14 février 2022

Notre solitude

Malaise, j'ai du mal à décoller le regard de la personne de Haenel pour le tourner vers le procès, les victimes, les témoins, les terroristes. Peut-être cet auteur auquel je suis attaché, n'a-t-il pas ce talent. Parler de lui et atteindre à (une forme) d'universalité. Dommage...

Quatrième de couverture

Yannick Haenel raconte : " J'ai en effet assisté au procès des attentats de janvier 2015, qui s'est tenu de septembre à décembre 2020. Cet événement a bouleversé mes façons de sentir et de penser car j'y ai vu, chaque jour, les ténèbres et la lumière s'affronter concrètement à travers les paroles échangées à l'audience. Après avoir tenu la chronique quotidienne de ce procès sur le site de Charlie Hebdo, j'ai ainsi éprouvé la nécessité de revenir sur cette expérience aussi intime que douloureuse. Je raconte les nuits d'écriture, mon engagement avec Charlie, mon amitié avec Riss, Coco, Sigolène Vinson et Simon Fieschi. Je raconte l'obsession des crimes, l'impact des attentats qui ont eu lieu pendant le procès, la mort de Samuel Paty. Je raconte l'épuisement et la fragilité, la beauté des survivants, la lumière qu'il y a dans la parole. Toutes ces questions forment la matière d'un récit qui relève à mes yeux de l'aventure intérieure et de l'acte politique."

Critiques 

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La fille qu'on appelle

Lu comme on regarde un film, un roman bien foutu que sous-tend, dit-on, quand on est bien informé, un fait divers bien réel ; mais c'est beaucoup mieux que la téléréalité. Un morceau de la vie aujourd'hui, un roman de son temps. Bien écrit et bien mené.

Quatrième de couverture

Quand il n'est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l'aider à trouver un logement.

Critiques 

Wikipédia (tout est là)


25 décembre 2021

Allons aux faits

 Sous-titre : Croyances historiques, réalités religieuses

 Debray écrit des livres qui sont comme des points de départ, il y a à apprendre, mais surtout à réfléchir pour avancer, comme une tape dans le dos propulse. Le sommaire de la partie sur la religion est fait de question. Prise de risque. La première partie, l'histoire, est plus assurée. 

A relire, donc. Au moins ce chapitre : qu'est-ce que la croyance ? Et celui-ci : particules élémentaires et forces de la nature (voir les notes marginales).

Quatrième de couverture

 «En me donnant un micro pour deux séries d'interventions, l'une sur l'histoire, l'autre sur la religion, France Culture m'a permis de résumer et clarifier les travaux que je mène depuis maintes années sur diverses affaires temporelles et spirituelles.
Je ne saurais assez remercier sa directrice Sandrine Treiner de m'avoir ainsi donné l'occasion d'apporter ma petite pierre à l'édifice des Lumières, sous l'égide de la devise : Rendre la Raison populaire.
Vaste programme, qui exige d'inquiéter nombre de lieux communs, ce qui n'est jamais plaisant. Pourquoi? Parce que nous nous berçons de mots, toujours les mêmes, et que ces mots nous trompent.
L'histoire? Elle est censée nous découvrir la réalité des choses : elle nous dorlote avec de fausses croyances. Les religions? Elles sont censées nous raconter des blagues : bombes et couteaux nous découvrent de rudes vérités. Et si l'opium du peuple n'était pas là où l'on pensait?
C'est à renverser de vétustes perspectives qu'invite ce récapitulatif, dérangeant comme un réveille-matin.»

Critiques

Un volume au-dessus de la critique.


L'art modeste

 Sous-titre : Note sur la croûte

Publié en 1995, lu en 2019, je range ma bibliothèque. à noter :  ne pas confondre avec l'ouvrage éponyme d'Hervé Di Rosa paru aux Presses du réel en 2011.

C'est une charge, un pamphlet, que dis-je un réquisitoire, une sorte de haine qui n'aurait comme raison d'être que de faire acte de littérature (Libération). Effectivement bien écrit. Une lecture qui m'a faire râler presque à toutes les pages. J'y reviendrai :

18, 20, 27, 29, 28, 40, 52, 62, 73, 76, 77, 93, 95, 103, 126, 127, 132, 133, 135, 136

Définition de l'art modeste en quatre pages et en creux, premier chapitre sur ce que n'est pas l'art modeste. 

Un auto-portrait ? Il faut -- mais à l'occasion seulement -- que je lise d'autres de ses livres.

Quatrième de couverture

 « Existe une forme pauvre, une forme qui succombe à tout commentaire, une forme qui est une déconfiture totale de son projet, une faillite bouleversante de la peinture, une déchéance de la matière, un ratage complet de la trace, une forme qui peine à être une forme. On l'appelle ici l'Art modeste. »
Cinquante petits chapitres alternativement décrivent et commentent des croûtes, des peintures piteuses, jamais vues, jamais regardées, jamais nommées, jamais reproduites, jamais exposées sinon chez ceux qui les ont peintes, et encore pas trop longtemps, ou bien accrochées haut dans le couloir pour ne pas gêner les yeux qui s'y poseraient.
Mais voici qu'un regard sans complaisance ni apitoiement les transforme, leur donnant ce surcroît troublant de réalité que seuls, parfois, les mots d'un écrivain savent tirer du visible le plus modeste.

