23 mai 2018

Ostinato

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Présentation (Universalis)
Après un silence éditorial de près de dix ans, à peine interrompu par la publication en revue (N.R.F., L'Ire des vents) ou chez de petits éditeurs (Fata Morgana, Le Temps qu'il fait) de fragments sous le titre d'Ostinato, Louis-René des Forêts s'est résolu à réunir certains de ces éléments sous forme de livre (Ostinato, Mercure de France, 1997), dans une version qu'il s'obstinait à déclarer provisoire : « Mettre le point final à l'inachevable n'est pas affaire de volonté, mais fonction dévolue à la mort. » Né en 1918, il sait alors que le moment ultime est proche, mais il ne renonce pas à se laisser emporter par le surgissement de « voix bonnes mauvaises conseillères », par la continuité du rythme et le mouvement capricieux du hasard, moteurs essentiels de son travail littéraire.

Sa tentative pour décrire son univers – « l'univers n'a de présence réelle, écrit-il, que pour qui s'en fait humblement l'écho » – et pour brosser par touches denses et retenues son autoportrait est placée sous le signe de la figure musicale baroque de l'ostinato, répétition d'une même formule rythmique qui soutient à la basse la progression de l'œuvre. L'auteur poursuit son avancée dans le monde des mots « aussi obstinément qu'en vain », en quête d'un rythme correspondant à sa respiration naturelle, avec parfois une rupture, une « dissonance qui traduise ou souligne les mouvements contradictoires de l'être, la discontinuité de son parcours » (« Des Forêts, La forme trompeuse d'un livre », propos recueillis par Patrick Kéchichian, Le Monde, 14 févr. 1997). Le texte acquiert ainsi le même pouvoir d'efficacité immédiate que la musique, cet art que Louis-René des Forêts a pratiqué dans sa jeunesse et dont il garde la nostalgie, comme du seul « lieu ou la pensée respire » et qui fait parfois régner une « ineffable beauté » (L.-R. des Forêts, Voies et détours de la fiction, Fata Morgana, 1985).

Ce livre est comme une succession de chants – au sens où Dante, cité en exergue, entendait ce mot – en [...]
Critiques

Les éclairs

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Quatrième de couverture
Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit. Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler. Pour le distraire et l’occuper, ne lui resteront que la compagnie des éclairs et le théâtre des oiseaux.
Fiction sans scrupules biographiques, ce roman utilise cependant la destinée de l'ingénieur Nikola Tesla (1856-1943) et les récits qui en ont été faits. Avec lui s’achève, après Ravel et Courir, une suite de trois vies.
Critiques

22 mai 2018

Aperçues

Lu en 2018 --
Surprise de découvrir un journal, pas tout à fait, plutôt une sorte de blog de papier, suite de réflexion sur le regard, l'art, les autres et l'artiste, l'écriture, l'écriture sur l'art. Un livre "dans" lequel je reviendrai. De cette première lecture je retiens des citations, matière à penser.

A relire sans tarder : « au point de vue de la servante » (p.113 sqq) et « où passe les frontières » (p.128 sqq). Repenser cette réflexion que je ne comprends plus mais a dû me paraitre évidente à l'époque : l’objectivité ne pas besoin de penser le sujet, l'art ne le peut sauf à plaire, il va au cœur d’un singulier universel être l’autre (peut être en relation avec la page 264). Et deux néologismes qui me sont venus à l'esprit : regardoir, regardement, ce dernier existe en fait (relire p.75 sqq)
"Sans doute Merleau-Ponty réduit-il encore les choses en faisant de toute peinture, comme par définition, ce qu’on pourrait nommer phénoménographe. Mais l’ultime verbe qu’il emploie me reste infiniment précieux : il y a bien une relation d’appel entre le style – poétique, ou pictural, ou même musicale – et les formes d’être singulières qui traversent nos vies. L'appel ne fait pas les signes. Il se contente de faire signe. La relation survient, ne s’établit pas. La distance, elle, est toujours là pour nous inciter à la modestie devant l’apparaître des phénomènes." (p.34)

