« Quand le sacré, par retour de balancier, s’invite dans le débat
d’idées et pénètre en force dans les rues et les maisons, dans quelle
situation se retrouve l’homme ou la femme qui ne se veulent tenus par
aucune obédience (le romancier, le cinéaste, le chroniqueur, le poète) ?
Dans la situation peu enviable mais assez probable du profanateur,
traître aux siens et à la Vérité. Une vieille affaire, me dira-t-on.
Autant dire qu’elle a commencé dans le sang. Celui de Socrate, condamné à
mort pour impiété. »
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs
familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis
entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents
dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… » Etre rabbin,
c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais
c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui
restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à
celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites
pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés
d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont
besoin de récits. » A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur
superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le
récit, la réflexion et la confession. Le récit d’ une vie interrompue
(célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers
telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure
intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a
réveillé le souvenir enseveli. Nous vivons tous avec des fantômes :
« Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux
des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des
histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que
nous parlons. » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants
et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour
s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la
paix avec ses fantômes…
Critiques
Le Monde (être rabbin ? la divinité ? La mort, ce n'est pas le sujet)
"Je crois en un transcendant qui a quelque chose à voir avec de
l’indicible, qui échappe radicalement, y compris au langage. Le
problème, lorsqu’on parle de Dieu, est qu’on se trouve toujours au bord
de l’idolâtrie, du blasphème. Les mots le réduisent : à partir du moment
où vous dites qu’il est quelque chose, vous sous-entendez qu’il n’est
pas autre chose."
"Pourquoi faudrait-il être cohérent dans la vie ? Il faut simplement laisser les différentes voix parler en soi."
Orsenna se prend au sérieux, disons... content de lui. On en retient quand même beaucoup pour qui connait peu Beethoven ou tout juste quelques notes de son œuvre.
Quatrième de couverture
« Joie, tous les humains deviennent frères lorsque se déploie ton aile douce. »
Quatre
ans avant 1789, quatre ans avant la prise de la Bastille et la
Déclaration des Droits de l’Homme, Schiller écrit ce poème qui ne
cessera d’accompagner Beethoven. Un
Beethoven toute sa vie passionné de fraternité alors que tout se ligue
contre lui, sa famille, sa santé, ses amours, ses finances, la
noblesse. À
tous les coups qui le frappent, il répond par un chef d’œuvre. Jusqu’à
ce bout du chemin, le 26 mars 1827, en plein cœur d’un orage. Il meurt
en nous laissant, en nous léguant cette joie, les derniers accents de sa
neuvième symphonie devenu le chant de l’Europe enfin réconciliée. Ce livre est le récit de cette passion, le portrait d’un génie fraternel. Un livre né d’un double amour. Pour l’Europe. Et,
bien sûr, pour la musique. Car le trio « Fidelio » que viennent de
créer Erik Orsenna, le pianiste Michel Dalberto et le violoncelliste
Henri Demarquette raconte, mots et notes mêlés, cette folle et
bouleversante passion pour la Fraternité. De quel trésor avons-nous le plus aujourd’hui besoin ?
Critiques
Pas trouvé...
Je disais donc... content de lui.C'est bien parce qu'il a des talents que nous lui pardonnons.
Sous-titre : Neurophisiologie des contes de fées. J'ai donc appris, intéressé voir curieux. Tout a un lieu de naissance et une raison d'être. Pour notre cerveau, en être autrement ne lui vient pas à l'esprit.
Quatrième de couverture
Comment le sommeil peut-il surgir
brutalement et plonger durablement une jeune fille dans l'inconscience ?
De quoi les lutins sont-ils faits ? Pourquoi, dans le film de Disney,
Simplet rit-il à tout propos ? De quel mal étrange souffrent les elfes ?
Que se passe-t-il dans la tête des personnages de Harry Potter ?
L'auteur, neurologue, prend les contes de fées à la lettre et mène
l'enquête : et si, derrière les événements qui paraissent échapper aux
lois habituelles de la physique et de la biologie ; les sorts jetés ;
les personnages extraordinaires, tels que les zombies, les garous ou les
vampires, se cachaient de véritables troubles neurologiques ?
En entrant dans le monde du merveilleux, ce livre nous ouvre les
portes d'un univers inattendu, hors norme, incroyable, et pourtant...
présent dans notre cerveau.
Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor
enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le
désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du
destin et, par-dessus tout, à aller au bout de ses rêves. Merveilleux
conte philosophique destiné à l’enfant qui sommeille en chaque être, ce
livre a déjà marqué une génération de lecteurs..
Lu vite, avec le souffle retenu. J'oublie la biographie, elle impose le respect, pour retenir la vitalité, une leçon quelque fut son passé. Leçon plus forte encore en raison du passé, bien sûr.
Quatrième de couverture
Déportée à Auschwitz-Birkenau à quinze ans dans le même
convoi que son amie Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens raconte sa vie
dans un livre éblouissant, qui donne la force de surmonter les épreuves
de la vie.
Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens étaient des « filles de
Birkenau ». Les deux femmes étaient le yin et le yang, unies par la
volonté de reconstruire et de vivre. Elles n’ont jamais cessé d’affirmer
leur indépendance, leur engagement et leur liberté.
Marceline Loridan-Ivens s’est fait connaître sur le tard, grâce à
deux livres co-écrits avec Judith Perrignon : le premier sur sa
déportation et le second sur l’amour après les camps.
Ce livre est le récit écrit à partir d’entretiens réalisés en 2017 et
2018 par David Teboul (le documentariste et vidéaste qui a été le
confident de Simone Veil et l’auteur de L’Aube à Birkenau, 130 000 ex.
vendus) et l’avocate Isabelle Wekstein-Steg.
Marceline Loridan-Ivens raconte sa vie, son histoire familiale, le
rêve de son père qui, sentant le danger, a cru protéger sa famille en
achetant un château en Provence pendant l’Occupation. Son arrestation,
la déportation à Auschwitz, les engagements d’après-guerre (la lutte
pour l’indépendance de l’Algérie et la Chine de Mao), le cinéma, et
l’amour.
Un livre d’une vitalité inouïe, qui donne espoir. Un hymne à la vie, à l’engagement, à la joie et à l’amour.
Ceci est son dernier récit.
Critiques
Charlie Hebdo (respect) ; Le Monde (ils n'en parlent pas ?)
Touché et mal à l'aise, ému parfois, gêné souvent, pas par la fausse évidence d'un faux pas mais par la complaisance pour soi-même. Il y a quelque chose qui poisse, une indécence. Mais tant de vérité... au fond, ému souvent par l'aveu, gêné parfois par la confession. "La vie a plus d'imagination que nous" (140), il a une psy canalisante. Je me demande d'où vient mon agacement. De mon expérience si récente et des égarements de mon imagination à la recherche d'une issue, sûrement. Alors, ému ? Bénie soit la vérité. (91)
Quatrième de couverture
« Valérie morte à peine, je dévorais Kathleen et la nuit respirais
son sommeil. Valérie morte, je pleurais en cachette et sans pudeur, dans
la rue, dans des spasmes et des sanglots. Valérie morte, j’ai regardé
Kathleen comme personne avant elle et j’ai cru que sans elle je
partirais aussi. Valérie vivante, je la regardais comme jamais personne.
J’ai reçu Valérie en ne doutant de rien. J’ai saisi Kathleen après
avoir perdu, j’étais nu désormais. »
Un homme perd sa
femme et en aime très vite une autre, plus jeune que lui de vingt ans.
Il brusque son passé, ses grands enfants, sa nouvelle compagne, leurs
petits garçons et tous autour de lui. Il se rend fou d’aimer une morte
et une vivante, il ne se pardonne pas de vivre et d’avoir tant trahi,
mais ne sait pas s’en empêcher. Il se détruit socialement et au travail.
Provocateur, sarcastique, éperdu et trahi à son tour. Il espère le
châtiment qui le terrifie. Il finit par admettre. Après dix ans, il
écrit. Claude Askolovitch, dans ces pages où tout est vrai, tendre,
épuisant, inoubliable, parle de la mémoire des draps, d’un nom que l’on
murmure et des baisers qu’on envoie à un fantôme, des photos du passé et
des premiers pas dans une vieille maison. Il songe à son père dont la
présence formidable lui manque, et à sa mère qui raconte aux lycéens son
enfance déportée. Il évoque un homme fourbu qui se love pour dormir
contre le corps ferme d’une femme qui lui échappe. Il parle des enfants
qui chantent qu’ils ont le plus vieux des papas.