11 février 2018

Psychothérapie de Dieu

Écrire que la religion est un phénomène mental est un peu court, l'Homme (la femme y compris) est un phénomène mental sans quoi il n'y aurait que l'être humain.
"L'empathie, socle neurologique et affectif de la morale, n'a pas besoin de spiritualité pour se mettre en place." (p.40)
"L'effet de la croyance en Dieu est bénéfique pour le corps et pour le psychisme, comme le prouve le rétablissement chez les anxieux des sécrétions neurobiologiques et du fonctionnement cérébral, dès qu'ils sont apaisés." (p.41)
"Ce n'est que vers l'age de 4 ans que l'enfant devient capable de faire la différence entre ce qui vient de lui et ce qui vient des autres." (p.51)
"Dès sa naissance, le nourrisson perçoit la brillance des yeux et leurs saccades. A partir du deuxième mois, il reconnaît le visage de sa mère, puis celui de son père. Quand la parole apparaît au cours de la troisième année, la sonorité verbale représente un objet qui progressivement s'éloigne. Vers la septième année, c'est un récit qui provoque des émotions : on pleure parce qu'on nous raconte que maman a eu une enfance malheureuse, on éprouve l'angoisse du vide quand on pense qu'il n'y a rien après la mort, comme un immense gouffre. La parole possède un tel pouvoir d'éloigner les représentations qu'elle élargit le monde mental. D'abord elle désigne les objets du contexte, puis ceux qui ne sont aps là mais dont on sait qu'ils existent ailleurs, puis elle désigne un monde invisible rempli de représentations. Au-delà de l'expérience sensorielle, elle fait exister un monde qui, même lorsqu'il est coupé du réel, provoque d'intenses émotions." (pp.71-72)
"Jusqu'à l'âge de 4 ans l'enfant réponse à ce qu'il perçoit sans se préoccuper de ce que perçoivent les autres. [l'âge de l'opposition] Vers l'âge de 5 ans, quand l'empathie s'est développée, l’enfant devient capable de se décentrer de ses propres croyances pour envisager que d'autres aient d'autres croyances. A 8 ans, le processus est abouti. : il devient capable d'imaginer ce que l'autre imagine. A 12 ans, il explique cette divergence par la différence des personnalités." (p.72)
"Pour accepter l'altérité il faut se penser soi-même comme à nul autre pareil, il faut se sentir fort et personnalisé pour supporter une différence." (p.77)
"La croyance en Dieu participe à la régulation des émotions. Une résonance magnétique fonctionnelle (RMNf) rend visible que l'aire cingulaire antérieure (ACC) qui produit des signaux de détresse en cas de douleur physique ou de conflits relationnels atténue son fonctionnement d'alerte quand le blessé se met en relation avec Dieu par le moyen des rituels de sa religion. Une représentation protectrice  qui apaise et donne sens finit par atténuer la perception de la souffrance." (p.165)
"La spiritualité n'est pas tombée du ciel, elle a émergé de la rencontre entre un cerveau capable de se représenter un monde totalement absent et un contexte culturel qui donnait forme à cette dimension de l'esprit." (p.166)
"La sexualité, la nourriture et la musique composent un ensemble fonctionnel qui structure l'<<être ensemble>>." (p.219)
"La mémoire n'est pas le retour du passé, c'est la représentation du passé." (p.238)

Voir aussi les pages : 135, 146, 164, 172 (démocratie), 182 (sens des statistiques), 183 (spiritualié)
Quatrième de couverture
« Aujourd’hui, sur la planète, 7 milliards d’êtres humains entrent plusieurs fois par jour en relation avec un Dieu qui les aide. Ils sont mus par le désir d’offrir à Dieu et aux autres humains leur temps, leurs biens, leur travail et parfois leur corps pour éprouver le bonheur de donner du bonheur. Méditer, trouver son chemin de vie personnel, éprouver la joie de se sentir vivant parmi ceux qu’on aime – la spiritualité élargit la fraternité à tous les croyants du monde. La psychothérapie de Dieu nous aide à affronter les souffrances de l’existence et à mieux profiter du simple bonheur d’être. Il y a certainement une explication psychologique à cette grâce. Ce livre est le résultat de cette quête. » B. C.

Un merveilleux texte, lumineux, tendre et original sur le rôle majeur que joue l’attachement dans le sentiment religieux.

Un immense sujet, un très grand livre.

Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Il est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont tous été d’immenses succès, notamment Les Vilains Petits Canards, Parler d’amour au bord du gouffre, mais aussi Sauve-toi, la vie t’appelle
Critiques
La Croix (propos de comptoir...) ; Médiapart (pas sérieux ce bouquin)


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