15 décembre 2022

Leçons d'un siècle de vie

où l'on découvre l'homme, binational franco-espagnol par volonté de mémoire, l'homme émerveillé par l'état poétique, le regard sans concession mais bienveillant sur l'histoire : "raison ouverte et bienveillance aimante" (142)

Noter pages 55, 60, 62 ; relire 101 et suivantes

Quatrième de couverture

« Qu’il soit entendu que je ne donne de leçons à personne. J’essaie de tirer les leçons d’une expérience séculaire et séculière de vie, et je souhaite qu’elles soient utiles à chacun, non seulement pour s’interroger sur sa propre vie, mais aussi pour trouver sa propre Voie. »
E.M.

À 100 ans, Edgar Morin demeure préoccupé par les tourments de notre temps. Ce penseur humaniste a été témoin et acteur des errances et espoirs, crises et dérèglements de son siècle. Il nous transmet dans ce livre les enseignements tirés de son expérience centenaire de la complexité humaine.
Leçons d’un siècle de vie est une invitation à la lucidité et à la vigilance.

Critiques 

Réservées aux abonnés 



Avant, pendant et après le 11 janvier

L'essentiel de ce livre se trouve dans l'épilogue dont le texte est à l'épreuve du temps et des mémoires : le processus de francisation qui est au-delà des individus pour atteindre le cœur de ce qui fait nation dans notre pays (Edgard Morin) et l'appel à un examen (prise) de conscience de que ce qui a fait la France et donc la constitue est la part prise dans le roman national par les peuples des colonies (pour certains, des départements) (Patrick Singaïny).

Quatrième de couverture

« Nous avons tous été surpris, tous soudainement en extinction de voie, tous statufiés dans nos expressions de stupeur, tous figés dans le silence assourdissant de la déflagration causée par les attentats de janvier 2015. Tous, y compris nous, les intellectuels. Nous ne pouvons plus continuer à développer les mêmes idées-forces et nous ne pouvons plus écrire de la même façon après un si grand désarroi. Nos mots ne peuvent plus se draper dans le linceul de la seule certitude. Ceux que voici – les nôtres –, armes défensives et offensives comme l’aurait dit Picasso, sont avant tout un éloge à toutes les nuances et placent la complexité au cœur du cyclone d’où l’intellectuel est sommé de parler. C’est à partir d’elle – la nuance complexe – que vous y trouverez vos propres pistes de réflexion. Il ne suffit plus d’être indigné. » Edgar Morin et Patrick Singaïny, 11 février 2015.

Critiques 

 Libération (urgence : agir au-delà et malgré l'émotion) ; France Culture (entretien Hors champ, 16 novembre 2015)

11 décembre 2022

Chagrin d'école

De belles pages sur la violence scolaire et la lecture :

Ça fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire (p. 160)

Les deux derniers chapitres résument en une formule le problème fondamental de l'école : la collision entre le savoir et l'ignorance (p. 296)

Quatrième de couverture

Chagrin d'école, dans la lignée de Comme un roman, aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur.

Critiques 

Wikipédia (informations)

6 août 2022

Le jeune homme

Cette fois, je suis passé à coté, dépassé le seuil de la confidence. Je ne parviens pas à métaboliser ce livre, à me l'approprier assez pour en garder quelque chose. 

"De plus en plus, il me semblait que je pourrais entasser des images, des expériences, des années, sans plus rien ressentir d’autres que la répétition elle-même." (p. 36)

La difficulté que je ressens tient peut-être à cela.

Quatrième de couverture

En quelques pages, à la première personne, Annie Ernaux raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu’elle. Une expérience qui la fit redevenir, l’espace de plusieurs mois, la « fille scandaleuse » de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape décisive dans son écriture.
Ce texte est une clé pour lire l’œuvre d’Annie Ernaux — son rapport au temps et à l’écriture. 

Critiques

 Les Inrockuptibles (la pièce maitresse) ; Le Monde ()


 et puis cela, à réécouter :


Une sortie honorable

Les jeux du pouvoir sont comme les jeux vidéos dont chacun peut aujourd'hui faire l'expérience. La distance entre les décideurs et les exécutants est irréductible. Les un paient leurs erreurs d'un amour propre plus ou moins contrit, les autres paient leurs erreurs de leur vie. La vraie vie, pas une vie virtuelle. Mon père a fait la guerre d'Indochine, pas dans l'infanterie. Une chance.

