20 septembre 2019

La traversée des catastrophes

Pierre Zaoui

Note à rédiger

Quatrième de couverture
"Une traversée des catastrophes est d'abord une traversée des apparences. On y apprend à se défaire des clichés sur soi-même et sur les autres qui volent en éclats sous le choc des catastrophes : la maladie, la mort, la perte, les fêlures, même l'amour et le bonheur changent radicalement de sens et de valeur. Mais une traversée des catastrophes exhibe aussi, sous toutes les vanités de l'immédiat, le noyau dur de la vie. Ce qui apprend, non à nous détourner de la mort pour méditer la vie seule, mais à dire encore la vie face à la mort. La vérité des catastrophes n'est pas que l'abîme et le néant, c'est aussi bien un vitalisme renouvelé, qui ne recule plus devant le plus bas, le plus douloureux ou le plus commun puisqu'il comprend enfin que ce n'est là rien d'autre que la vie même - pas la vie éperdue, pas la vraie vie, mais la vie tout court. Finalement, c'est admettre que rien en ces affaires ne se traverse, ni ne se comprend complètement. C'est reconnaître qu'il y a toujours encore un pas à faire, parfois rapide parfois lent, par-delà toute joie et toute tristesse. Quand on est croyant, ce pourrait être une somptueuse dialectique de la dureté et de l'espérance. Quand on est athée, il ne peut s'agir que d'un manuel de  surivie. Ici, il s'agit plutôt d'un manuel de survie."
Critiques

Sortir du noir

Note sur un livre lu il y a très longtemps, je le reprends au moment de ranger ma bibliothèque.

Quatrième de couverture
« … il crée de toutes pièces, à contre –courant du monde et de sa cruauté, une situation dans laquelle un enfant existe, fût-il déjà mort. Pour que nous-mêmes sortions du noir de cette atroce histoire, de ce “ trou noir ” de l’histoire. »

Ce texte de Georges Didi-Huberman est une longue lettre au réalisateur László Nemes dont le film, Le Fils de Saul, grand prix du Festival de Cannes, sortira en salle le 4 novembre. [2015]
Critiques 
Critique d'art (il faudrait voir le film) ; Télérama ()

Tehila

Le texte est court, abscons pour qui n'a pas de culture ou de connaissance de la religiosité juive et des textes. Un peu long sur une bonne moitié, puis les choses changent lorsque Tili devient Tehila. Je ne comprends pas mieux mais je perçois quelque chose : l'histoire tragique et misérable de ce mensonge oublié, enseveli par la vie qui resurgit alors que la mort approche. Il faut se nettoyer, s'en débarrasser, ce n'est pas une question de morale ni de religion, juste le besoin de paix avec soi-même. Drame ou tristesse, culpabilité vive ou légère tel n'est pas la question, culpabilité simplement dont il faut se libérer pour être libre, vraiment, avant de finir. En arrière plan la guerre avec l'autre qui n'est autre que soi-même. Persécutés, des juifs peuvent persécuter d'autres juif, les honnir, les bannir.
L'autre moitié du volume est consacré à une étude du texte trop sérieuse et académique, tant qu'elle me parait ne pas éclairer le lecteur, en tout cas pas le lecteur non académique ou orthodoxe.
Ce texte touche à l'universel.
Mais Le Livre aussi, n'est-ce pas, et Tehila renvoie aux psaumes de David.

Quatrième de couverture
«Il y avait une vieille à Jérusalem. Une magnifique vieille comme vous n’en avez pas vue de toute votre vie. Elle était vertueuse et elle était sage, elle était gracieuse, et modeste aussi. Ses yeux n’étaient que bonté et compassion, et les rides de son visage, toutes de bénédiction et de paix.»
Tehila est âgée de 104 ans lorsque le narrateur, lui-même écrivain, fait sa connaissance au cœur de la vieille ville de Jérusalem. Immédiatement ébloui, il nous raconte la bienveillance de cette femme, son extrême générosité ainsi que son passé tragique. Un jour, alors que Tehila lui demande de rédiger une lettre à l’attention d’un certain Shraga, elle lui conte son enfance en Europe et ses fiançailles rompues par son père. Elle décrit les années de malédiction qui s’ensuivirent et qui menèrent ses deux fils à la mort avant de faire sombrer sa fille dans la folie. Depuis, Tehila consacre sa vie à l’étude des psaumes et aux autres, mais elle ne peut se résigner à s’éteindre avant d’avoir adressé quelques mots d’excuse à celui qui aurait dû être son mari, Shraga.
Ce court roman est l’un des textes les plus émouvants de S. J. Agnon, un texte fondateur aux innombrables perspectives. Tehila est un livre sur les différents courants du judaïsme autant qu’un poème dédié à Jérusalem, c’est un texte sur le malheur et un récit sur la sagesse à la fois. Tehila est enfin un merveilleux hymne à la beauté des femmes qui, par-delà-même la mort, rayonne dans l’œuvre du grand écrivain israélien. 
Critiques
pas d'archives, des thèses peut-être, y revenir ?

