16 mai 2017

La convergence des consciences

Bien sûr, il a raison. Il a raison à l'évidence. Mais je ne me résout pas à ses leçons et un discours prometteur d'un avenir irénique dans le monde débarrassé de l'inconscience. Il dénonce une science sans conscience, et appelle un monde dans lequel "l'être humain, hors de toute illusion, perçoit le réel et la réalité sans falsification". C'est au fond une pensée dogmatique, celle de celui qui posséderait une vérité. Il regarde dans la bonne direction, mais ce regards est voilé, avec ou sans conscience, par une illusion, celle de la possibilité d'accéder au réel et à la réalité. Pour être précis, la réalité est ce qui est vécu, alors pourquoi pas -- mais en se souvenant qu'elle est bercée d'illusion -- mais le réel, lui, et il ne l'ignore probablement pas, est inaccessible. Toute décision humaine est un compromis, c'est cette complexité qu'il faut comprendre et gérer en allant dans la direction vers laquelle son message pointe. Je reviens à Edgard Morin, La voie.

Quatrième de couverture
« Plus j’avance dans la vie et plus s’affirme en moi la conviction selon laquelle il ne peut y avoir de changement de société sans un profond changement humain. Et plus je pense aussi – c’est là une certitude – que seule une réelle et intime convergence des consciences peut nous éviter de choir dans la fragmentation et l’abîme. Ensemble, il nous faut de toute urgence prendre “conscience de notre inconscience“, de notre démesure écologique et sociétale, et réagir.
« Il s’agit bien de coopérer et d’imaginer ensemble, en conscience et dans le respect, le monde dans lequel nous voulons évoluer et nous accomplir.
« Tout en revenant sur des rencontres qui ont jalonné mon existence, j’ai essayé, sans prétention aucune, de baliser en pointillé ce chemin difficile dont la triste actualité nous montre qu’il devient un impératif. »
Critiques
Le Monde (juste l'interview)

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