25 janvier 2018

Eloge de l'amour

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Quatrième de couverture
" La conviction est aujourd'hui largement répandue que chacun ne suit que son intérêt.
Alors l'amour est une contre-épreuve. L'amour est cette confiance faite au hasard. "
Critiques

La connaissance de l'écrivain

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Quatrième de couverture
Les postmodernes ont érigé la littérature en une sorte de genre suprême, dont la philosophie et la science ne seraient que des espèces. Chacune des trois disciplines aurait aussi peu de rapport avec la vérité que les autres ; chacune se préoccuperait uniquement d’inventer de bonnes histoires, que nous honorons parfois du titre de « vérités » uniquement pour signifier qu’elles nous aident à résoudre les problèmes que nous avons avec le monde et avec les autres hommes.
Une des conséquences les plus remarquables de cette conception a été de détourner l’attention de la question cruciale : pourquoi avons-nous besoin de la littérature, en plus de la science et de la philosophie, pour nous aider à résoudre certains de nos problèmes ? Et qu’est-ce qui fait exactement la spécificité de la littérature, considérée comme une voie d’accès, qui ne pourrait être remplacée par aucune autre, à la connaissance et à la vérité ?
Quelle sorte de savoir trouve-t-on dans un roman, que ni la vie quotidienne ni une étude scientifique ne nous communiquent ? En quel sens peut-on parler de vérité en littérature ? Quels rapports y a-t-il entre la forme d’une œuvre et la connaissance qu’elle nous procure ? Convaincu que la littérature, autant que les sciences, mérite une philosophie exacte, il croise ici les réflexions de philosophes contemporains, comme Putnam et Nussbaum, avec celles de Zola, Henry James et Proust.
Critiques

Les voyageurs du temps

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Quatrième de couverture
 «Je viens du Centre de tir. Quelques bavures pour commencer (fatigue, souffle court), et puis précision. Je ne sais plus quel poète américain a écrit ces deux vers : "Paradis calme/Au-dessus du carnage". C'est mon état d'esprit à l'entraînement. En haut, si j'arrive à penser le moins possible, ciel bleu, calme lumineux. En bas, explosion et larmes.
Je me concentre sur le mot "mot". Je le vois là-bas, dans la ligne de mire. Il respire un peu, il grandit, c'est lui que je vise, que je veux toucher et trouer. MOT. Avec une lettre de plus, c'est MORT. En anglais, ça ferait WORD et WORLD. Je tire sur la mort, je tire sur le monde. Petite plaisanterie, mais qui fait du bien. Ma voisine de stand, Viva, me félicite d'avoir mis dans le mille. Je ne sais rien de ses activités, ni elle des miennes. On se sourit, ça suffit.»
Critiques

La diagonale du vide

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Quatrième de couverture
 Persuadé d’être «passé à côté de sa propre histoire» Marc Travenne décide de quitter sa vie agitée de designer et homme d'affaires pour s'en aller au hasard des routes. Il se retire dans un gîte perdu sur un plateau de l’Ardèche battu par les vents. Bientôt, une étrange randonneuse vient troubler sa solitude. Elle marche depuis des jours le long de ce que les géographes appellent la «Diagonale du vide», cette étroite bande de territoire partageant la France des Landes aux Ardennes, à la densité de population faible et aux zones sauvages nombreuses.
Travenne va se lancer à la poursuite de cette femme qui aura le temps de lui livrer une part de ses secrets avant d'être enlevée sous ses yeux. De rencontres en révélations, il va voir sa vie s'emballer en découvrant que la diagonale des solitudes passe aussi par New York, Paris, et l'Afghanistan.
Critiques

2084 - la fin du monde

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Quatrième de couverture
L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.
Critiques

20 janvier 2018

Un chagrin d'amour avec le monde entier

Eric Pessan

Ce que j'en pense
"Mon monde gagnerait en densité à mesure que je le saisirais. Un monde pour se consoler du monde, un paysage de questions, de choses étranges qui nient farouchement l'apparente normalité du réel. Des beautés, des mystères. Des énigmes qui ne sont pas faites pour être résolues. Des questions et d'autres choses que je ne sais pas expliquer" (p.30)
"On joue à un jeu : observer. Il écrit ce qu'il voit et je photographie ce que je vois." (p.34)
Quatrième de couverture
J’ai aimé des hommes pour une fossette au menton. J’ai aimé des hommes pour une ride au coin de l’œil. J’ai aimé des hommes pour leurs mains fatiguées à la peau accablée de cal. J’ai aimé des hommes pour les livres qu’ils ont lus et les films qu’ils ont vus. J’ai aimé des hommes pour l’éclat d’un rire. J’ai aimé des hommes parce qu’ils aimaient se tenir face au vent l’hiver sur une plage désertée. J’ai aimé des hommes pour éviter un soir de basculer dans la tristesse.

