Yannick Haenel
Un livre pour cinéphile, pour les autres les références, les allusions et autres clins d’œil passeront inaperçus. Un roman fantasque et très alcoolisé, genre fin de règne du petit people parisien. En témoigne la présence d'un sosie de Macron et la participation d'Isabelle Hupert qui n'apportent rien sinon un rien de complicité rive gauche. Je lis donc avec distance, mais je lis... Haenel que j'avais découvert avec Le Cercle -- même atmosphère faite de réalisme poétique -- glisse dans un parisianisme qui n'apporte (ne m'apporte) rien. Je ne retrouve pas non plus l'épaisseur de Jan Karski, ni l'engagement sombre et affûtée des Renards Pâles.
Les dernières pages compensent mes regrets. Une mise en scène dramatique et extravagante, surréaliste, des obsèques de Léna. Le chagrin et la révolte, la question du rapport à Dieu, la frustration d'un sentiment de déréliction dénié mais si présent. Bien autre chose que la nuit torride dans le Musée de la Chasse. En signe précurseur de ces moment de tension, la contemplation du Deux autres tableaux précèdent et, finalement, résume le souffle qui traverse le roman : Le cavalier polonais de Rembrandt (p.19), l'ange au sourire de la cathédrale de Reims (p.165), Le jardin des délices de Jérôme Bosch (p.270), Retable d'Issenheim (p.296 sqq), Le rameau d'or de Turner (p.321).
Un livre pour cinéphile, pour les autres les références, les allusions et autres clins d’œil passeront inaperçus. Un roman fantasque et très alcoolisé, genre fin de règne du petit people parisien. En témoigne la présence d'un sosie de Macron et la participation d'Isabelle Hupert qui n'apportent rien sinon un rien de complicité rive gauche. Je lis donc avec distance, mais je lis... Haenel que j'avais découvert avec Le Cercle -- même atmosphère faite de réalisme poétique -- glisse dans un parisianisme qui n'apporte (ne m'apporte) rien. Je ne retrouve pas non plus l'épaisseur de Jan Karski, ni l'engagement sombre et affûtée des Renards Pâles.
Les dernières pages compensent mes regrets. Une mise en scène dramatique et extravagante, surréaliste, des obsèques de Léna. Le chagrin et la révolte, la question du rapport à Dieu, la frustration d'un sentiment de déréliction dénié mais si présent. Bien autre chose que la nuit torride dans le Musée de la Chasse. En signe précurseur de ces moment de tension, la contemplation du Deux autres tableaux précèdent et, finalement, résume le souffle qui traverse le roman : Le cavalier polonais de Rembrandt (p.19), l'ange au sourire de la cathédrale de Reims (p.165), Le jardin des délices de Jérôme Bosch (p.270), Retable d'Issenheim (p.296 sqq), Le rameau d'or de Turner (p.321).
"[...] un dieu mort est plus lourd à porter qu'un dieu vivant ; son inexistence occupe nos vies entières, elle ne cesse de noyer nos âmes dans l'oubli d'un deuil impossible à nommer ; et ses yeux , ses os, son invisible carcasse ne gisent au fond des eaux qu'afin de susciter la perle qui nous est destinée : les dieux sont la parole de tous les morts qu'ils font vivre et dont ils se nourrissent." (p.124)Quatrième de couverture
"[...] l'écriture appartient au secret selon l'esprit et non la lettre, et elle s'accomplit de silence à silence." (p.162)
"Vous savez, me dit-elle, qu'au moment de chasser, le chasseur donne un nom à sa proie, le nom d'une personne aimée, qui rendra propice la chasse et fera d'elle un sacrifice réussi. Eh bien, je crois que c'est la chose avec l'art." (p.194)
Aux origine de déséquilibres de l'âme, "le découragement, la tristesse, les peurs, les doutes, l'indécision, le manque de confiance et le désintérêt de la vie." (p.217)
"Est-ce que ma vie se dégageait ? Est-ce qu'un fois de plus je me racontais l'histoire de la vie nouvelle ? Je ne crois pas : cette fois-ci, je ne quittais rien ni personne ; j'avais juste envie de lumière -- j'étais prêt à vivre." (p.319)
Un homme a écrit un énorme scénario sur la vie de Herman Melville : The Great Melville, dont aucun producteur ne veut. Un jour, on lui procure le numéro de téléphone du grand cinéaste américain Michael Cimino, le réalisateur mythique de Voyage au bout de l'enfer et de La Porte du paradis. Une rencontre a lieu à New York : Cimino lit le manuscrit.Critiques
S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques entre le musée de la Chasse à Paris, l’île d’Ellis Island au large de New York, et un lac en Italie.
On y croise Isabelle Huppert, la déesse Diane, un dalmatien nommé Sabbat, un voisin démoniaque et deux moustachus louches ; il y a aussi une jolie thésarde, une concierge retorse et un très agressif maître d’hôtel sosie d’Emmanuel Macron.
Quelle vérité scintille entre cinéma et littérature?
La comédie de notre vie cache une histoire sacrée : ce roman part à sa recherche.
Télérama, Libération*
Comment la critique sait-elle que le narrateur est Jean Deichel ? Est-ce le nom par défaut du narrateur de Yannick Haenel ?
Interview de Fabien Ribery :Chez Google Book : [ici]
"La littérature a une vocation messianique : elle réside dans le déploiement de la parole qui parle. Là gît la vérité, qui attend son dévoilement, lequel peut avoir lieu à chaque instant. Ce secret — disons l’indirect de la vérité —, la littérature le transporte à travers sa parole : elle ne cesse de révéler. Et cela, d’une manière encore plus criante, plus nécessaire à une époque apocalyptique comme la nôtre, où l’abîme s’ouvre de tous côtés — où nous vivons dans l’ouverture même de l’abîme (dans sa faille — dans l’entaille d’un monde qui s’est entièrement retourné en non-monde)." (Référence 1/8)
"Répéter l’instant où l’on ne tue pas, où l’on baisse le canon, c’est agrandir la respiration du sauf. C’est un acte absolument spirituel. C’est la figure de ce que j’écris." (Référence 8/8)
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