Critiques

Libération (un acte de littérature, vraiment ?)

Des âmes et des saisons

Venir au monde c'est exister autrement dans un monde où l'on est déjà, un monde qui vient en nous tout autant que nous venons à lui. Coconstruction de soi et du monde. Chimie de la vie, système complexe des relations de l'esprit à la matière, la matière des autres, la matière du monde. Une autre façon de voir et d'espérer. La fin de l'ouvrage est écrite un peu rapidement, l'auteur dit ce qu'il a à dire, la parole est plus incertaine.

Quatrième de couverture

 « L’impact du milieu n’a pas le même effet sur un bébé, sur un adulte, selon la construction physique et mentale de chacun. Ce que nous sommes aujourd’hui n’est pas ce que nous serons demain, marqués, expérimentés et souvent blessés par l’existence. Notre corps et notre esprit modifiés par la vie devront s’adapter à un monde toujours nouveau.
Les hommes et les femmes, les pères et les mères, voient leurs places respectives bouleversées par une nouvelle donne qui chamboule les schémas traditionnels du masculin et du féminin et qui redistribue l’identité et le rôle de chacun dans le couple et dans la famille.
Notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Il nous faut reprendre un cap, car nous venons de comprendre que l’homme n’est pas au-dessus de la nature, n’est pas supérieur aux animaux, il est dans la nature. La domination, qui a été une adaptation pour survivre, aujourd’hui ne produit que du malheur.
Une étoile du berger nous indique cependant la nouvelle direction, vers l’unité de la Terre et du monde vivant. » B. C.

Critiques 

Cerveau & Psycho (bref, il y a à apprendre) 



30 novembre 2021

Les Sans Arche d'Abdel Abdessemed

 Reprendre le billet de Lary et les notes marginales

Quatrième de couverture

 D'Adel Abdessemed, artiste dont la langue n'est que forme pure, Hélène Cixous est depuis plusieurs années la voix, le porte-voix, peut-être la pythie. Elle parvient à approcher, comme personne jusqu'alors, l'oeuvre de l'artiste dont elle donne le ton et le timbre, dont elle met au jour la pulsion souveraine, inentamée et, pourtant, innocente.
Né en 1971 à Constantine, Adel Abdessemed quitte l'Algérie dans des circonstances dramatiques en 1994 et devient bientôt un artiste dont la reconnaissance se dispute à la controverse. Pour preuve sa vidéo Don't trust me (2008) où figurent des scènes d'abattage d'animaux à coups de masse, et sa sculpture monumentale du Coup de tête de Zidane exposée sur le parvis du Centre Pompidou lors de l'ambitieuse exposition qui lui est réservée en 2012.
L'artiste ne saurait être violent ou transgressif : il ne fait que présenter, que représenter la violence à l'oeuvre dans le monde, sans puritanisme ni jugement moral. Ainsi est le monde, ainsi sont les bêtes, Ecce Homo, nous disent Adel Abdessemed et, à sa suite, Hélène Cixous.
Faibles, oubliés, migrants, balayeurs, animaux que l'on abat ou que l'on révère : le bestiaire de l'artiste sera évoqué par des oeuvres majeures, souvent récentes.
À cet effet, Hélène Cixous a choisi pour accompagner son texte une cinquantaine de dessins à la craie noire et de sculptures monumentales qui, magnifiques, rendent tous justice au talent protéiforme de l'un des artistes les plus importants du siècle.

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Quand vos nuits se morcellent

 Note p. 84

Quatrième de couverture

En vingt-sept brefs chapitres, cette lettre au peintre suisse Ferdinand Hodler exprime la fascination qu’exercent les toiles du grand artiste sur l’auteur, en particulier celles qu’Hodler a peintes de l’agonie de Valentine, son grand amour. C’est aussi un texte d’hommage à la femme. Pour de Roulet, Valentine a joué un rôle crucial dans l’art de Hodler, c’est elle qui a su libérer sa peinture. Lorsqu’ils se rencontrent, Hodler est un peintre reconnu, sollicité, fêté, mais Valentine révèle en lui une énergie et une liberté exceptionnelles qui lui permettent  d’entrer en contact avec son génie singulier.

A l’occasion du centenaire de la mort du peintre, Daniel de Roulet imagine l’amour entre ces deux figures en jouant avec les archives. Le lecteur, à la suite de l’auteur, tombe amoureux du peintre, de sa maîtresse et de sa peinture.

 

Valentine Godé-Darel sur son lit de malade, 1914. — © Wikimedia Commons

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 Le Temps (74 tableaux et plus de 240 dessins)