La fête enchantée

Une lecture ancienne (1999), maintenant que je connais un peu le Mexique j'y reviendrai peut-être.

Quatrième de couverture
La fête chantée est un important recueil de textes écrits par Le Clézio autour de sa fascination pour les peuples indiens. Les textes historiques, les récits de mythes s'y mêlent au reportage et aux fragments autobiographiques ; ces écrits ont pour point commun l'admiration et l'amour que l'auteur n'a cessé de ressentir, depuis la première rencontre, pour les anciennes sociétés amérindiennes et leurs survivants contemporains, rescapés du génocide : leur sens de l'harmonie, leur respect des lois naturelles, leur puissance dans l'imaginaire et leur modestie dans le savoir.
Le texte qui donne son titre au recueil raconte en particulier, dans une prose superbe, la découverte initiatique par Le Clézio de la culture indienne et du bouleversement qui s'ensuivit dans son existence.
«Alors je vivais dans des maisons belles comme des palais, maisons vastes, arrondies, construites à l'orée des fleuves sur des pilotis, selon le plan simple et génial du parapluie, un tronc d'arbre central, pas de murs extérieurs, et un immense toit de feuilles qui abrite de la pluie, du brouillard du matin et du soleil violent de midi. Les sols étaient particulièrement beaux, faits d'une variété de bambou noir, brillant et élastique, frais dans le jour, doux la nuit.» 
Critiques
Google n'en retrouve pas la trace...

15 septembre 2019

Soumission

Écrit au présent parce que c'est d'aujourd'hui dont il s'agit.Un roman aux allures de récit d'actualité dont on fait toute une histoire. Étonnant ce récit où finalement il ne se passe rien n'était le nom du parti qui parvient au pouvoir et les bouleversements qui suivent notés comme des anecdotes rapidement balayées par des rêves de grandeur qui portent le nom d'Eurabia. Le texte et l'histoire avancent sans relief mais sans ennui, et ils se terminent sans véritable surprise ; on n'a même pas peur ! alors qu'au fond il s'agit de donner une réalité à la grande peur du moment.

Quatrième de couverture
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.
Critiques
Télérama (désanchanté) ; Libération (polémique)





14 septembre 2019

Un pas de chat sauvage

Pas d'avertissement sur la couverture ni sur la première, alors je n'ai pas su ce que je lisais : un témoignage, une récit autobiographique, une idée nourrie d'un évènement dont Marie NDiaye aurait imaginé le développement. Je n'ai pas compris non plus l'intérêt, hors le témoignage de ce que fut le regard du XIX° sur les noirs, sur les femmes noires en particulier. Ou peut-être ce récit dit que ce regard, au fond, n'a pas changé ou plutôt que sa possibilité est latente. Je crois en effet  que nous ne sommes pas parvenus à éradiquer le risque de réaction compulsive face à la différence qu'elle soit physique, intellectuelle ou culturelle ; une réaction violente de rejet.

Quatrième de couverture
Maria «l'Antillaise » pose, le regard lointain, pour le photographe Nadar dans les années 1860. Maria Martinez, «la Malibran noire », artiste originaire de La Havane, connaît le succès sur la scène parisienne dans les années 1850 avec le soutien inconditionnel de Théophile Gautier. Malgré les nombreux points communs qui les rapprochent, on ne peut affirmer qu'il s'agit d'une seule et même «Maria ». La narratrice en est néanmoins persuadée.
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Le point (c'est une nouvelle)

12 septembre 2019

Nocturnes

Kazuo Ishiguro

Note à rédiger

Quatrième de couverture
Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d’un appartement londonien à l’étage feutré d’un hôtel de Hollywood, voici des musiciens de rue, des stars déchues, tous en quête d’un nouveau mouvement à jouer. Si la musique demande des sacrifices, un saxophoniste doit-il accepter la chirurgie esthétique pour réussir? Faut-il qu’un crooner change d’existence pour retrouver le succès?

Kazuo Ishiguro alterne humour et mélancolie pour nous conter le destin de passionnés. Les thèmes évoqués sont éternels : l’amour, la musique, le combat de chacun pour conserver intact le charme de la vie quand les espoirs s’émoussent. 
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