25 décembre 2021

Allons aux faits

 Sous-titre : Croyances historiques, réalités religieuses

 Debray écrit des livres qui sont comme des points de départ, il y a à apprendre, mais surtout à réfléchir pour avancer, comme une tape dans le dos propulse. Le sommaire de la partie sur la religion est fait de question. Prise de risque. La première partie, l'histoire, est plus assurée. 

A relire, donc. Au moins ce chapitre : qu'est-ce que la croyance ? Et celui-ci : particules élémentaires et forces de la nature (voir les notes marginales).

Quatrième de couverture

 «En me donnant un micro pour deux séries d'interventions, l'une sur l'histoire, l'autre sur la religion, France Culture m'a permis de résumer et clarifier les travaux que je mène depuis maintes années sur diverses affaires temporelles et spirituelles.
Je ne saurais assez remercier sa directrice Sandrine Treiner de m'avoir ainsi donné l'occasion d'apporter ma petite pierre à l'édifice des Lumières, sous l'égide de la devise : Rendre la Raison populaire.
Vaste programme, qui exige d'inquiéter nombre de lieux communs, ce qui n'est jamais plaisant. Pourquoi? Parce que nous nous berçons de mots, toujours les mêmes, et que ces mots nous trompent.
L'histoire? Elle est censée nous découvrir la réalité des choses : elle nous dorlote avec de fausses croyances. Les religions? Elles sont censées nous raconter des blagues : bombes et couteaux nous découvrent de rudes vérités. Et si l'opium du peuple n'était pas là où l'on pensait?
C'est à renverser de vétustes perspectives qu'invite ce récapitulatif, dérangeant comme un réveille-matin.»

Critiques

Un volume au-dessus de la critique.


L'art modeste

 Sous-titre : Note sur la croûte

Publié en 1995, lu en 2019, je range ma bibliothèque. à noter :  ne pas confondre avec l'ouvrage éponyme d'Hervé Di Rosa paru aux Presses du réel en 2011.

C'est une charge, un pamphlet, que dis-je un réquisitoire, une sorte de haine qui n'aurait comme raison d'être que de faire acte de littérature (Libération). Effectivement bien écrit. Une lecture qui m'a faire râler presque à toutes les pages. J'y reviendrai :

18, 20, 27, 29, 28, 40, 52, 62, 73, 76, 77, 93, 95, 103, 126, 127, 132, 133, 135, 136

Définition de l'art modeste en quatre pages et en creux, premier chapitre sur ce que n'est pas l'art modeste. 

Un auto-portrait ? Il faut -- mais à l'occasion seulement -- que je lise d'autres de ses livres.

Quatrième de couverture

 « Existe une forme pauvre, une forme qui succombe à tout commentaire, une forme qui est une déconfiture totale de son projet, une faillite bouleversante de la peinture, une déchéance de la matière, un ratage complet de la trace, une forme qui peine à être une forme. On l'appelle ici l'Art modeste. »
Cinquante petits chapitres alternativement décrivent et commentent des croûtes, des peintures piteuses, jamais vues, jamais regardées, jamais nommées, jamais reproduites, jamais exposées sinon chez ceux qui les ont peintes, et encore pas trop longtemps, ou bien accrochées haut dans le couloir pour ne pas gêner les yeux qui s'y poseraient.
Mais voici qu'un regard sans complaisance ni apitoiement les transforme, leur donnant ce surcroît troublant de réalité que seuls, parfois, les mots d'un écrivain savent tirer du visible le plus modeste.

Critiques

Libération (un acte de littérature, vraiment ?)

Des âmes et des saisons

Venir au monde c'est exister autrement dans un monde où l'on est déjà, un monde qui vient en nous tout autant que nous venons à lui. Coconstruction de soi et du monde. Chimie de la vie, système complexe des relations de l'esprit à la matière, la matière des autres, la matière du monde. Une autre façon de voir et d'espérer. La fin de l'ouvrage est écrite un peu rapidement, l'auteur dit ce qu'il a à dire, la parole est plus incertaine.

Quatrième de couverture

 « L’impact du milieu n’a pas le même effet sur un bébé, sur un adulte, selon la construction physique et mentale de chacun. Ce que nous sommes aujourd’hui n’est pas ce que nous serons demain, marqués, expérimentés et souvent blessés par l’existence. Notre corps et notre esprit modifiés par la vie devront s’adapter à un monde toujours nouveau.
Les hommes et les femmes, les pères et les mères, voient leurs places respectives bouleversées par une nouvelle donne qui chamboule les schémas traditionnels du masculin et du féminin et qui redistribue l’identité et le rôle de chacun dans le couple et dans la famille.
Notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Il nous faut reprendre un cap, car nous venons de comprendre que l’homme n’est pas au-dessus de la nature, n’est pas supérieur aux animaux, il est dans la nature. La domination, qui a été une adaptation pour survivre, aujourd’hui ne produit que du malheur.
Une étoile du berger nous indique cependant la nouvelle direction, vers l’unité de la Terre et du monde vivant. » B. C.