Face caméra, une femme adresse un témoignage à tous ceux qu’elle a aimés (au seul qu’elle ait jamais aimé). Elle se livre sans limites, laissant cette confession, intense, brutale et bouleversante, comme ultime trace de son passage dans la vie.
Dans ce texte, intense et intimiste, Éric Pessan tisse les fils d’une vie brulée à la poursuite d’un amour idéal, usée à courser un bonheur qui s’échappe à mesure qu’on croit le tenir.
Sylvie Sauvageon scrute inlassablement les temps multiples d’un même visage. À force d’ajouts, d’effacement, de repentirs, jouant des blancs comme d’une lumière trop forte , elle poursuit la quête d’une simple présence.
Critiques


7 janvier 2018

Passer, quoi qu'il en coûte

Georges Didi-Huberman

Ce que j'en pense

Voir l'exposition "Habiter le campement" et  "The coldest summer" d'Electra Alexandropoulou
Dans la masse des réfugiés, "plus personne n'est quelqu'un" (p.38). Perte dramatique de l'identité qui précède celle tragique de la dignité.
"[...] n'est-il pas abusif et même choquant de comparer ce "camp-ci" (d'accueil pour les réfugiés) avec ces "camps-là" (de la mort) ?" (p.49) "Les camps d'aujourd'hui ne sont pas les camps d'hier, sans doute, mais ce sont encore des camps, à savoir des lieux où il en faut bien peu pour que s'organise l'injustice : leur structure même est le fruit d'une histoire déjà longue. Une histoire qui avait autrefois, sans que les États s'en inquiètent trop, commencé avec de simples procédures de rétention." (p.50)
"Les images sont fatales, certes, en ce sens qu'elles portent une mémoire tenace. Du moindre souffle elles font un fossile en mouvement." (p.60) "Mais, dans le même temps, les images sont contre-fatales. De leur grande mémoire surgissent de tout nouveaux désirs -- en tant même que désirs, ne sont-ils pas toujours "tout nouveaux", irrésolus, insatisfaits, tendus vers l'avenir ? --, comme une végétation qui pousserait anarchiquement sur de la lave durcie. D'où tiennent-elles donc cette nouvelle force, ou cette force de nouveauté ?" (p.61)
"À chaque fois qu'il est question de l'étranger, il est question de l'hospitalité. Alors se dresse, comme Derida y insiste, l'antinomie [...] Il y a la une étrange hiérarchie. La loi est au-dessus des lois. Elle est donc illégale, transgressive, hors-la-loi." (p.76)
Kant : "[...] l'antinomie du prix et de la dignité : 'Tout a un prix ou bien une dignité. Ce qui a un prix peut être aussi bien remplacé par quelque chose d'autre, à titre d'équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n'admet pas d'équivalent, c'est qui a une dignité.' [...] 'Simplement, considéré comme une personne, c'est-à-dire comme un sujet d'une raison moralement pratique, l'homme est au-dessus de tout prix ; car en tant que tel (homo noumenon), il doit être estimé, on pas simplement comme moyen en vue des fins d'autrui, ni même en vue des siennes propres, mais comme fin en soit, c'est à dire qu'il possède une dignité (une valeur intrinsèque absolue), par laquelle il force à son égard le respect de touts les autres êtres raisonnables de ce monde, peut avec tout autre membre de cette espèce se mesurer et s'estimer sur un pied d'égalité.' " (p.79).

Quatrième de couverture
« Apatrides, sans-foyer.
Ils sont là.
Et ils nous accueillent
Généreusement
dans leur regard fugitif,
nous, les oublieux,
les aveugles.
Ils passent et ils nous pensent. »

(Niki Giannari)

« Passer. Passer quoi qu’il en coûte. Plutôt crever que ne pas passer. Passer pour ne pas mourir dans ce territoire maudit et dans sa guerre civile. Avoir fui, avoir tout perdu. Passer pour tenter de vivre ici où la guerre est moins cruelle. Passer pour vivre comme sujets du droit, comme simples citoyens. Peu importe le pays, pourvu que ce soit un État de droit. Passer, donc, pour cesser d’être hors de la loi commune. Dans tous les cas : passer pour vivre. Mais là où vous avez fui les murs clos des caves bombardées, vous avez trouvé une frontière close et des barbelés au camp d’Idomeni. »

(Georges Didi-Huberman)

Passer, quoi qu’il en coûte se compose d’une part d’un poème, en version bilingue, de Niki Giannari intitulé Des spectres hantent l’Europe (pages 11 à 21) et d’un texte de Georges Didi-Huberman intitulé Eux qui traversent les murs (pages 25 à 88). Les 11 illustrations de ce livre sont tirées  d’un documentaire, Des spectres hantent l’Europe, tourné dans un camp à Idomeni en Grèce dont Niki Giannari est coauteur avec Maria Kourkouta.
Critiques
Pas de critique sur les trois premières pages en retour de la recherche lancée sur Google, une page sur France-Culture qui se résume à une citation. Tout aurait-il dit au point de ne plus pouvoir en parler ?