"Il faudrait que la pensée du philosophe sache répondre aux œuvres de l'art, comme un geste répond à l’autre, comme un regard répond à l’autre, comme une caresse répond à l’autre, et par cette réponse se modifie, se déconstruit, s’ouvre tout à coup : s'élève avec la pensée-pas du danseur, s'envole avec la pensée-souffle du chanteur, s'involue avec la pensée-geste du dessinateur – pensées qui, bien sûr, ne s’arrêteront jamais à un seul organe puisqu’elles s'incarne et se formule esthétiquement à travers le rythme de notre chair entière, vivante et pensante." (p.56)

"L’image appelle le sensible, mais le sensible implique le corps, le corps s’agite de gestes, les gestes véhiculent des émotions, les émotions ne vont pas sans inconscient, et l’inconscient lui-même suppose un nœud de temps psychique, de sorte que c’est toute la modélisation du temps et de l’histoire elle-même, y compris politique, qu’une seule image peut remettre en jeu ou en question." (p.66)

"Il s’agit d’une parenthèse : l’émotion « est impliquée dans » l’image, les deux étant faites pour que l’une soit le médium de l’autre, et pour que, dès qu’elles apparaissent, elle soit inséparable." (p.67)

"De même, rien n’aura été plus rouge à mes yeux que le sang du bœuf égorgé en gros plan dans La Grève de Eisenstein, parce que j’ai su, à ce moment, que l’image ne me mentait pas sur la mort de l’animal." (p.88)

"Écrire, comme regarder, ne relève pas d’un savoir-faire, même si cela demande beaucoup de travail. Si tu as un faire qui met à chaque instant le savoir en question, c’est un savoir qui met à chaque instant le faire en question. Il faut, certes, continuez de décrire. Mais il faut que cette description devienne écriture et non pas un simple état des lieux." (p.112)

"C’est exactement ce genre d’œuvre qui donne l’envie d’écrire la plus pure, la plus simple : marquer par des mots ce que l’on consent, que l’on reçoit, que l’on est touché, que grâce à ces images on regarde différemment." (p.136 - à propos d'un film)
"En revanche, un abyme – mots qui ne se trouve pas dans les dictionnaire courants, sans doute parce qu’il n’est qu’une reprise de l’orthographe ancienne du mot précédent [abîme] – désigne en particulier, dans le vocabulaire de l’héraldique, le point central de l’écu ; ce qui aura fourni à André Gide l’idée de parler d’une mise en abyme pour désigner un procédé artistique ou littéraire de répétition au miroir allant toujours vers le « centre » ou vers le « fond » de l’image [...]" (p.166 -- suit la vache qui rit)

"L’une des raisons qui poussent les poètes à employer des mots archaïque, c’est qu’ils sont nouveaux du simple fait de leur vieillissement." (p.184)

"Première façon : atchoum ! Tu éternue en crachant vers moi une myriade de postillons. À cela je réponds poliment, comme on me la, depuis toujours, appris, et quelque soit ma crainte d’attraper ton rhume : à tes souhaits ! Si tu avais toussé, par exemple, je n’aurais rien dit. Pourquoi ?" (p.217)

"Regardez, bien sûr, fut d’abord de ne pas reconnaître et ne pas connaître ce que je voyez : il aura fallu, chaque fois, réinventé un langage, construire ses gémissements – écrire, donc – pour faire du regard une occasion de connaissances. Écrire serait donner une forme à cet abord –  ni saisie exhaustive, ni savoir absolu – des choses." (p.257)

"Il faudrait savoir mettre en œuvre la teneur autobiographique de toute pensée, de toute connaissance, mais sans que le Moi devienne centre fasciné par soi-même." (p.260)

Citation de Malraux, musée imaginaire de la sculpture mondiale : « j’ai tenté d'y réunir les sculptures qui me touchent directement, afin de préciser ce qui les unissait. [...] »  (p.264)