Critiques 

Cerveau & Psycho (bref, il y a à apprendre) 



30 novembre 2021

Les Sans Arche d'Abdel Abdessemed

 Reprendre le billet de Lary et les notes marginales

Quatrième de couverture

 D'Adel Abdessemed, artiste dont la langue n'est que forme pure, Hélène Cixous est depuis plusieurs années la voix, le porte-voix, peut-être la pythie. Elle parvient à approcher, comme personne jusqu'alors, l'oeuvre de l'artiste dont elle donne le ton et le timbre, dont elle met au jour la pulsion souveraine, inentamée et, pourtant, innocente.
Né en 1971 à Constantine, Adel Abdessemed quitte l'Algérie dans des circonstances dramatiques en 1994 et devient bientôt un artiste dont la reconnaissance se dispute à la controverse. Pour preuve sa vidéo Don't trust me (2008) où figurent des scènes d'abattage d'animaux à coups de masse, et sa sculpture monumentale du Coup de tête de Zidane exposée sur le parvis du Centre Pompidou lors de l'ambitieuse exposition qui lui est réservée en 2012.
L'artiste ne saurait être violent ou transgressif : il ne fait que présenter, que représenter la violence à l'oeuvre dans le monde, sans puritanisme ni jugement moral. Ainsi est le monde, ainsi sont les bêtes, Ecce Homo, nous disent Adel Abdessemed et, à sa suite, Hélène Cixous.
Faibles, oubliés, migrants, balayeurs, animaux que l'on abat ou que l'on révère : le bestiaire de l'artiste sera évoqué par des oeuvres majeures, souvent récentes.
À cet effet, Hélène Cixous a choisi pour accompagner son texte une cinquantaine de dessins à la craie noire et de sculptures monumentales qui, magnifiques, rendent tous justice au talent protéiforme de l'un des artistes les plus importants du siècle.

Critiques

Les Inrocks : réservé aux abonnés, je chercherai plus tard

Quand vos nuits se morcellent

 Note p. 84

Quatrième de couverture

En vingt-sept brefs chapitres, cette lettre au peintre suisse Ferdinand Hodler exprime la fascination qu’exercent les toiles du grand artiste sur l’auteur, en particulier celles qu’Hodler a peintes de l’agonie de Valentine, son grand amour. C’est aussi un texte d’hommage à la femme. Pour de Roulet, Valentine a joué un rôle crucial dans l’art de Hodler, c’est elle qui a su libérer sa peinture. Lorsqu’ils se rencontrent, Hodler est un peintre reconnu, sollicité, fêté, mais Valentine révèle en lui une énergie et une liberté exceptionnelles qui lui permettent  d’entrer en contact avec son génie singulier.

A l’occasion du centenaire de la mort du peintre, Daniel de Roulet imagine l’amour entre ces deux figures en jouant avec les archives. Le lecteur, à la suite de l’auteur, tombe amoureux du peintre, de sa maîtresse et de sa peinture.

 

Valentine Godé-Darel sur son lit de malade, 1914. — © Wikimedia Commons

Critiques

 Le Temps (74 tableaux et plus de 240 dessins)

 



L'intellectuel face aux tributs

Reprendre les notes, pp. 17, 19, 21, 28, 31, 38


 Quatrième de couverture

« Quand le sacré, par retour de balancier, s’invite dans le débat d’idées et pénètre en force dans les rues et les maisons, dans quelle situation se retrouve l’homme ou la femme qui ne se veulent tenus par aucune obédience (le romancier, le cinéaste, le chroniqueur, le poète) ? Dans la situation peu enviable mais assez probable du profanateur, traître aux siens et à la Vérité. Une vieille affaire, me dira-t-on. Autant dire qu’elle a commencé dans le sang. Celui de Socrate, condamné à mort pour impiété. »

Critiques 

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Vivre avec nos morts

 reprendre p. 220, les chapitres Israël et Edgard

Quatrième de couverture

«  Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis…  »
Etre rabbin, c’est vivre avec la mort  : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent  :   «  Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits.  »
A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés  : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’  une vie interrompue (célèbre ou anonyme),   la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.
Nous vivons tous avec des fantômes  : «  Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons.  » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. «  Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte  » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

Critiques

 Le Monde (être rabbin ? la divinité ? La mort, ce n'est pas le sujet)

"Je crois en un transcendant qui a quelque chose à voir avec de l’indicible, qui échappe radicalement, y compris au langage. Le problème, lorsqu’on parle de Dieu, est qu’on se trouve toujours au bord de l’idolâtrie, du blasphème. Les mots le réduisent : à partir du moment où vous dites qu’il est quelque chose, vous sous-entendez qu’il n’est pas autre chose."

"Pourquoi faudrait-il être cohérent dans la vie ? Il faut simplement laisser les différentes voix parler en soi."