12 septembre 2019

Nocturnes

Kazuo Ishiguro

Note à rédiger

Quatrième de couverture
Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d’un appartement londonien à l’étage feutré d’un hôtel de Hollywood, voici des musiciens de rue, des stars déchues, tous en quête d’un nouveau mouvement à jouer. Si la musique demande des sacrifices, un saxophoniste doit-il accepter la chirurgie esthétique pour réussir? Faut-il qu’un crooner change d’existence pour retrouver le succès?

Kazuo Ishiguro alterne humour et mélancolie pour nous conter le destin de passionnés. Les thèmes évoqués sont éternels : l’amour, la musique, le combat de chacun pour conserver intact le charme de la vie quand les espoirs s’émoussent. 
Critiques

28 août 2019

Brève attaque du vif

François Meyronnis

Note à rédiger

Quatrième de couverture
Cela commence devant la statue de Balzac, au carrefour Vavin. Une étrange expérience ébranle le narrateur, Simon Malve. Une force le saisit, réduisant en miettes tous les cadres. De là une initiation à la liberté la plus absolue, qui comporte à un moment une visite au pays des ombres. Séjour chez les spectres, dans les profondeurs de Paris. La visée de ce voyage : traverser sa propre mort pour rejoindre ce qu'il y a de plus vif en soi. Cette expérience dantesque, chacun peut la faire. «Il faut que tu saches que cela se déroule maintenant. Rien ne te sépare de ce qui arrive», dit le texte. Pourquoi lire, en effet, sinon pour se confronter simultanément à une capture et à une délivrance? 
Critiques

27 août 2019

Petite poucette

Le verbe s'est fait chair, puis l'écriture, puis le libre, maintenant Internet... formidable confiance de Michel Serres. Le Monde de demain sera aussi différent que le fut celui d'hier sans le livre, sans l'écriture. Déplacement des compétences, déplacement des pouvoirs, évolution cognitive et politique. Nous n'en voyons que les premiers signes, ténus, hiératiques. Nous ne savons pas, nous ne pouvons imaginer. Étonnement, imaginer une révolution épistémologique qui substitue la procédure et l'algorithme au concept... qui modifie le rapport du particulier au général en les associant comme les deux faces d'une même réalité, en même temps universelles et singulières (l'image radio du genou remplaçant la planche d'anatomie, genou générique et singulier).

Quatrième de couverture
Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer.
Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions: le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi décisive, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né: Michel Serres le baptise «Petite Poucette» - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra la victoire de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
Ce livre propose à Petite Poucette une collaboration entre générations pour mettre en oeuvre cette utopie, seule réalité possible.
Critiques
Libération (un interview de 2011) ; skhole.fr (fable douteuse) ; Zone critique (à étudier)

23 août 2019

Ça raconte Sarah

Cela arrive parfois, une confidence fleuve que l'on ne parvient pas à endiguer, à interrompre. Une longue confidence qui vous lasse, mais on ne peut se dégager parce que l'on comprend que c'est grave et que ce qui importe est moins ce qui est dit que la possibilité donnée de le dire. Et puis, parfois c'est bien dit, avec sincérité et confiance, avec une belle façon de dire aussi. Alors on patiente, puis quand à faire, on écoute. On écoute puis on entend. On entend et on comprend l'exigence impérieuse de se confier, et l'on s'attache au texte jusqu'à cet instant de solitude. La confidence s'interrompt, ce n'est pas véritablement une fin, mais on reste dessus. Sur sa faim. Cela valait la peine d'être lu. Traversée de la tristesse après l'amour.

Quatrième de couverture
Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.
Critiques
Télérama (histoire d'un amour fou) ; Libération (tornade et non lieu)

22 août 2019

L'enfant d'Ingolstadt

Une lecture difficile qui exige de l'attention et une culture (que je n'ai pas), mais dont je ne sais me détacher. Faute de comprendre, j'apprends et je note...