"Devant ce tableau je me dis, une fois de plus, que ce serait tout perdre que de penser à séparer « le fond » et « la figure »." (p.305)
Quatrième de couverture
Choses vues, non, pas même vues jusqu’au bout. Choses simplement entrevues, aperçues. Êtres qui passent, souvent au féminin pluriel, comme la Béatrice de Dante, Laura de Pétrarque, la « nymphe » d’Aby Warburg, la Gradiva de Jensen et de Freud ou la « passante » anonyme des rues parisiennes selon Charles Baudelaire. Créatures ou simples formes qui surgissent ou qui tombent. Instants de surprise, ou d’admiration, ou de désir, ou de volupté, ou d’inquiétude, ou de rire. Impressions enfantines, deuils. Colères aussi. Réflexions esquissées. Instants critiques. Ou descriptions, tout simplement.
Phraser le passage des aperçues ? Comme un recueil de circonstances, de visions en bribes, d’émotions inattendues, de pensées qui s’inventent devant des choses ou des êtres apparaissants, apparus et, très vite, disparaissants, disparus. Une phénoménologie, une poétique, une érotique du regard s’esquissent. Tout cela devenu, sans crier gare, un journal sans continuité, un ensemble de récits sans personnages bien définis, un autoportrait sans visage unique.
Remonter ce journal en désordre. Découvrir, alors, qu’il était fait d’occasions (où les temps passent vite), de blessures (où les temps frappent fort), de survivances (où les temps reviennent toujours) et de désirs (où les temps adviennent pour un futur entraperçu).
Critiques
Le Monde (pour comprendre)

9 mai 2018

Notre histoire intellectuelle et politique 1968-2018

J'ai pensé, magie du "nous", que je retrouverai dans ce livre un peu de ce que j'ai traversé au cours de ces mêmes années (Rosanvallon est né en janvier 1948). C'est le cas, mais de très loin. Ce qui, dans ce livre, est dédié à la mémoire partagée m'a plongé dans une sorte de mélancolie. Je serai donc passé à coté de mon temps, un peu comme les droites de l'enveloppe qui effleure ce qu'elle engendrent parce qu'après tout j'ai participé, mais sans comprendre ni savoir. J'ai rêvé au fil de la lecture, admirateur du fantôme d'un possible, de ce qu'aurait pu être une éducation intellectuelle. Pour le reste, j'ai retrouvé le Rosanvallon qui offre l'espérance d'une autre gauche (libéralisme contre autogestion), d'une autre démocratie (comme problème à résoudre).
Quelques citations :
"Cette approche radicale des tâches de la poésie suggère bien qu'elle est le laboratoire de la langue et des émotions et que sa lecture est une des modalités les plus fortes de l’expérience humaine, en augmentant la présence au monde et en offrant simultanément aux femmes et aux hommes une capacité accrue de résistance à l’œuvre des ténèbres." (p.10)

"L’universitaire est le spécialiste d’un domaine spécifique et d’une discipline particulière. L’idéologue, quant à lui, est un rédacteur de catéchismes, un fabricant de mots d’ordre, un fournisseur d’arguments chocs pour la polémique. Cette idéologue a, dans tous les cas, un rapport élastique à la notion de vérité. L’intellectuel, lui, doit se distinguer de ces deux figures. On peut le définir comme celui qui cherche à donner un langage à ce que vivent et ressentent les gens et qui, en même temps, essaie de rendre intelligible le monde pour donner à ceux-ci la capacité de le décrypter et d'y agir de façon autonome." (p.52)

"C’est en effet presque fonctionnellement que l’on demande à un « bon universitaire » de se spécialiser, c’est-à-dire en fait de progresser dans une seule direction, en ne se renouvelant que sous la forme d’une répétition améliorée, selon des séquences et des rythmes plus ou moins marqués–certaines existences se résumant même à une seule séquence. C’est sur ce mode insidieux que le système universitaire peut insensiblement contribuer à un affadissement de la vie intellectuelle. Car le travail n’est plus alors guidé par des questions ; il se réduit à la gestion d’un domaine." (p.148)