Quatrième de couverture

La guerre d'Indochine est l'une des plus longues guerres modernes. Pourtant, dans nos manuels scolaires, elle existe à peine. Avec un sens redoutable de la narration, "Une sortie honorable" raconte comment, par un prodigieux renversement de l'histoire, deux des premières puissances du monde ont perdu contre un tout petit peuple, les Vietnamiens, et nous plonge au cœur de l'enchevêtrement d'intérêts qui conduira à la débâcle.

Critiques 

Le Monde () ; La croix (farce sinistre)


L'atelier noir

 Une nouvelle édition d'un ouvrage publié en 2012, il est dans ma bibliothèque, je l'avais oublié. Pourtant, j'avais noté plusieurs passages. Ma lecture est cette fois plus distante. Je réalise tout le travail d'arrière-cuisine, je ou elle, la lutte entre le fond et la forme. L'émotion palpable dans le texte des livres d'Annie Ernaux est le produit d'une construction très technique. Il y a donc autre chose que les confidences de l'atelier ne partagent pas. Cette nouvelle édition est augmentée du temps qui a passé.

Quatrième de couverture

"Tous les livres que j’ai écrits ont été précédés d’une phase, souvent très longue, de réflexions et d’interrogations, d’incertitudes et de directions abandonnées.
À partir de 1982, j’ai pris l’habitude de noter ce travail d’exploration sur des feuilles, avec des dates, et j’ai continué de le faire jusqu’à présent. C’est un journal de peine, de perpétuelle irrésolution entre des projets, entre des désirs. Une sorte d’atelier sans lumière et sans issue, dans lequel je tourne en rond à la recherche des outils, et des seuls, qui conviennent au livre que j’entrevois, au loin, dans la clarté."
A. E.

Parallèlement à ses romans, Annie Ernaux tient un journal d’avant-écriture ; une sorte de livre de fouilles, rédigé année après année, qui offre une incursion rare de « l’autre côté » de l’œuvre.
Plongé au cœur même de l’acte d’écrire, le lecteur devient témoin du long dialogue de l’autrice avec elle-même : la pensée taillée au couteau, des idées en vrac, des infinitifs en mouvement ; des associations de mots, de morceaux de temps, et de confidences.

Critiques

Google ne se souvient de rien...

Lettre d'amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre

Une jolie métaphore : la complexité de l'ètrumain tient à sa double nature, le réel et l'imaginaire. Il avance dans sa réflexion en mettant en regard les deux plans, un base indépendante pour l'écriture, en bon mathématicien, mais il faut mettre les points sur les i : ces deux dimensions sont intriquées, codéterminée. 

Il y a dans cette lettre quelque chose d'un peu vain parce qu'elle ignore, ou feint d'ignorer la complexité de l'ètrehumain qui est consubstantielle de son accès à la parole.

Quatrième de couverture

 «Pourquoi les humains sont-ils si bêtes? Pourquoi se laissent-ils traîner par le bout du nez? Les ânes ont de longues oreilles ridicules par lesquelles ils se font bêtement attraper, mais quand ils ne veulent pas avancer, rien ne peut les forcer à obéir.» Boualem Sansal adresse aux peuples et aux nations de la terre un manifeste athée, plein d'un humour féroce et rageur, pour les appeler à sortir de l'âge des dieux et à entrer dans celui des hommes. L'humanité doit trouver le moyen de résister aux forces qui la détruisent:les religions et leurs sempiternelles pénitences, l'argent tout-puissant, les passions guerrières, ou encore la malbouffe omniprésente sur la planète, symptômes indubitables d'un effondrement des civilisations.Après un rappel des errements et des crimes du passé, le grand écrivain algérien propose une «Constitution universelle» censée servir de base à la République mondiale qu'il appelle de ses vœux, qui fédérerait les peuples et les nations enfin libres.Il est temps, nous dit-il, de choisir la vie.

Critiques

L'express (interview)