"C’est ainsi que, comme le désir, le rêve, le fantasme, le fantôme, l’art est à  jamais figuratif. Tout le reste n’est que décoratif. Ornement, garniture, ameublement, habillage, séduction, joliesse, confort." (p.40)

"Il est vrai que des suites d’images ont précédé pendant des millénaires les langues dans les crânes des hommes de jadis." (p.50)

"Il est vrai que les rêves et la conscience se sont opposés progressivement comme l’avers et le revers d’une pièce métallique chez les hommes plus récents" (p.51)

"Dès sa naissance la peinture est un culte du perdu." (p.67)

"Comme tous les systèmes de signes, les arts sont plus assujettis à l’opposition linguistique qu’à l’évolution biologique, les formes artistiques n’évoluent pas. Elles se transforment en se défiant. Et plus encore  - en s’opposant - elles opposent leur opposition, haïssant le visage qui se reflète dans celui qui le précède. C’est sans fin. Mais ce « sans fin » est désorienté et non pas historique. Il est aoristique. L’art ne chemine nulle part et vert rien. Il se déchire sans fin." (p.67)

"Parce qu’on peut résumer le contenu du mot vérité comme un désir qui s’est convenu à l’intérieur d’une phratrie ou d’un gang, que sa production est un sacrifice, sa naissance un meurtre, son dessin pouvoir. Le signe de son ère une crucifixion. Ou encore une décapitation." (p.83)

Sans cesse, en croyant à la vérité, nous laissons passer et grandir la cruauté d’un Dieu. (p.109)

"On conserve dans la langue ce prénom de Renard et désormais « goupil » s’effaça comme une brume." (p.115)
pp. 122-3 … Deux pages à relire …
pp. 142–3 ... Idem
pp. 160–1 ... Idem

"Il écrivit que la lumière qui rayonnait dans le monde était l’ombre que faisait Dieu." (p.164)

p. 182 ... Idem, mais une seule...

"Ni collectif ni individuel ni biographique ni religieux ni culturel ni historique est le projet de l’art." (p.186)

"Voici mon théorème. Je pense que c’est le désir sexuel qui retient leur à l’intérieur de la figuration." (p.195)

"Quand la présence fascinante c’est exercée sur toute la surface de la toile, la toile est fascinée ; elle est transie, engourdie, achevée ; celui qui la voit n’en sort plus. Son silence est à couper au couteau." (p.215)

"Les formes qui précèdent réservent à chaque forme neuve accueil épouvantée." (p.219)

"Désirez une forme qui passe à l’état informe, ne pas être effarouché par la mort, quitter le groupe, accepter une vision neuve sont liés." (p.222)

"J’ai en vue, dans la genèse de l’image involontaire qui habite la perception, qui meut le voir, à mi-chemin du fantasme et du rêve, que je cherche à méditer, une espèce de point antéoriginaire." (p.228)
Quatrième de couverture
"Qu’est-ce que je cherche, tome après tome, dans Dernier Royaume ? Une autre façon de penser à la limite du rêve. Une façon de s’attacher au plus près de la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Quelle étrange falsification a lieu dans le rêve ? Dans le dessin qui naît sous les doigts ? Dans le langage qui gémit ? Dans la pensée qui hallucine ? Dans la musique même ? Quel est ce mystérieux fantôme ou appelant ?
Ce dixième tome de Dernier royaume n’a qu’un sujet : le faux qui fait le fond de l’âme. Le fond de l'âme hallucine. Le langage dédouble ses fantômes. Tous les arts élèvent des mondes faux. Même la dépression est un rêve.
L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu'il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l'éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d'aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent."
Critiques
Télérama (le faux dans l'art) ; La Croix (l'art et le faux, le coq et l'âne) ; Le Monde (la langue, leçon d'ignorance)

8 août 2019

Les solidarités mystérieuses

Pascal Quignard

Note à compléter

Quatrième de couverture
«Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé ainsi.» 
Critiques

21 juin 2019

Pas dupe

Un roman policier... ou peut-être autre chose. Le texte ne paie pas de mine, la lecture file sans effort. Il s'est passé quelque chose, il se passe des choses. Les indices s'accumulent sans donner de direction ferme. Puis, alors que l'on s'approche de la fin, on imagine l'impassable. Peut-être l'avait-on imaginé mais sans véritable conviction. Ainsi donc, c'est lui... excellent roman qui vaut une série noire -- une obscure clarté se substitue efficacement à la noirceur du roman policier.

Quatrième de couverture
On retrouve le corps de Tippi, la femme de monsieur Meyer parmi les débris de sa voiture au fond d'un ravin. L'inspecteur Costa enquête sur ce drame : accident ou piste criminelle ? Monsieur Meyer se plie aux interrogatoires de l'inspecteur, ce qui n'est pas de tout repos, d'autant qu'il n'est pas dupe.
Critiques
Le Monde (un faux air de Columbo) ; La Croix (il faudra que j'en lise d'autres)