"C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me persuader que les idées ne peuvent être fortes, c’est-à-dire productrices d'effets, que si elles existent de façon autonome, valant pour elles-mêmes, avec leur puissance intrinsèque ; si elles deviennent des forces matérielles qui s’imposent dans les têtes, en un mot." (p.177)

"Le néolibéralisme est simultanément déploré en général et intériorisé dans nombre de ses rouages effectifs. C’est dans le silence des arbitrages et des consentements quotidiens que se dit ainsi la vérité d’une société. Un projet d’émancipation doit donc pour cela aller de pair avec un exercice de lucidité et de cohérence." (p.380)
Quatrième de couverture
Comment les enthousiasmes de Mai 68 ont-ils cédé le pas au désarroi des années 1980 et 1990 puis au fatalisme qui, depuis les années 2000, barre notre horizon politique et intellectuel ? Pourquoi la gauche s’est-elle enlisée dans un réalisme d’impuissance ou dans des radicalités de posture, au point de laisser le souverainisme républicain et le national-populisme conquérir les esprits ?
Pierre Rosanvallon se confronte ici à ces questions d’une double manière. En tant qu’historien des idées et philosophe politique, il s’attache à réinscrire les cinquante dernières années dans l’histoire longue du projet moderne d’émancipation, avec ses réalisations, ses promesses non tenues et ses régressions. Mais c’est également en tant qu’acteur et témoin qu’il aborde la lecture rétrospective de la séquence dont Mai 68 a symbolisé l’amorce. Son itinéraire personnel, les entreprises intellectuelles et politiques qui l’ont jalonné et les personnalités qui l’ont accompagné renvoient plus largement à l’histoire de la deuxième gauche, avec laquelle sa trajectoire s’est pratiquement confondue, et, au-delà, à celle de la gauche en général, dont l’agonie actuelle vient de loin.
À travers le retour sincère et lucide sur son cheminement, avec ses idées forces et ses doutes, ses perplexités et ses aveuglements, c’est une histoire politique et intellectuelle du présent que Pierre Rosanvallon retrace, dans des termes qui conduisent à esquisser de nouvelles perspectives à l’idéal d’émancipation.
Critiques
Le Monde (l'interview) ; L'Obs (critique, vraiment)


26 avril 2018

Le syndrome Garcin

Ce récit est un livre de souvenir, trop personnel me semble-t-il pour permettre un écho intime chez le lecteur. Pour autant, on retire quelque chose sur une certaine société, sur la médecine début de siècle -- quelques beaux témoignages, sur les grands hommes qui sont assurément des hommes de passion.
Quoi qu'il en soit, une belle écriture, un récit fluide, des mots nouveaux. L'apophtegme me manque pour conclure.

Quatrième de couverture
«Je suis un radiologue fantaisiste, un échographe controuvé, un voyageur sans bagage qui toque à la porte des hôpitaux d’autrefois et des bureaux poussiéreux, au fond desquels mes aïeux sourcilleux s’étonnent que je veuille mieux les connaître et me parlent dans un français de laborantin, un sabir organique, un babélisme médicamenteux que je ne saisis pas toujours. Mais si je ne témoigne pas de cette tribu clinique, dont seuls d’obscurs traités et des manuels déshumanisés gardent la trace, qui d’autre le fera?»

L’enfance de Jérôme Garcin a été marquée par deux grands-pères éminents, le neurologue Raymond Garcin et le pédopsychiatre Clément Launay, qui avaient en commun d’être des humanistes, toujours à l’écoute du patient. Ils étaient issus de longues dynasties médicales. Après eux, cette chaîne s’est interrompue. Pourquoi? C’est à cette question que tente de répondre ce livre, croisant l’histoire intime d’une famille et les mutations récentes d’une discipline. 
Critiques
 L'express (c'est assez juste), JDD (Pivot, un livre de souvenir)

9 avril 2018

14 juillet

Un récit que l'on lit comme on écoute les actualités à la radio. La journée du 14 juillet vécue de l'intérieur, aux cotés des parisiens, de chacun du petit peuple de Paris à la fois effrayé et émerveillé par ce qui advient ; qu'il fait advenir. On devine en amont le travail d'archive, la patience de lire les notes infimes, le petits riens qui, assemblé, feront l'histoire.  "Il faut écrire ce qu'on ignore." (p.83), mais l'écrire juste. Combler les manques et les absences avec rigueur et sincérité, sans élan littéraire ni pathos vendeur. C'est alors faire œuvre et honneur à ceux qui prirent la Bastille et lancèrent la belle et terrible histoire à l'ombre de laquelle nous vivons encore.

