10 octobre 2021

L'alchimiste

 Message à Brigitte

Quatrième de couverture

Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de ses rêves.
Merveilleux conte philosophique destiné à l’enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a déjà marqué une génération de lecteurs.. 

Critiques

Le temps (débat ou polémique ?) ; Libération (portrait)

C'était génial de vivre

Lu vite, avec le souffle retenu. J'oublie la biographie, elle impose le respect, pour retenir la vitalité, une leçon quelque fut son passé. Leçon plus forte encore en raison du passé, bien sûr.

Quatrième de couverture

Déportée à Auschwitz-Birkenau à quinze ans dans le même convoi que son amie Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens raconte sa vie dans un livre éblouissant, qui donne la force de surmonter les épreuves de la vie.

Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens étaient des « filles de Birkenau ». Les deux femmes étaient le yin et le yang, unies par la volonté de reconstruire et de vivre. Elles n’ont jamais cessé d’affirmer leur indépendance, leur engagement et leur liberté.

Marceline Loridan-Ivens s’est fait connaître sur le tard, grâce à deux livres co-écrits avec Judith Perrignon : le premier sur sa déportation et le second sur l’amour après les camps.

Ce livre est le récit écrit à partir d’entretiens réalisés en 2017 et 2018 par David Teboul (le documentariste et vidéaste qui a été le confident de Simone Veil et l’auteur de L’Aube à Birkenau, 130 000 ex. vendus) et l’avocate Isabelle Wekstein-Steg.

Marceline Loridan-Ivens raconte sa vie, son histoire familiale, le rêve de son père qui, sentant le danger, a cru protéger sa famille en achetant un château en Provence pendant l’Occupation. Son arrestation, la déportation à Auschwitz, les engagements d’après-guerre (la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et la Chine de Mao), le cinéma, et l’amour.

Un livre d’une vitalité inouïe, qui donne espoir. Un hymne à la vie, à l’engagement, à la joie et à l’amour.

Ceci est son dernier récit.

Critiques 

Charlie Hebdo (respect) ; Le Monde (ils n'en parlent pas ?)


28 août 2021

A son ombre

Touché et mal à l'aise, ému parfois, gêné souvent, pas par la fausse évidence d'un faux pas mais par la complaisance pour soi-même. Il y a quelque chose qui poisse, une indécence. Mais tant de vérité... au fond, ému souvent par l'aveu, gêné parfois par la confession. "La vie a plus d'imagination que nous" (140), il a une psy canalisante. Je me demande d'où vient mon agacement. De mon expérience si récente et des égarements de mon imagination à la recherche d'une issue, sûrement. Alors, ému ? Bénie soit la vérité. (91)


Quatrième de couverture

« Valérie morte à peine, je dévorais Kathleen et la nuit respirais son sommeil. Valérie morte, je pleurais en cachette et sans pudeur, dans la rue, dans des spasmes et des sanglots. Valérie morte, j’ai regardé Kathleen comme personne avant elle et j’ai cru que sans elle je partirais aussi. Valérie vivante, je la regardais comme jamais personne. J’ai reçu Valérie en ne doutant de rien. J’ai saisi Kathleen après avoir perdu, j’étais nu désormais. »
 
Un homme perd sa femme et en aime très vite une autre, plus jeune que lui de vingt ans. Il brusque son passé, ses grands enfants, sa nouvelle compagne, leurs petits garçons et tous autour de lui. Il se rend fou d’aimer une morte et une vivante, il ne se pardonne pas de vivre et d’avoir tant trahi, mais ne sait pas s’en empêcher. Il se détruit socialement et au travail. Provocateur, sarcastique, éperdu et trahi à son tour. Il espère le châtiment qui le terrifie. Il finit par admettre. Après dix ans, il écrit.
Claude Askolovitch, dans ces pages où tout est vrai, tendre, épuisant, inoubliable, parle de la mémoire des draps, d’un nom que l’on murmure et des baisers qu’on envoie à un fantôme, des photos du passé et des premiers pas dans une vieille maison. Il songe à son père dont la présence formidable lui manque, et à sa mère qui raconte aux lycéens son enfance déportée. Il évoque un homme fourbu qui se love pour dormir contre le corps ferme d’une femme qui lui échappe. Il parle des enfants qui chantent qu’ils ont le plus vieux des papas.

Critiques

Le Monde (ému) ; Le Point (ambigu et compassionnel)

7 août 2021

Ecrits intimes

 Sous-titre : quatre esquisses biographiques

 Le réel, c'est toujours autre chose. Clément Rosset aussi. Ces écrits posthumes me prennent à contre-esprit. Des récits plaisants pour leur humour et, si on veut en faire l'effort, pour la réflexion qu'ils peuvent susciter. Mais de Rosset point, à moins de trouver la clé... ou bien, le plaisir intime de l'écriture. Plaisir de la littérature. Le conte au lieu du texte philosophique, un plaisir intime qu'il importait de ne pas révéler avant. Avant la disparition.

