12 janvier 2020

Le Schmock

Tout été écrit sur la Shoa, sur le nazisme, sur la seconde guerre mondiale. Et pourtant... pourtant, il y avait encore la place pour un essai qui, en faisant le choix du roman, nous fait toucher toute la complexité du mouvement de l'histoire qui a permis à Hitler non seulement de parvenir au pouvoir, mais encore de durer avec les projets les plus tragiques, les plus ignobles, les plus insupportables. Tout au long du livre on ne parvient pas à croire que des allemands juifs ou non n'aient pas cru en ce qu'ils voyaient et comprenaient. Hitler, comme un bouchon, par ses propriétés propres et insubmersibles, remonte sans cesse à la surface et au bénéfices de circonstances, qui sont autant d'aubaines, parvient là où il le souhaitait ; "schmock" peut-être mais surtout ambitieux. L'amitié de Karl et Helmut, les pères, et d’Élie et Harald, les fils, résiste à l'impensable, à vrai dire s'en accommodent en le honnissant secrètement. Les fils suivent le même chemin qui les mène à l’extrême : Harald nazi convaincu devient un héro de la nation sans aucun état d'âme, Élie par une sorte d'indifférence aux faits qui auront raison de sa femme opposante active démembrées par la Gestapo sacrifie tout par indécision ; c'est Karl qui sauve ses enfants et qui le sauve lui-même par des stratagèmes qui vont jusqu'à l'absurde : Elie médecin à Dachau au service du docteur foldingue. L'auteur reprends la main à la fin du roman, par qu'il n'est probablement pas sûr de son coup, pour nous dessiller : ce que nous venons de lire peut resurgir, la "bête" n'est pas morte.

Je relirai.

PS : schmock en  yiddish signifie un pénis (du genre ramollo, précise l'auteur), un idiot, un con, une ordure, un salaud.

En marge :
"En politique comme dans beaucoup de domaines, le caractère prime toujours sur l’intelligence qui, sans son concours, ne sert à rien" (p.209)
en quelque sorte la théorie du bouchon....

Quatrième de couverture
«J’écris des romans pour raconter des histoires. Depuis longtemps, j’en avais une qui me courait dans la tête et qui se déroulait dans l’Allemagne nazie du siècle dernier, en Bavière. Une histoire d’amour, d’amitié.
Malgré toutes mes lectures sur la période hitlérienne, je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi tant d’Allemands "bien", respectables, avaient pris à la légère la montée du nazisme tandis que les Juifs tardaient étrangement à fuir. Par quelle aberration, à cause de quelles complaisances, quelles lâchetés, le nazisme fut-il possible? Qu’était-il arrivé à ce grand pays de musiciens, de philosophes et de poètes? Ces questions-là n’ont jamais cessé de me hanter.
Je crois que l’histoire d’Élie, Elsa, Lila, Karl et les autres apporte quelques clés.
Après tout, il n’y a que les fous pour tenter de répondre à ce genre de questions, les fous ou les personnages de roman.» 
Critiques
Europe 1 (ce qu'en dit l'auteur) ; Atlantico (recevoir l'histoire en pleine gueule)


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