Quatrième de couverture 
 La prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.


De la Bastille, il ne reste rien. La démolition du bâtiment commença dès la nuit du 14 juillet 1789. De l’événement, nous avons les récits du temps. Les députations de notables qui se rendirent à la citadelle et les délibérations de l’Hôtel de Ville y prennent une importance démesurée. On nous raconte la prise de la Bastille du point de vue de ceux qui n’y étaient pas ; et qui vont devenir nos représentants. Ils n’y étaient pas et ne souhaitaient d’ailleurs pas que la Bastille tombe. Ils firent même tout pour l’empêcher. Mais ils ont laissé des témoignages. Car ces gens-là savaient écrire.
Il fallait donc retrouver les relations des gens ordinaires, s’appuyer sur le récit personnel de leur participation à l’émeute du 14 Juillet. Il fallait éviter tout surplomb, afin de ne pas écrire un 14 Juillet vu du ciel. En m’en tenant aux récits méprisés, écartés, j’ai voulu me fondre dans la foule. Et puisque c’est bien le grand nombre anonyme qui fut victorieux ce jour-là, il fallait également fouiller les archives, celles de la police, où se trouve la mémoire des pauvres gens.
L’Histoire nous a laissé un compte et une liste : le compte est de 98 morts parmi les assaillants ; et la liste officielle des vainqueurs de la Bastille comporte 954 noms. Il m’a semblé que la littérature devait redonner vie à l’action, rendre l’événement à la foule et à ces hommes un visage.
À une époque où un peuple se cherche, où il apparaît sur certaines places de temps à autre, il n’est peut-être pas inutile de raconter comment le peuple a surgi brusquement, et pour la première fois, sur la scène du monde.”
Critiques
Les lettres française (interview)

31 mars 2018

Et moi je vis toujours

Une histoire de France pour ceux qui s'y connaissent, en 280 pages. Ou encore : déclaration d'amour à Madame H.

Une erreur : d'Ormesson attribue des folies à Rama (p.57), coureur de jupons. J'en doute, Rama était fidèle à Sita, il s'agit peut-être de Brahma le fou d'amour à en perdre la tête (qui en fut puni). D'Ormesson écrivait au crayon, l'origine probable de l'erreur est à rechercher dans la transcription pour l'édition. J'écris aux éditions Gallimard...

Quatrième de couverture
 Il n’y a qu’un seul roman – et nous en sommes à la fois les auteurs et les personnages : l’Histoire. Tout le reste est imitation, copie, fragments épars, balbutiements. C’est l’Histoire que revisite ce roman-monde où, tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d’époque en époque et ressuscite sous nos yeux l’aventure des hommes et leurs grandes découvertes.
Vivant de cueillette et de chasse dans une nature encore vierge, il parvient, après des millénaires de marche, sur les bords du Nil où se développent l’agriculture et l’écriture. Tour à tour africain, sumérien, troyen, ami d’Achille et d’Ulysse, citoyen romain, juif errant, il salue l’invention de l’imprimerie, la découverte du Nouveau Monde, la Révolution de 1789, les progrès de la science. Marin, servante dans une taverne sur la montagne Sainte-Geneviève, valet d’un grand peintre ou d’un astronome, maîtresse d’un empereur, il est chez lui à Jérusalem, à Byzance, à Venise, à New York.
Cette vaste entreprise d’exploration et d’admiration finit par dessiner en creux, avec ironie et gaieté, une sorte d’autobiographie intellectuelle de l’auteur.
Critiques
Huffington Post (applaudit l'académicien), L'express (trouve le mot clé : l'ennui)