4 juillet 2020

Le train d'Erlingen

Il m'a fallu attendre la page 177 pour entrer dans l'ouvrage. C'est à ce point que le roman cède et livre un essai dans une forme de récit qui dit que ce Boualem Sensal veut dire et qu'auparavant il masque par une obscure fiction. Jusque là je devine, je suppute, le renifle le sujet qui me semble finalement assez clair mais cette littérature m'ennuie, inutilement sophistiquée. Le problème qui traverse ou sous-tend le texte est extrêmement préoccupant, comment s'en occuper en évitant la guerre, la souffrance, la soumission à un vainqueur -- l'un ou l'autre des deux, la messe n'est pas dire.

Quatrième de couverture
«Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L’affaire était louche dès le début pourtant, l’ennemi n’est pas tombé du ciel, il sortait bien de quelque trou, verdammt, un enfant l’aurait compris. Quand avons-nous cessé d’être intelligents ou simplement attentifs?»
Ute Von Ebert, dernière héritière d’un puissant empire industriel, habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande. Sa fille Hannah, vingt-six ans, vit à Londres. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute lui raconte la vie dans Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout et qu’elle appelle «les Serviteurs», car ils ont décidé de faire de la soumission à leur dieu la loi unique de l’humanité. La population attend fiévreusement un train qui doit l’évacuer. Mais le train du salut n’arrive pas.
Et si cette histoire était le fruit d’un esprit fantasque et inquiet, qui observe les ravages de la propagation d’une foi sectaire dans les démocraties fatiguées?
Comme dans 2084, Boualem Sansal décrit la mainmise de l’extrémisme religieux sur les zones fragiles de nos sociétés, favorisée par la lâcheté ou l’aveuglement des dirigeants. 
Critiques
Médiapart (une analyse fine), France Inter (ce qu'il faut retenir du train)


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