parfois. 
Critiques
Télérama (maladroit et attachant) ; Jeune Afrique (biographie et témoignage)

La Punition

Un texte simple, dont la simplicité même et le dépouillement de l'écriture disent la vérité. Je ne peux m’empêcher de penser au témoignage de Primo Levi, bien sûr toute proportion gardée mais le fond est là, dangereux, tragique, aux confins de l'enfer dans lequel Primo Levi fut emporté.

Quatrième de couverture
La punition raconte le calvaire, celui de dix-neuf mois de détention, sous le règne de Hassan II, de quatre-vingt-quatorze étudiants punis pour avoir manifesté pacifiquement dans les rues des grandes villes du Maroc en mars 1965. Sous couvert de service militaire, ces jeunes gens se retrouvèrent quelques mois plus tard enfermés dans des casernes et prisonniers de gradés dévoués au général Oufkir qui leur firent subir vexations, humiliations, mauvais traitements, manœuvres militaires dangereuses sous les prétextes les plus absurdes. Jusqu’à ce que la préparation d’un coup d’État (celui de Skhirat le 10 juillet 1971) ne précipite leur libération sans explication.
Le narrateur de La punition est l’un d’eux. Il raconte au plus près ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses vingt ans, nourrirent sa conscience et le firent secrètement naître écrivain. 
Critiques
L'Express (bien sûr) ; Huffington post - Magreb (interview) ;


29 juin 2018

Poésie et photographie

 Lu en 2018, revoir les notes ou... relire

Quatrième de couverture

 C’est directement et parfois profondément que l’activité du photographe influe sur ce que la poésie cherche à être. Et, en retour, les poètes se doivent de comprendre en quoi cette activité consiste et même ne pas hésiter à exprimer des réserves, des inquiétudes ou d’ailleurs aussi leur approbation en présence des formes diverses et peut-être contradictoires que l’acte et les visées du photographe ont prises depuis le daguerréotype, puis Nadar préservant pour nous le regard de Nerval, de Marceline Desbordes-Valmore, de Baudelaire.
Ce petit essai s’attache à un des effets troublants de la première photographie, son introduction d’une pensée du non-être, si ce n’est pas du néant, dans l’univers des images. Mais aussi à un récit qui, de façon figurale, me semble avoir perçu cet effet et visité avec épouvante ses risques, l’extraordinaire La Nuit de Maupassant, une des œuvres hallucinées de ses dernières saisons conscientes.

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Trop tard...

23 mai 2018

Vallée des merveilles

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Quatrième de couverture
Il a des habitudes, quelques tics dont il garde le contrôle et, jusqu'à ce jour, il avait pour seule compagne la solitude. Milan vit dans une petite ville portuaire du Finistère. C'est en marchant le long du quai qu'il voit surgir une inconnue qui disparaît aussitôt après avoir déposé un baiser sur ses lèvres. Qui est cette femme ? Que cherche-t-elle ? Entre les bancs de nuages sombres à l'horizon se déversent des flots de lumière.
Milan lutte, il fulmine mais, à la longue, comment ignorer l'appel ? Un livre de Max Jacob ouvert au hasard l'encourage à partir pour Paris, à la recherche de l'inconnue. Il découvre qu'elle s'appelle Lynx, qu'il lui manque un doigt, qu'elle travaille à l'Hôtel-Dieu et qu'elle est aussi riche qu'il est pauvre. L'amour, né au bord de l'Atlantique, va les submerger et les guérir.
Mais, encore une fois, Lynx s'en va. Et il faudra à Milan toute la force de son amour pour la rejoindre dans la cité des morts et tenter de l'en ramener. Il y retrouve Max Jacob qui, dans la pénombre où il est englouti, lui sert une dernière fois de guide.
Ancré dans la réalité sensible, Vallée des merveilles ouvre la voie vers un univers auquel seuls l'imagination et l'amour donnent accès.

Née en Allemagne en 1964, vivant à Paris, Anne Weber écrit toujours deux versions - française et allemande - de ses livres. Au Seuil, elle a notamment publié Ida invente la poudre et Cerbère. En Allemagne, son dernier roman, sélectionné pour le prix de la Foire du Livre de Leipzig, a connu un grand succès. Également traductrice, elle a traduit en français le romancier Wilhelm Genazino et, en allemand, Pierre Michon et Georges Perros.
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