Quatrième de couverture

Clément Rosset a voulu publier à titre posthume ce recueil de récits « intimes » où sa personnalité ne transparaît pourtant pas, mais plutôt quelques-unes de ses manies ou celles de ses proches, et surtout son humour.

Critiques

Le Square (c'est mon libraire) ; Le Monde (je lirai les entretiens)

La vengeance m'appartient

Un roman, plus accessible que les précédents. Des personnages et une histoire à hauteur de sentiments qu'ils soient d'horreur ou de tristesse ou de solitude. Il importe peu qu'il  y ait des clés -- des critiques s'en occupent -- ou un sujet -- d'autre le cherche et le manque. C'est une histoire dont chacun tirera quelque chose, même les bordelais. C'est une histoire impossible et proche, on peut en parler. Parlons-en...

Quatrième de couverture

 Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion.
Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce… Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

Critiques 

France Inter (beaucoup d'hésitations)

L'homme aux trois lettres

Plusieurs passages à retenir, à suivre

Quatrième de couverture

« Le tome VIII, Vie secrète, se consacrait à la question  "Qu'est-ce que l'amour ?" Le tome IX, Mourir de penser, était consacré à la question "Qu'est-ce que penser ?" Le tome X, L'Enfant d'Ingolstadt, posait la question "Qu'est-ce que la peinture ?"
Le tome XI de Dernier royaume, L'homme aux trois lettres, c'est mon "Qu'est-ce que la littérature ?"
 
C’est ainsi que Pascal Quignard présente ce nouveau tome de Dernier Royaume. Il se pose la question de l’art auquel il a consacré toute sa vie.
Dans la forme « océanique » qui caractérise ces volumes, il explique le bonheur qu’il a retiré de cette passion qui ne s’est jamais démentie.
«  Jaime les livres. J’aime leur monde. J’aime être dans la nuée que chacun d’eux forme, qui s’élève, qui s’étire. J’éprouve de l’excitation à en retrouver le poids léger et le volume à l’intérieur de la paume. J’aime vieillir dans le silence, dans la longue phrase qui passe sous les yeux ».
Cette déclaration ouvre le nouveau merveilleux opus de Pascal Quignard, sans doute le plus autobiographique.

Critiques

 Ouest-France (Mais si, j'aime Quignard) ; 

Marina A

Synthèse ?

"Nos ciels gris ressemblaient à de la neige sale. C’était comme si le jour, découragé à l’avance de se lever, y avait renoncé. Et le soleil avec lui. Dehors, l’air sentait la bougie soufflée." (p.106)

Le ciel de l'auteur était gris, pour se repérer pourquoi pas suivre l'odeur d'une bougie soufflée. Au bout de la quête, une lumière ou un doigt brulé. Je n'ai eu d'yeux que pour Marina, pas vu Paul Gachet. Transparent, il fallait juste passer quelques pages pour s'en tenir à l'essentiel : A.  Ci-contre, le portrait de P. G. par van Gogh. Le regard perdu.

Quatrième de couverture

 À l’approche de Noël 2018, le docteur Paul Gachet emmène sa femme et sa fille à la découverte de Florence. Alors qu’il brûle de leur faire découvrir les Botticelli, les charmes de la vieille ville et du fleuve Arno, leur séjour est perturbé par l’apparition d’une performeuse serbe, Marina Abramovic, à travers les rues de la cité jusqu’aux salles du Palazzo Strozzi. Qui est cette femme soudain omniprésente qui bouleverse tous les repères de Paul Gachet et des siens, malmenant son propre corps pour parler à une humanité sourde et défaillante ?
Chirurgien-orthopédiste, Paul Gachet répugne aux mutilations de l’artiste. Mais il est malgré lui envoûté par son univers qui, s’éloignant peu à peu d’une violence gratuite en apparence, exprime une recherche d’harmonie avec l’autre, en particulier avec son compagnon Ulay qu’elle enlace à l’étouffer avant de nouer sa chevelure à la sienne ou d’exposer son cœur à la flèche de son arc.
Deux ans après cette apparition florentine, Paul Gachet tombe par hasard sur une photo ancienne de Marina A et d’Ulay intitulée L’impossible rapprochement. Prise en 1983 à Bangkok, elle montre deux êtres qui voudraient se toucher mais en sont mystérieusement empêchés et doivent rester à distance l’un de l’autre. Alors qu’éclate la pandémie planétaire, Paul Gachet comprend que les manifestations de cet art étaient une forme d’alerte dont il saisit enfin toute l’importance. Une incitation à protéger l’autre, à refonder nos sociétés sur ces deux petits mots : « après vous ».

Critiques 

France inter (très juste, il y a deux sujets, l'autre échappe)