6 mai 2016

Lire dans la gueule du loup

Lu en 2016, une lecture difficile d'une auteure que j'ai découverte en suivant les travaux de Transition, puis un séminaire à la Sorbonne auquel j'ai assisté à l'époque. Un essai, en fait, ne devrait pas être lu mais étudié, le crayon à la main. J'ai donc oublié l'essentiel sauf le parfum, celui de la lecture, justement.
"La littérarité, c’est-à-dire la façon dont un texte s’offre purement à la jouissance esthétique sans considération ni de vérité ni de morale, ne renvoie qu’à lui-même et au phénomène de sa propre production verbale : c’est ce qu’on appelle donc l’autotélicité de la littérature, complément de sa littérarité. " (p.29)

Idée : Ne pas chercher exactement la vérité objective des faits mais leur vérité subjective partageable

"La réalité qu’il ne faut pas confondre avec le réel, n’existe pas en dehors du domaine public : seul le domaine public procurerait des repères symboliques fiables, et il constituerait donc le seul espace capable de mettre la réalité en partage." (p.70)

"Les textes nourrissent toujours les fantasmes. Mais certains fantasmes critiques visent à tuer tous les autres." (p.135)

"Comme critique, comme enseignante, j’ai donc la même responsabilité que le metteur en scène." (p.182)

"L’animal humain et sans programme génétique : il ne peut être que constitué par de l’autre (et l’enfance on est la trace définitive). C’est pourquoi il est parlant, mimant, jouant, représentant, apte à entrer dans le transfert–ou à s'écraser, et en écraser d’autres, dans le trauma. Bref, c’est pour cela qu’il a une histoire." (p.220)
Quatrième de couverture
Au constat, aujourd’hui commun, d’une crise de la littérature dans les sociétés démocratiques – alors que celle-ci constituait le cœur de leur culture jusqu’à une époque récente –, nul ne peut plus répliquer par l’aporie de sa définition (pour autant que la littérature ait vraiment existé dans l’histoire), voire par la discipline dont elle est l’objet (histoire littéraire ; sociologie des institutions littéraires ; théorie critique ; rhétorique ; poétique ; stylistique…).
Parler d’elle, c’est défendre une zone mise en danger : celle de sa transmission. Car la littérature ne serait rien sans l’apprentissage premier des histoires que les parents lisent aux enfants, avant que ceux-ci ne deviennent capables de lire seuls, à leur tour.
Nous invitant à changer de point de vue, Hélène Merlin-Kajman s’interroge sur la transmission, partant, sur l’avenir : elle définit l’usage de la littérature qu’il est urgent de promouvoir, sinon d’inventer dans des sociétés fondées sur le respect de l’individu, la valorisation de son autonomie et de sa liberté – de conscience, de sentiment.
Pour quelles valeurs cognitives, esthétiques, voire thérapeutiques, exigées par le citoyen, doit-on restaurer le partage transitionnel – afin que les textes littéraires, aujourd’hui observés par les sciences humaines ou tenus à distance par l’univers des images comme s’ils n’existaient qu’en dehors, tissent à nouveau des liens pour nous
Critiques
Télérama (espace transitionnel)


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