J'ai beaucoup oublié (note écrite en 2020), sauf l'intelligence d'une exploitation filée du miracle quantique. L'inconcevable et indicible superposition quantique dont le chat de Schrödinger n'est qu'une de ces pirouettes didactiques qui ravit les enfants. J'avais pris quelques notes, inspirations au fil de la lecture très inspirées par le texte. En particulier, ce que l'on retrouve dans le critique "parisienne" : la fin était faite de phrases si bien fichues que je pardonne à l’ouvrage sont trop long début. Au fond, il est possible de pasticher l'auteur pour évoquer en peu de mot le sentiment au terme de la lecture : un livre de trouvailles, un livre parfait s'il n’avait pas été écrit. Et un peu de philosophie de comptoir, mais quand même :
- Nous sommes à chacun instant ni plus ni moins que l’un et l’autre. Mais au moment de la rencontre nous sommes celui-là, celle-là, exactement et seulement avec la force de la nécessité.Il a manqué à ma lecture une clé essentielle, elle est donc à reprendre. Philippe Forest doit faire face à la perte de sa fille âgée de quatre ans. Il en faut des livres pour mettre à distance le chagrin, des mots pour le noyer. J'ai acheté le livre sur la foi du titre, le malentendu est absolu.
- La vie n’est pas assez long pour explorer tout ce qu’elle rend possible.
- Ce que l’on écrit n’est toujours que l’un des récits possible et quand il est, il est nécessaire
"Ainsi, du « principe de superposition » propre à la fonction d’onde, on pouvait tirer aussi une assez évidente interprétation psychologique. Dans la boîte d’os du crâne flottaient en suspension les états les plus opposés à la conscience, cohabitant temps que l’on avait la prudence de ne pas les examiner de trop près, et permettant, sans y croire tout à fait, d’accorder foi à une chose et à la chose contraire." (p.168)Quatrième de couverture
"L’histoire n’est « parfaite » que tant qu’elle n’a pas encore pris forme, quelle flotte dans le néant où sont toutes les autres avec elle. La mettre en mots est bien entendu la seule manière de la faire exister. Mais en même temps, cela revient aussi à la saccager. Comme s’il fallait ainsi la sacrifier afin qu’elle soit." (p.184)
"Et je vois de mes yeux que la terre est plate, je sens dans ma chair que la planète ne pivote pas perpétuellement sur elle-même, qu’elle ne tourne pas comme une toupie à toute vitesse lancée dans le vide sidéral. Tout me dit qu’il en va ainsi. Et pourtant c’est faux." (p.286)
«Attraper un chat noir dans l'obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s'il n'y en a pas.Critiques
Je veux dire : surtout s'il n'y a pas de chat dans la nuit où l'on cherche.
Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il. J'aurais plutôt pensé à un moine japonais. Ou bien à un humoriste anglais. Ce qui revient à peu près au même.
Je crois comprendre ce que cette phrase signifie. Elle dit que la sagesse consiste à ne pas se mettre en quête de chimères. Que rien n'est plus vain que de partir à la chasse aux fantômes. Qu'il est absurde de prétendre capturer de ses mains un chat quand nul ne saurait discerner, même vaguement, sa forme absente dans l'épaisseur de la nuit.
Mais Confucius, si c'est de lui qu'il s'agit, ou bien le penseur improbable auquel on a prêté son nom, n'affirme pas que la chose soit impossible. Il dit juste que trouver un chat noir dans la nuit est le comble du difficile.
Et que le comble de ce comble est atteint si le chat n'est pas là.
J'ouvre les yeux dans le noir de la nuit. Des lignes, des taches, des ombres, le scintillement d'une forme qui fuit. Quelque chose qui remue dans un coin et envoie ses ondes ricocher au loin vers le vide qui vibre.»
Philosophie magasine (mélancolie quantique) ; La critique parisienne (critique justement)
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