Touché et mal à l'aise, ému parfois, gêné souvent, pas par la fausse évidence d'un faux pas mais par la complaisance pour soi-même. Il y a quelque chose qui poisse, une indécence. Mais tant de vérité... au fond, ému souvent par l'aveu, gêné parfois par la confession. "La vie a plus d'imagination que nous" (140), il a une psy canalisante. Je me demande d'où vient mon agacement. De mon expérience si récente et des égarements de mon imagination à la recherche d'une issue, sûrement. Alors, ému ? Bénie soit la vérité. (91)
Quatrième de couverture
« Valérie morte à peine, je dévorais Kathleen et la nuit respirais
son sommeil. Valérie morte, je pleurais en cachette et sans pudeur, dans
la rue, dans des spasmes et des sanglots. Valérie morte, j’ai regardé
Kathleen comme personne avant elle et j’ai cru que sans elle je
partirais aussi. Valérie vivante, je la regardais comme jamais personne.
J’ai reçu Valérie en ne doutant de rien. J’ai saisi Kathleen après
avoir perdu, j’étais nu désormais. »
Un homme perd sa
femme et en aime très vite une autre, plus jeune que lui de vingt ans.
Il brusque son passé, ses grands enfants, sa nouvelle compagne, leurs
petits garçons et tous autour de lui. Il se rend fou d’aimer une morte
et une vivante, il ne se pardonne pas de vivre et d’avoir tant trahi,
mais ne sait pas s’en empêcher. Il se détruit socialement et au travail.
Provocateur, sarcastique, éperdu et trahi à son tour. Il espère le
châtiment qui le terrifie. Il finit par admettre. Après dix ans, il
écrit.
Claude Askolovitch, dans ces pages où tout est vrai, tendre,
épuisant, inoubliable, parle de la mémoire des draps, d’un nom que l’on
murmure et des baisers qu’on envoie à un fantôme, des photos du passé et
des premiers pas dans une vieille maison. Il songe à son père dont la
présence formidable lui manque, et à sa mère qui raconte aux lycéens son
enfance déportée. Il évoque un homme fourbu qui se love pour dormir
contre le corps ferme d’une femme qui lui échappe. Il parle des enfants
qui chantent qu’ils ont le plus vieux des papas.
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